Dès 2012, la manifestation devrait avoir compensé la démolition d’une de ses halles. Pour ce faire, elle a confié au célèbre bureau d’architecture bâlois Herzog & de Meuron la conception d’une superstructure de trois étages posée sur les bâtiments existants. Coût du projet : CHF 350 millions. En attendant le Swiss Made refait parler de lui.
« Les marques suisses ne se sont jamais aussi bien portées, notamment les grandes marques horlogères de prestige », exposait lors de l’ouverture de BaselWorld 2007 Jacques Duchêne, Président des exposants de la foire, au nombre de 2’109 cette année. Et de poursuivre « le palmarès n’a jamais été aussi éloquent. En 2006, exercice de tous les records, les exportations de l’horlogerie helvétique ont bondi de 10,9% à CHF 13,7 milliards ».
Un cas unique ? Rien n’est mois sûr. En une dizaine d’années, les ventes horlogères suisses à l’étranger, qui représentent 95% du chiffre d’affaires de la branche, ont pratiquement doublé, notamment grâce à un véritable état de grâce de la branche qui dure depuis 2004. Et tout laisse croire que cette envolée n’est de loin pas prête de s’essouffler. C’est simple, les projections pour l’année en cours font à nouveau état d’une croissance à deux chiffres, si bien que nombre d’exposants présents à Bâle sont déjà en train de spéculer sur 2008.
L’attrait des produits haut de gamme
Est-ce un hasard si les organisateurs de la manifestation ont choisi cette édition d’ores et déjà placée sous le signe du succès pour présenter leurs plans de développement des infrastructures de BaselWorld, décrit comme le premier événement mondial du secteur des produits de luxe par René Kamm, Président de la direction du Groupe MCH Foire Suisse ? Vu la grandiloquence des projets architecturaux, confiés au désormais célèbre bureau bâlois Herzog & de Meuron, notamment actif à Pékin pour la réalisation d’une partie du complexe sportif des futurs JO 2008, on ne peut s’empêcher de tirer un parallèle. Devisée à CHF 350 millions, l’extension des halles de BaselWorld pourrait facilement se comprendre comme un hymne à cette suprématie de l’horlogerie suisse sur le marché mondial. Tout au moins comme une reconnaissance implicite d’un secteur qui compte désormais comme un des fleurons incontournables de l’industrie helvétique.
« Mais d’où vient ce développement extraordinaire ? », s’interrogeait encore Jacques Duchêne. Il n’est bien sûr pas le fruit du hasard. D’entrée de jeu, l’un de ces facteurs est l’attrait des produits haut de gamme : car une fois de plus, ce sont les marques de luxe qui font croître les chiffres que nous connaissons. Nous estimons qu’elles représentent environ 80% des exportations. Ce résultat est remarquable. » Autres éléments cités en guise de justificatif : la magie générées par les marques, qui représente une formidable plus-value vis-à-vis de la clientèle internationale, la valeur du franc suisse, qui s’inscrit clairement en baisse depuis des mois, tout comme la vigueur de l’économie mondiale et les liquidités abondantes en circulation.
Où l’on reparle du Swiss Made
Mais la liste ne serait toutefois pas complète sans évoquer la force du Swiss Made, sujet de débats internes à la profession depuis qu’il est question d’en renforcer les règles. « Je pense que le mot Swiss Made joue un rôle déterminant dans le choix des consommateurs, poursuivait Jacques Duchêne. C’est pourquoi je suis en faveur d’un renforcement du concept Swiss Made. Il est un atout majeur pour notre avenir. Il nous permettra de garder la maîtrise de la qualité de notre production, de rester compétitifs et de consolider de manière déterminante notre savoir faire. »
La messe est-elle dite ? Selon Ronnie Bernheim, CEO de Mondaine Watch, l’opposition à cette initiative actuellement à l’étude au sein de la Fédération de l’industrie horlogère suisse, est en train de fourbir ses armes. Sans parler des problèmes qu’un renforcement du Swiss Made engendrerait au niveau des capacités de production dans le pays. A l’ouverture de BaselWorld 2007, ces interrogations ont clairement été posées. Les réponses toutefois attendront. Pour l’heure, la profession fête d’ores et déjà une quatrième année record consécutive, huit mois avant d’avoir commencé à boucler ses comptes. (C.R.) ■