Il n’en reste pas moins que l’appel de la haute horlogerie est encore le plus fort et le plus entendu par ces spécialistes de la réincarnation des marques. Avec Badollet, Sandro Arabian et Aldo Magada, deux anciens d’Ebel, veulent redonner des ailes à l’une des plus anciennes manufactures genevoises, née en 1655 et disparue au milieux du siècle dernier, avec des garde-temps taillés sur mesure pour une clientèle de choix. Thierry Oulevay ne chercher pas autre chose avec Jean Dunand, un homme reconnu au début du XXe comme une des figures marquantes de l’Art déco à Paris et considéré comme l’un des plus grands maîtres du laquage de son époque. Déjà repéré il y a une dizaine d’années pour avoir été, avec Michel Parmigiani, la base de la renaissance de Bovet, une marque qui de son côté vient de relancer Dimier fondée en 1738, Thierry Oulevay vise le créneau des garde-temps « inaccessibles et imprévisibles », donc uniques et personnalisés.
De son côté, Jean-Marie Schaller veut rester fidèle à l’esprit de Louis Moinet, un homme du XVIIIe siècle considéré comme le premier designer horloger qui a souvent travaillé de concert avec Abraham-Louis Breguet. Après avoir donné une nouvelle vie à Perrelet, Jean-Marie Schaller s’attaque aujourd’hui à un nouveau défi avec Louis Moinet dont les montres sont équipées de mouvements « vintage » à la décoration aussi soignée qu’originale. L’atelier produit déjà son propre calibre basé sur les dessins d’époque attribués à l’horloger. H. Moser & Cie à Schaffhouse fait également partie de ces marques séculaires, fondée au début du XIXe siècle et véritablement relancée depuis 2002. Elle offre aujourd’hui des produits destinés à un public averti et connaisseur, comme l’emblématique Moser Perpetual 1, considéré comme un des calendriers perpétuels les plus aboutis sur le marché. Les racines horlogères recèlent décidément des trésors insoupçonnés. Encore faut-il savoir les faire revivre ! C.R.