Pour les professionnels du secteur cotés en Bourse, les seuls à divulguer des chiffres audités donnant quelques indications sur la tenue de l’ensemble de la branche, cette euphorie régnant dans l’univers du luxe et donc de la Haute Horlogerie se traduit par des chiffres qui volent de record en record. Sur les six premier mois de son exercice 2006, Swatch Group, présent dans la Haute Horlogerie avec Breguet, Blancpain, Léon Hatot, Jaquet Droz, Glasshütte et Omega, a enregistré une croissance globale des ventes du groupe de 13,1% à CHF 2,3 milliards ($ 1,85 milliard) pour un bénéfice opérationnel de CHF 402 millions/$ 324,4 millions (+37,2%). Le bénéfice net affiche un bond de 23,6% à CHF 330 millions ($ 266,3 millions).
Même constat positif du côté de Richemont (A. Lange & Söhne, Alfred Dunhill, Cartier, Baume & Mercier, IWC, Jaeger-LeCoultre, Montblanc, Officine Panerai, Piaget, Vacheron Constantin, Van Cleef & Arpels), dont les ventes sur les six premiers mois de son exercice 2007 sont en hausse de 16%. Pour ce qui est du pôle Montres et Joaillerie de LVMH (Tag Heuer, Zenith, Chaumet, Christian Dior, De Beers LV), le chiffre d’affaires organique sur les neuf premiers mois 2006 s’est inscrit en progression de 22%.
Les analystes financiers sont positifs Pour Harald Zahnd, analyste au Credit Suisse, si le secteur du luxe s’est montré jusqu’ici largement immunisé contre les aléas conjoncturels, cela s’explique surtout par la situation de l’offre et de la demande. « Comme la proportion de personnes aisées augmente plus vite que la moyenne dans le monde entier, expliquait-il récemment, la demande de produits de luxe s’accroît elle aussi constamment. Simultanément, l’offre reste limitée, d’une part parce que les véritables marques de prestige sont rares et, de l’autre, parce que ces maisons ont bien entendu intérêt à doser leur offre. » Clariden, qui a lancé un fonds de placement investi dans l’univers du luxe, dans lequel Swatch, Richemont et LVMH figurent parmi les plus grosses positions en portefeuille, est également très confiant sur le prolongement du momentum que vivent actuellement les compagnies du secteur. « Les ventes de produits de luxe continueront à évoluer à un rythme supérieur au secteur de la consommation pris dans son ensemble, exposait Scilla Huang Sun, gérante du Clariden Luxury Goods Equity Fund, à l’occasion des résultats sur les neuf premiers mois 2006. Les marques de luxe ont continué d’augmenter leurs prix à un rythme supérieur à l’inflation sans que cela nuise à la croissance des ventes et avec l’avantage de gommer partiellement les effets négatifs de change et la hausse des matières premières. Globalement, l’environnement reste porteur pour l’industrie du luxe. » (C.R.)■
Lire également :
La Haute Horlogerie, moteur des exportations
Les riches, une nouvelle génération spontanée