Cinq millions d’euros, tel est le prix de vente du planétaire-tellurium réalisé sous la houlette de Richard Mille qui sera vendu cet été (lire notre rubrique Exceptionnel). Un prix prohibitif ? Certainement pas, au vu de la dizaine d’années nécessaires à sa conception. A ce stade de perfectionnement, l’horlogerie - mais faut-il encore parler d’horlogerie ? - n’a tout simplement plus de prix. Seule l’envie compte. Celle du créateur comme Antoine Preziuso (lire Avis de l’Expert) comme de l’acheteur, notamment lors de ventes aux enchères (lire Economie). Entre les deux, une alchimie est en train d’opérer, alchimie qui incite les premiers à pousser toujours plus loin les limites de la technicité et de l’innovation (lire Atelier Technique) et qui invite les seconds à les encourager sur la voie de l’exclusivité (lire notre Dossier).
Cette envie de défricher de nouveaux territoires ne se limite d’ailleurs pas aux seuls créateurs indépendants. Les manufactures horlogères sont pour la plupart engagées dans un processus voulant que les garde-temps soient essentiellement considérés comme des prouesses microtechniques, esthétiques, voire artistiques avant de remplir leur fonction première consistant à donner l’heure (lire l’Interview). Les nouveaux venus ont d’ailleurs bien compris la démarche. De Grisogono, qui a fêté en janvier son quinzième anniversaire, n’a pas visé un autre public que celui sensible à cette horlogerie de prestige (lire Au Cœur des Marchés). Quant à Montblanc, qui a récemment intégré Minerva, la marque qui s’est fait un nom dans les instruments d’écriture poursuit exactement la même stratégie de montée en gamme vers un public sensible aux purs produits de la plus belle tradition horlogère (lire Vu de l’Intérieur).
Faut-il, à ce stade, parler de surenchère, alors que la contrefaçon ne cesse de fourbir ses armes (lire La Contrefaçon) ? Tant que les amateurs répondront présents, il serait certes usurpé de vouloir brider cette magnifique production faisant appel aux compétences les plus pointues en la matière. Et dans ce registre, l’horlogerie suisse n’a certainement pas encore dit son dernier mot. ■
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