A consulter l’impressionnant catalogue Antiquorum concernant les ventes aux enchères de mai consacrées uniquement aux montres Rolex, à n’en pas douter, les amateurs du genre se font aujourd’hui légion. Après Omegamania l’an dernier, c’est donc au tour de son grand concurrent sur les marchés de venir séduire la communauté des amateurs du genre, aficionados, collectionneurs et autres passionnés de montres « vintage ». Cet engouement pour les montres-bracelet produites avant la déferlante du quartz à la fin des années 70 ne date certes pas d’hier, mais à voir les niveaux d’enchères pratiqués ces derniers temps, il n’est assurément pas prêt de se tarir. Comme si le ralentissement prévu dès cette année des ventes de montres suisses à l’exportation était inversement proportionnel à l’attrait des pièces d’époque. On aura beau prétendre que la valeur d’investissement de ces garde-temps compte pour beaucoup dans l’envolée des prix, une telle assertion, pour vraisemblable qu’elle paraisse, n’en est pas moins réductrice. Les fluctuations du marché de l’art sont là pour le démontrer, même si les calculs les plus savants donnent des rendements extrêmement attractifs pour qui sait miser sur les bonnes pièces, généralement toujours produites par des marques comme Patek Philippe, Rolex, Vacheron Constantin ou Audemars Piguet, le quatuor de tête des ventes à l’encan.
En d’autres termes, la montre « vintage » est complètement sortie de son carcan vieillot, désuet, voir poussiéreux dont elle était affublée il y a quelques années à peine. Pour preuve, on ne compte plus les Maisons qui revisitent leur catalogue à l’envi, en quête de ces modèles prestigieux qui ont fait leur gloire passée, toujours susceptibles de toucher la fibre horlogère du porteur de montre aguerri. Pour fêter son 140ème anniversaire, IWC n’a-t-il pas décidé de rééditer six de ses garde-temps qui ont fait sa gloire depuis les années 30 ? Les clients des commissaires-priseurs ne sont peut-être pas les mêmes que ceux qui, aujourd’hui, acquièrent des pièces dotées des dernières technologies aux allures délicieusement rétro. Il n’en demeure pas moins que cette attirance pour les formes du passé relève d’une nostalgie esthétique et mécanique voulant que le beau ait une valeur historique, sublimée en horlogerie par la montre « vintage ». ■
Christophe Roulet
