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Les horlogers se passionnent pour les matériaux du futur

L’alusic (alliage d’alumninium AS7G, silicium et carbone), le Zenithium (lire encadré), le Hublonium (en développement chez Hublot) mais aussi le tantale, le titane, le carbone forgé, le silicium, le magnésium, la céramique, le lithium, l’horlogerie se décline depuis peu au son de matériaux venus d’ailleurs, voire d’alliages spécialement constitués par les bureaux de recherche et développement. Comme si l’or et l’acier avaient désormais perdu de leur superbe dans le panthéon de la branche. Par le passé, les aficionados avaient déjà été habitués à des incursions horlogères dans des univers peu défrichés comme le bronze chez Gérald Genta, le caoutchouc chez Hublot ou ,plus récemment, l’acier rouillé du Titanic chez Romain Jérôme. Depuis deux ans toutefois, rares sont les marques de Haute Horlogerie à ne pas avoir tenté l’aventure de matériaux jusque là inédits dans la branche mais pourtant reconnus pour leurs vertus dans d’autres secteurs industriels de pointe. De prime abord, on aurait facilement pu croire à une nouvelle démarche commerciale consistant à mettre un zeste d’exotisme dans la marmite horlogère afin de rehausser l’originalité de tel ou tel garde-temps. Avec le recul, il n’est pas difficile de s’apercevoir que cette nouvelle tendance, qui touche aussi bien l’habillage que les mouvements, répond avant tout à un souci d’avancées technologiques soit en matière de légèreté des modèles (alusic, carbone, magnésium) et d’antioxydation des composants (tantale), soit en matière de résistance comme de dureté des pièces constitutives (titane, céramique), sans oublier les aspects liés à la lubrification des calibres (silicium).

Le silicium, un matériau issu de la microélectronique, offre un excellent exemple de la démarche. Avec sa Freak présentée en 2001, Ulysse Nardin avait fait une percée remarquée pour avoir doté d’une double roue d’échappement en silicium son modèle carrousel tourbillon indiquant l’heure par la rotation même du mouvement. Outre son avantage de gommer la nécessité du lubrifiant, le silicium présente des particularités qui ont rapidement séduit les horlogers : dureté, anti-magnétisme, légèreté, donc faible densité, et résistance à la corrosion. Dans le sillage d’Ulysse Nardin, plusieurs marques ont ainsi fait le pas. En 2005, Patek Philippe déposait un brevet sur la première roue d’ancre en silicium pour échappement à ancre suisse, une avancée technologique à laquelle le Centre Suisse d’Electronique et de Microtechnique, tout comme l’Institut de microtechnique de l’Université de Neuchâtel ont contribué. Un an plus tard, la manufacture genevoise récidivait avec le Spiromax®, un spiral révolutionnaire en silinvar (alliage à base de silicium oxydé) né de développements financés en partenariat avec le Groupe Swatch et Rolex. A n’en pas douter, les nouveaux matériaux sont devenus un champ d’investigation privilégié pour les horlogers qui se prennent à rêver de garde-temps immuables. C.R.

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