Christophe Roulet - Peut-on encore réellement affirmer que le géant chinois se réveille ? L’Empire du milieu, principal créancier des Etats-Unis via ses réserves de change investies en bons du Trésor, atelier du monde où les industries se précipitent pour produire à moindre coût, réservoir incontournable de consommateurs friands de produits occidentaux…
Peut-on encore réellement affirmer que le géant chinois se réveille ? L’Empire du milieu, principal créancier des Etats-Unis via ses réserves de change investies en bons du Trésor, atelier du monde où les industries se précipitent pour produire à moindre coût, réservoir incontournable de consommateurs friands de produits occidentaux… On pensait que cela prendrait encore des décennies jusqu’à ce que la Chine se hisse dans le duo de tête des puissances économiques mondiales. Or ce jour est pour demain. La concurrence que cela implique au niveau des marchés internationaux aussi. L’horlogerie suisse risque d’ailleurs d’en faire la cruelle expérience. Un seul exemple : le prix de revient d’un tourbillon, complication horlogère par excellence, passe du simple à l’octuple selon qu’il est produit en Chine ou en Suisse. Alors quand on vend des garde-temps de plus de CHF 100’000 en prétendant que le savoir-faire qu’il implique vaut tout les sacrifices, le discours pourrait devenir vite éculé, d’autant que le « Swiss Made » offre des garanties si faibles qu’il suscite toutes les suspicions.
Inutile d’ergoter longtemps, cela fait un certain temps déjà que les Chinois ont compris tout l’art et l’avantage de s’inspirer des techniques industrielles qui ont fait les succès des industries par trop contentes de s’installer sur son territoire. Et de la copie à l’original, le pas chinois est vite franchi. En d’autres termes, les horlogers du Céleste empire travaillent sur les mêmes machines que leurs concurrents helvétiques, disposent d’une force ouvrière comme d’une base de consommateurs inépuisables et commencent à lorgner avec insistance sur les possibilités d’extension en terre helvétique pour disposer du sésame helvétique. Avec la crise qui agite actuellement la planète financière et qui a eu raison du géant chinois Peace Mark, dont les intérêts en Suisse ont déjà été revendus, cette inexorable marche en avant pourrait bien connaître un coup de frein. Mais ce dernier sera assurément ressenti par la quasi-totalité de la profession, quels que soit les cieux où elle s’abrite. Le temps de resserrer les boulons pour les horlogers suisses ? Cela fait maintenant plusieurs années qu’on les entend pleurer sur la piètre qualité des composants livrés, sur les délais d’attente à rallonge et le manque de personnel qualifié, qu’il serait peut-être bienvenu de porter maintenant ses efforts sur l’indispensable qualité du produit, du service après-ventes et sur le respect des calendriers de livraison. Non que la crise soit salutaire – nombre de Maisons risquent bien d’y laisser plus que leurs plumes – mais elle devrait au moins permettre de saisir, voire d’accentuer les différences essentielles entre un produit suisse et chinois. ■
Christophe Roulet
Les commentaires de cet article
blablabalbalapohodsfoiha
La Chine, Céleste empire de l’horlogerie ? - Fondation Emmanuel Schneider
blablabalbalapohodsfoiha
24 novembre 2008