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La rénovation de l’horloge de l’Arche de la « Rua Augusta »

Hubert de Haro - Directeur Espiral do Tempo

La connaissance horlogère des grands collectionneurs portugais étonne parfois les visiteurs et amateurs d’horlogerie fine. D’aucuns commentent le rôle joué par le Portugal dans les années 1940, années de blocus nazi de toute l’Europe, dans les exportations de montres suisses vers les continents américain et asiatique. La réalité historique est bien plus ancienne que cela.

Qui visite aujourd’hui la lumineuse Lisbonne sera probablement étonné par la présence de la marque Jaeger-LeCoultre sur l’un des plus emblématiques monuments historiques de la capitale portugaise : l’Arche de la « Rua Augusta ». Cela n’est cependant que la face visible d’un projet un peu fou imaginé par un des grands noms de l’horlogerie au Portugal : Pedro Torres, représentant au Portugal la Manufacture du Sentier. Après plus de deux ans de difficiles négociations avec l’Institut Portugais de Protection du Patrimoine, le protocole a enfin été signé le 30 mars 2007. Son objectif : redonner vie à l’horloge de l’Arche qui rythme le quotidien des Lisboètes depuis plus d’un siècle.

Le tremblement de terre de 1755

Fernando Correio de Oliveira, historien du temps, résume dans un article* les tribulations de l’horloge de la « Rua Augusta » au fil des siècles. Un événement historique majeur a marqué cette place mythique, occupée à l’époque par le pouvoir royal pour laisser place aujourd’hui aux ministères : le tremblement de terre de 1755, dont les conséquences humaines désastreuses ont été relatées par Voltaire dans Candide. Avec une bonne partie de Lisbonne, disparaît la tour de l’horloge, commandée par le roi D. João V (1680-1750) à l’architecte italien Canevari et financée par l’or du Brésil, ainsi que sa fastueuse horloge, probablement d’origine flamande. La reconstruction de la ville, dirigée par le Marquis Pombal, a duré près d’un siècle. Quant à l’horloge de l’Arche, elle n’a été remise en fonction qu’à partir du 4 décembre 1883.

Pour ce faire Augusto Justiniano de Araújo, fondateur de l’actuelle Ecole d’horlogerie de Lisbonne a transformé une horloge jusqu’alors installée au Couvent de Jésus. Celle-ci, datant du XVIIe siècle, était équipée d’un foliot et ne possédait ni cadran, ni aiguilles. Elle indiquait le temps par le biais d’une cloche disposée au sommet de l’Arche. Le travail d’horloger a consisté à remplacer le foliot par un balancier permettant ainsi d’améliorer considérablement la précision et de munir l’horloge d’un cadran et de ses aiguilles des heures et des minutes.

Manuel Francisco Cousinha

Au début du siècle dernier, le manque d’entretien a nécessité le remplacement de cette horloge, le travail ayant été confié à l’un des grands constructeurs de l’époque, Manuel Francisco Cousinha. C’est d’ailleurs son petit-fils qui sera chargé de la restauration tant fonctionnelle qu’esthétique de cette horloge ainsi que de celle du XVIIe siècle laissée à l’abandon à l’intérieur de l’Arche.

Seuls quelques heureux élus ont pu visiter l’intérieur de l’Arche de la Rue « Augusta » avant que les travaux de rénovation de l’horloge ne débutent le 30 Mai 2007. Parmi eux, Jérôme Lambert, CEO de la Manufacture Jaeger-LeCoultre, qui, l’an dernier, a eu le flair d’appuyer cette initiative locale. La fin des travaux est prévue pour le début de l’automne.

Afin de célébrer ce partenariat, la Manufacture Jaeger-LeCoultre a décidé de commercialiser au Portugal une édition limitée de 32 montres, allusion au nombre d’années de construction de l’Arche. Il s’agit d’une Reverso Squadra Hometime en or rose dotée d’une gravure spéciale de l’Arche. ■

* A consulter sur le site portugais www.torresdistrib.com

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