Des jubilées pour redorer le blason horloger

En ces temps difficiles pour le secteur horloger, quoi de plus naturel pour les Maisons horlogère que de mettre en exergue toute cette tradition qui a fait leur succès. Et celle-ci passe inexorablement par des modèles emblématiques dont elles se plaisent aujourd’hui à souligner la date anniversaire, anniversaires qui concernent également la création de plusieurs d’entre elles. Si Bulgari et Breitling fêtent ainsi 125 ans d’histoire cette année, d’autres horlogers n’ont pas davantage manqué d’inscrire 2009 dans leur livre d’or, à l’image de Patek Philippe, fondé en 1839, de Carl F. Bucherer en 1919 ou encore de Daniel Roth et Christophe Claret qui comptent tous deux vingt ans d’existence.

Inutile de dire que ces jubilés représentent une excellente occasion de commercialiser des pièces anniversaires déclinées en éditions limitées, évidemment destinées aux collectionneurs, à l’image de la Dual Tow de Christophe Claret (lire notre « Dossier » du mois), un chronographe monopoussoir planétaire à sonnerie et tourbillon dont l’affichage heures minutes se fait par courroies. Une véritable prouesse technologique ! On le présentait déjà largement à l’aube des Salons horlogers de ce début d’année mais la confirmation est aujourd’hui patente : 2009 restera certainement dans les mémoires comme un millésime fait de pièces uniques et de séries restreintes pour jouer à fond la carte d’une légitimité censée démarquer les « vrais » horlogers.

Cette démarche est d’autant plus marquée en ce qui concerne ces montres qui se sont imposées à travers les décennies comme de véritables icônes. Impossible ainsi d’ignorer au dernier Baselworld les quarantièmes anniversaires de la Speedmaster d’Omega, de la Monaco de Tag Heuer et du fameux mouvement El Primero de Zenith. Impossible également de passer à côté du jubilé de la Piaget Polo qui compte trente ans de créations. Ces modèles emblématiques font aujourd’hui l’objet d’éditions certes fidèles aux originaux « vintage » de l’époque mais non moins contemporaines dans l’esprit. Les aficionados en redemandent. Avec de tels trésors dans leurs besaces, les Maisons auraient en effet tort d’en limiter l’impact, surtout sur des marchés atones depuis six mois. Un anniversaire, finalement, ne demande qu’à être fêté ! ■

Christophe Roulet
Rédacteur en chef

© 2009 Tous droits réservés

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