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Rome, capitale… horlogère

Du 1er au 6 octobre dernier a eu lieu l’exposition intitulée "La Haute Horlogerie à Rome", promue par la FHH en collaboration avec la Province de Rome et la revue AD. L’exposition thématique "Le chronographe, expression des temps modernes" a présenté 65 pièces dans le cadre historique du Palazzo Incontro.

Paolo Gobbi

C’est une curieuse anecdote liée aux insomnies du pape Alexandre VII Chigi (seconde moitié du XVIIe siècle) qui a marqué l’entrée de Rome dans l’histoire mondiale de l’horlogerie. Le pape avait commandé aux frères Campani, maîtres horlogers dont l’atelier se trouvait via Giulia, au cœur de la ville antique, une horloge « muette », qui n’émette pas le tic-tac ordinaire et dont l’heure soit lisible même de nuit, grâce à une lampe ingénieusement placée derrière le cadran. Cette invention marquait l’avènement des nocturlabes romains. Au fil des années, la passion pour la mesure du temps n’a fait que s’affirmer. Les innombrables horloges ornant les monuments civils ou religieux de la capitale italienne, ont été peu à peu étoffées par de nombreuses collections privées, constituées et entretenues par des maîtres horlogers, avant de s’étendre aux grands horlogers, aux antiquaires, aux hôtels de vente, aux petits et grands fabricants, dont la renommée est aujourd’hui internationale. Pour autant, Rome, ville unique et enchanteresse, n’a rien perdu de sa personnalité concrète et désabusée, inimitable jusque dans l’horlogerie.

Le chronographe, expression des temps modernes

C’est ce visage que Rome a réussi encore une fois à offrir, en accueillant du 1er au 6 octobre dernier l’exposition intitulée La Haute Horlogerie à Rome, promue par la Fondation de la Haute Horlogerie (FHH) en collaboration avec la Province de Rome et la revue AD. Spécialisée dans la décoration intérieure, cette dernière est également connue pour son supplément sur les montres. Quatorze marques de prestige étaient exposées (A. Lange & Söhne, Audemars Piguet, Baume & Mercier, Cartier, Girard Perregaux, IWC, Jaeger LeCoultre, JeanRichard, Montblanc, Officine Panerai, Piaget, Roger Dubuis, Parmigiani Fleurier et Vacheron Constantin), aux côtés d’un contenu culturel de belle facture : l’exposition thématique Le chronographe, expression des temps modernes a présenté 65 pièces extraordinaires, sélectionnées et réunies par Dominique Flechon, historien spécialiste de la haute horlogerie. La manifestation s’est déroulée dans le cadre historique du Palazzo Incontro, demeure du XVIIIe siècle parfaitement représentative de l’architecture romaine, sise sur un chantier archéologique de grande importance. Elle jouxte les rares témoignages parvenus jusqu’à nous de l’Horologium Augusti, le grand cadran solaire désiré par l’empereur éponyme il y a près de 2000 ans.

Quelque 4000 visiteurs

Si bien qu’en cette semaine romaine dédiée aux chronographes, l’horloge était le maître mot. Cependant, ce sont les quelque 4000 visiteurs qui ont été les véritables protagonistes de ces rencontres prolongées, démontrant souvent une connaissance remarquable du sujet. Ce sont eux, à travers leur curiosité, leurs questions, leurs sourires satisfaits, la recherche assidue des catalogues, qui ont assuré la réussite de cet événement. D’autant que de nombreuses marques prestigieuses ont eu le plaisir de convier leurs clients à des soirées thématiques consacrées à des sujets techniques ou historiques liés à la haute horlogerie. Des soirées passionnantes, grâce à la présence de personnalités comme Giulio Papi, le professeur Ugo Pancani et la journaliste Paola Pujia.

Il convient également de souligner la qualité de l’organisation. Car supporter le chaos du centre de Rome, affronter toutes les problématiques d’un édifice magnifique sur le plan historique mais non conçu pour accueillir des expositions aussi fréquentées, répondre au mieux à toutes les exigences des visiteurs et enfin endurer la chaleur des journées romaines d’octobre a représenté une vraie gageure, toutefois menée à son terme avec un succès indiscutable par les nombreuses personnes qui y ont travaillé. Nous pouvons en témoigner avec certitude. Les sourires affichés sur les visages des visiteurs après avoir parcouru l’ensemble des stands étaient encore plus révélateurs.

Un événement réussi, qui doit absolument être reconduit en 2008. ■

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