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Swatch Group aligne les exercices record

Le Swatch Group peut voir l’avenir en rose : année financière record, performance boursière impressionnante, relais de croissance avec les Jeux Olympiques de Pékin et renforcement du Swiss Made bénéfique à son outil de production. La compagnie est en état de grâce.

Quentin Simonet

Contrairement à d’autres groupes de luxe cotés à la bourse, Swatch Group (SG) ne publie pas de résultats trimestriels. Les derniers chiffres connus et donc officiellement publiés couvrent le premier semestre 2007. Entre cette date et la diffusion des résultats annuels, (annoncés au plus tard pour le 31 janvier 2008), c’est donc le silence radio qui prévaut au siège à Bienne. Parfois, la direction du numéro un mondial de l’horlogerie dévoile quelques éléments de réponse lors d’interviews, mais il s’agit plus de considérations générales que de données précises.

Une nouvelle année record pour 2007

Une chose est sûre toutefois, 2007 sera une année phare. Le groupe lui-même qualifiait au premier semestre « les prévisions de très prometteuses pour l’ensemble de l’exercice ». En d’autres termes, la société dirigée pas Nick Hayek s’achemine vers une nouvelle année record, anticipe Goldman Sachs. Malgré les importants et lancinants problèmes de capacités de production, le premier semestre a permis d’inscrire des résultats au-dessus des attentes avec un chiffre d’affaires brut en progression de 16,7 % à 2,74 milliards de francs. Une hausse même supérieure à celle des exportations horlogères pour la même période, puisque le segment montres et bijoux du groupe a connu une évolution de 20%.

Ce segment clé pour SG démontre une fois de plus son rôle de moteur de croissance par excellence de la société. Avec ses 18 marques dans toutes les catégories de prix (de Breguet à la Swatch), la compagnie continue de profiter d’une demande mondiale ininterrompue en montres et bijoux et, selon les assertions du groupe, de gagner des parts de marché. Une fois de plus, comme pour l’ensemble de la branche horlogère, c’est le secteur du luxe, avec notamment les marques Breguet, Blancpain et Omega, qui a marqué les résultats de son empreinte.

Par rapport à ses concurrents, Swatch Group a pourtant fait le choix d’un mix produit plus large. Dans une certaine mesure, l’incroyable demande du luxe se reflète ainsi moins significativement dans ses chiffres. Mais en cas de ralentissement, cet équilibre permet d’en lisser l’impact. Swatch Group s’appuie également sur un formidable outil de production qui couvre toute la palette des composants horlogers, estime Merrill Lynch. Rares, voire inexistants, sont ceux qui peuvent se passer des filiales du Swatch Group. Dans le contexte euphorique actuel, ce pôle cueille les fruits de la croissance du secteur sur les marchés internationaux. Le chiffre d’affaires brut de l’unité Production s’est ainsi étoffé de 23,7% à 857 millions de francs au premier semestre.

Une hausse impressionnante du titre

Les activités dans les systèmes électroniques ont en revanche vécu six mois plus difficiles. Si le chiffre d’affaires brut s’est légèrement accru à 306 millions de francs (+2,7%), la rentabilité a chuté de 16,1% à 47 millions. Le recul reflète la tendance observée sur le marché des téléphones portables dont les prix sont clairement orientés à la baisse. Cette évolution a notamment touché Micro Crystal, filiale du groupe qui fournit des quartz. Pas de quoi entamer le moral du groupe ou de rogner la rentabilité totale. Au contraire. Le résultat opérationnel a explosé de 27,1 %, passant de 402 millions à 511 millions de francs. Ce qui donne une marge opérationnelle de 19,6 % contre 18% un an plus tôt. Du côté du bénéfice net, les voyants sont également au vert avec une croissance plus que proportionnelle de 39,4 % à 460 millions. Bref, le soleil brille sur l’univers du Swatch Group.

Quelques nuages se sont toutefois accumulés ces derniers mois. Impossible de dire à l’heure actuelle quelles seront exactement les répercussions de la crise du « subprime » américain sur l’économie réelle. Pour Swatch Group, la casse ne devrait pas être trop importante étant donné son exposition relativement limitée aux Etats-Unis. Néanmoins, si les ventes outre-Atlantique devaient fléchir de 10%, l’EBIT au niveau du groupe (bénéfice avant impôts) pourrait en pâtir à hauteur de 5,6%. La dépréciation continue du dollar met également les groupes sous pression. Raison pour laquelle la Société Générale s’attend à un tassement dans l’univers du luxe en 2008. La banque évoque une base de comparaison difficile d’une année sur l’autre en raison des effets de change et un environnement macroéconomique moins porteur.

En d’autres termes, l’action Swatch Group pourrait calmer ses ardeurs à la hausse, quand bien même une consolidation du titre est attendue à un niveau des plus respectables. Rien d’alarmant après la hausse impressionnante qu’a connue le titre. Il y a un mois à fin octobre, avant la forte correction du marché, l’action Swatch avait progressé de 39% sur un an, contre 8% pour la moyenne du secteur.

Les Jeux Olympiques de Pékin, un deuxième Noël

Ceux qui voient l’action à un sommet pourront toujours revendre leurs titres au Swatch Group lui-même. Le numéro un mondial de l’horlogerie a en effet décidé de choyer ses actionnaires. Alors que le groupe vient de terminer un programme de rachat d’actions à hauteur de 400 millions de francs, il va en lancer un nouveau, au minimum du même montant. Pour mémoire, la société avait déjà acquis ses propres actions pour 300 millions de francs en 2006.

Swatch Group a d’ores et déjà annoncé vouloir annuler ces titres, synonyme d’une augmentation de la rentabilité du groupe en termes de bénéfice par action (BPA). Selon les calculs de la banque Vontobel, le BPA 2007 pourrait atteindre 18,40 francs et 20,30 francs l’an prochain, contre 14,90 francs en 2006. Des estimations qui pourraient être revue à la hausse car le groupe mise beaucoup sur 2008 et les Jeux olympiques de Pékin dont Omega est l’un des principaux sponsors. Si l’on en croit Nick Hayek, patron du groupe, ces jeux pourraient être le deuxième Noël du Swatch Group.

A plus long terme, la multinationale pourrait également être un des principaux bénéficiaires de la refonte du « Swiss Made », même si le Conseil fédéral l’a pour l’heure refusée. Une étude d’UBS publiée en juillet dernier estimait que l’application des nouveaux critères de ce label d’origine serait en mesure de générer un chiffre d’affaires supplémentaire de l’ordre de 650 millions de francs pour les fournisseurs suisses de composants horlogers, dont 500 millions pour le seul Swatch Group. A ce stade, il n’est pas sûr que tous les analystes aient intégrés ces données dans leur valorisation… ■

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