Le tissu industriel horloger, objet de toutes les convoitises

Lorsque des investisseurs chinois se sont emparés de STM Holding il y a quelques semaines, un groupe revendu par Léman Capital spécialisé dans la production de mouvements à quartz et récemment mécaniques (Lire la rubrique Point de vue de l’expert), nombreux sont ceux qui se sont insurgés de cette incursion étrangère sur le sol helvétique. Pourquoi les grands groupes helvétiques de la branche ne se sont-ils pas jetés sur ce fleuron industriel capable aujourd’hui d’offrir une réelle alternative aux livraisons d’ETA en matière de mouvements mécaniques terminés, d’autant que toutes les Maisons sont en train de chercher à développer leur outil de production ? L’offre était pourtant ouverte à toute entreprise intéressée sans restriction.

A première vue, on pourrait croire que le Groupe Swatch n’a pas besoin d’étoffer son réseau d’usines tant celui-ci occupe une position dominante sur le marché (lire la rubrique Economie). A première vue également, Richemont, qui vient d’acquérir les capacités industrielles de Roger Dubuis, préfère laisser aux marques de son périmètre le soin d’investir par elles-mêmes comme sont en train de le faire Piaget dans sa manufacture de Plan-les-Ouates près de Genève (lire notre rubrique Vue de l’intérieur) ou encore Jaeger-LeCoultre dans sa galerie du patrimoine et l’agrandissement de ses surfaces de production (lire la rubrique Interview). Mais sont-ce là des raisons suffisantes, d’autant que d’autres compagnies horlogères de poids auraient très bien pu se mettre sur les rangs ? La réponse tient probablement au subtil équilibre qui caractérise aujourd’hui les flux d’approvisionnement entre horlogers et sous-traitants, dont toute rupture pourrait s’avérer catastrophique envers qui s’ingénie à le remettre en question. Dès lors, l’acquisition de STM Holding devenait une opération hautement stratégique qui, solutionnée de la sorte, permet aux « grands » horlogers de dormir en paix.

Mais le plus surprenant dans l’actualité horlogère de ces dernières semaines tient probablement à la prétendue réapparition de la montre Marie-Antoinette réalisée par Breguet pour la reine de France (lire la rubrique Collection) et volée au musée d’Art islamique de Jérusalem en 1983. La nouvelle n’a guère fait la une des journaux malgré toute la symbolique qui entoure ce garde-temps de légende. Et pour cause, personne n’a encore ni vu ni authentifié la montre. Le mystère demeure donc entier et ce sera peut-être bien le Groupe Swatch qui aura le dernier mot pour être à bout touchant de la reconstitution à l’identique de cette pièce de collection. ■

HH Journal

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