Pour certains horlogers, une montre qui affiche une avance ou un retard régulier de, mettons, quatre secondes par jour est un excellent garde-temps, d’une précision extrême. Pour d’autres, il s’agit là tout simplement d’une contre vérité. A partir de ce simple constat on distingue deux écoles horlogères dans l’approche de cette quête inlassable de la précision. Pour les premiers, il s’agit d’abord et avant tout de perpétuer une tradition ancestrale où la recherche s’est essentiellement orientée sur les problèmes de friction et de lubrification au sein de « moteurs » qui pâtissent de la complication. Pour les autres, les percées technologiques de ces dernières années offrent un vaste champ d’espoir, notamment dans l’utilisation de nouveaux matériaux censés résoudre une bonne partie des problèmes rencontrés jusqu’ici. Le silicium en est un exemple mais ce n’est de loin pas le seul. Que l’on songe à la quantité de nouveaux alliages désormais utilisés pour tel ou tel composant des calibres dernier cri.
Au-delà de cette dichotomie, il est pourtant difficile de se faire un avis quant aux résultats obtenus par l’une ou l’autre approche. Car les Maisons se gardent bien de divulguer au commun des mortels les écarts de marche de leur garde-temps. Si elles se montrent de moins en moins rétives à indiquer l’origine des mouvements qui ne sortent pas de leurs ateliers, elles sont en revanche des plus circonspectes en ce qui concerne la précision. Tout au plus peut-on obtenir quelques mesures d’amplitude de l’organe réglant. Mais dès qu’il s’agit de chiffrer l’exactitude de leur montre, les explications deviennent vagues et guère convaincantes. La seule indication valable tient finalement aux certificats délivrés par le Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres stipulant que les écarts de marche pour montre mécanique ayant réussi l’examen de passage n’excèdent pas -4 à +6 secondes par jour. Mais lorsque l’on sait que certaines entreprises revendiquent un seuil de tolérance inférieur à la seconde, la frustration de ne pas en avoir la démonstration n’en est que plus grande…le débat est ouvert ! ■
Christophe Roulet