La présence de Cartier au Moyen-Orient remonte à plusieurs décennies. La société parraine des projets et événements sportifs, et soutient des causes humanitaires et caritatives. Rencontre avec Bernard Fornas, Président et PDG de Cartier International.
Nader Freiha*
Grand nom du monde de la joaillerie, de l’horlogerie et d’autres accessoires haut de gamme depuis plus de 160 ans, la marque française de luxe Cartier jouit d’une remarquable réputation pour sa gamme de produits de luxe.
Le Roi Edward VII décrivit La Maison Cartier comme « Le joaillier des rois et le roi des joailliers ». Comment la marque est-elle parvenue à entretenir sa réputation élitiste au cours de ces 160 dernières années ?
Comme vous venez de le souligner, nous sommes non seulement « Le joaillier des rois et le roi des joailliers », mais également le « Prince des horlogers ». Nos ambitions couvrent aujourd’hui de nombreux produits, mais Cartier est par essence la Maison de la Joaillerie. Même nos montres sont de véritables travaux de joaillerie qui indiquent l’heure. Nous conservons jalousement l’ADN de Cartier, véritable marque de fabrique qui façonne l’ensemble de nos produits. Elle reflète notre identité et demeure le moteur qui nous anime. Nous garantissons que tous nos produits sont fabriqués selon les règles de l’art les plus strictes.
Comment caractériseriez-vous et évalueriez-vous les performances de Cartier dans le contexte plus large du Moyen-Orient, notamment après l’ouverture de deux nouvelles boutiques dans les Émirats arabes unis et l’ouverture prévue de deux autres boutiques prochainement ?
Cartier a toujours été, et continue d’être la marque leader sur tous les marchés dans lesquels nous intervenons, non seulement au Moyen-Orient mais dans le monde entier. Nous sommes une marque véritablement internationale bénéficiant d’une forte présence mondiale. Nous avons considérablement accru le pouvoir d’attraction de la marque au Moyen-Orient, une région connue tant pour sa puissance économique que pour son goût des produits de luxe. Notre projet de boutique de 700 mètres carrés dans le Dubai Mall et d’une autre boutique dans le Mall des Émirats contribuera à renforcer notre image aux Émirats arabes unis. Nous bénéficions également d’une forte présence dans le Bahreïn, au Qatar, en Arabie saoudite, au Koweït ainsi qu’au Liban. Je pense que Cartier dispose de la force et de la structure nécessaires pour s’implanter encore davantage dans la région.
Quelle part représente le Moyen-Orient ? Dans l’ordre hiérarchique, à quel rang se situe ce marché par rapport au reste du monde ? Le Moyen-Orient est un marché crucial pour Cartier. Je me sens comme chez moi dans cette région et suis très à l’aise à l’idée d’y venir. Elle est porteuse de nombreuses promesses et est l’une des régions les plus performantes au monde.
Quels sont les défis actuels et potentiels pour Cartier dans la région ?
Notre défi majeur à l’heure actuelle est de poursuivre le développement de notre notoriété et de maintenir notre niveau d’excellence en matière de service à la clientèle. Cartier souhaite se rapprocher au plus près de ses clients. Cela implique d’ouvrir davantage de boutiques et de les agrandir. Une fois ces aspects réglés, nous aurons besoin d’un personnel formé. Nous avons donc besoin d’investir dans de nouveaux détaillants, et de rechercher le personnel le plus disponible et le mieux formé possible pour nos boutiques.
La nouvelle collection Haute Joaillerie Cartier fut exposée au Burj Al Arab à Dubaï le 27 mars. Pourriez-vous en dire plus aux lecteurs sur cette collection ?
C’est un hommage à l’Inde où la marque entretient une relation durable et privilégiée à la fois avec le pays et les royautés de divers états princiers. L’Inde est également en passe de devenir le nouveau tigre économique et nous amène à voir un fort potentiel dans ce pays.
Cartier fait désormais partie du géant Richemont, groupe en pleine évolution. Pensez-vous que le Regroupement et la Fusion sont les nouveaux mots à la mode pour survivre sur un marché volatil et concurrentiel ?
Je pense que cela devient une tendance globale sur l’ensemble des marchés. En réalité, il reste très peu de sociétés indépendantes dans l’industrie de l’horlogerie et de la joaillerie. Dans la mesure où le monde devient peu à peu un seul et grand marché, au demeurant de plus en plus compétitif, il est crucial pour des grandes marques de bénéficier d’une présence internationale, et cela n’est bien entendu pas possible pour de plus petites sociétés dont l’infrastructure est moins solide. Le regroupement peut alors être la solution.
Les imitations et contrefaçons sont-elles une préoccupation pour Cartier dans la région ?
Les imitations et contrefaçons ont toujours été un sujet de préoccupation mais grâce à une sensibilisation accrue ainsi que la création de davantage de richesse, elles nous affectent beaucoup moins compte tenu de l’élargissement de notre base de clientèle. Ce problème nous fait moins de tort que par le passé.
Quelle est votre vision à long terme pour Cartier au Moyen-Orient ?
Je suis très optimiste quant au développement de Cartier dans cette région en pleine expansion. Nous avons fait de notre exposition dans le Golfe un événement phénoménal, et nous continuerons à investir ainsi qu’à pérenniser et accroître notre réussite. ■
*MPParabia