La présentation par Ulysse Nardin de son modèle concept InnoVision est intéressante à plus d’un titre. Outre la révolution pour l’horlogerie mécanique à laquelle elle participe assurément, InnoVision révèle la capacité d’innovation d’une petite entreprise dans un créneau stratégique, là où l’on aurait été en droit d’attendre les groupes et autres mastodontes de la branche. Cela ne veut évidemment pas dire que les géants restent inactifs, mais ils ne sont visiblement pas en pointe.
En investissant lourdement dans ses développements et en s’associant à des laboratoires de recherches pour transposer à l’horlogerie des procédés de fabrication utilisés dans d’autres secteurs, Ulysse Nardin a pris des risques, elle a cru en ces technologies et a pris de fait une longueur d’avance sur la concurrence. Elle l’a démontré une nouvelle fois à la fin de l’an dernier en créant la société Sigatec, joint-venture avec l’entreprise valaisanne Mimotec. Cette dernière, spécialisée dans la combinaison des procédés de photolithographie et d’électroformage ou d’électro-déposition, produit pour l’horlogerie des micros composants aux formes complexes impossibles à réaliser selon des procédés traditionnels. Lorsque l’on sait, exception faite de Swatch Group, que pratiquement toutes les marques horlogères sont clientes de Mimotec, on mesure l’intérêt de la technologie. Or c’est précisément pour appliquer ce type de procédés au silicium que Mimotec et Ulysse Nardin ont fondé la joint-venture Sigatec. Une nouvelle fois, l’observateur pourra être surpris de constater que les acteurs incontournables de la branche se sont laissés dépasser par Ulysse Nardin dans cette co-entreprise promise de toute évidence à un bel avenir. Ce sera assurément tout bénéfice pour la manufacture locloise.
Et le premier qu’elle tire est d’avoir pu présenter son dernier concept. C’est en effet sur la base de brevets Mimotec, Sigatec et Ulysse Nardin que la manufacture locloise a pu développer et présenter sa montre concept InnoVision. Et se positionner d’emblée comme l’un des acteurs les plus crédibles de l’horlogerie de demain. ■
Michel Jeannot / BIPH
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