Le Swiss Made à l'heure des comptes lundi, 21 mai 2007
Olivier Bernheim, président et administrateur délégué de Raymond Weil adhère au renforcement du Swiss Made mais s'inscrit en faux quant à la manière dont le processus a été engagé. Explications.
Olivier Bernheim, président et administrateur délégué de Raymond Weil : Je ne suis pas d'accord avec la manière dont la question a été abordée, surtout que le projet tel que présenté jusqu'ici n'est pas en ligne avec ce que le Conseil fédéral et l'Union européenne pourront accepter. Le renforcement du Swiss Made est une idée intelligente à laquelle nous adhérons mais de vouloir la passer en force, à la manière d'un coup d'Etat, n'est à mon avis par très habile.
Vous parler d'un coup d'Etat mais le processus, s'il est enclenché, va prendre plusieurs années ?
Il s'agit en effet d'un processus qui va durer entre 7 et 9 ans, 3 ans minimum à Berne pour une éventuelle modification de la loi et encore 4 ans à Bruxelles. Cela dit, mon principal souci, à ce stade est qu'au lieu de jouer sur une adhésion des différents professionnels de la branche, on présente le débat comme un enjeu entre victimes et oppresseurs. Je refuse cette dictature et préfèrerait que l'on s'entende sur cette question essentielle par l'ouverture et le dialogue.
Mais que pensez-vous du Swiss Made en tant que tel ?
Les marques ont créé leur propre ADN. Est-ce que l'on demande à Mercedes d'où viennent ses tableaux de bord et ses boîtes à vitesse. Et qu'en est-il des Airbus, sont-ils allemands ou français ? En ce sens, les amateurs d'horlogerie achètent avant tout un critère de qualité à laquelle doit répondre la charte de chaque marque, en conformité avec le Swiss Made. Ce dernier est donc à comprendre comme un modus operandi. ■