Le Centre Culturel de la Haute Horlogerie a récemment tenu son premier atelier de formation en Inde pour les revendeurs locaux de Haute Horlogerie. Une initiative destinée à se répéter dans les principaux pays émergents où les Maisons ont trouvé quelques uns de leurs principaux relais de croissance.
Christophe Roulet
Ce n’est peut-être pas le premier le premier marché au niveau mondial pour les exportateurs horlogers mais sa croissance est digne du plus grand intérêt. L’Inde représente en effet un des marchés émergents où les professionnels de la branche sont en train de réaliser une percée des plus remarquables. Si l’on prend les statistiques du mois de septembre 2006, comparativement aux mêmes mois des deux années précédentes, on constate une hausse des ventes dans le pays, en vingt-quatrième position avec une valeur de CHF 6,4 millions (USD 5,12 millions), de 40,6% par rapport à 2005 et de 185,7% par rapport à 2004. Sur deux ans, il s’agit de la plus forte progression, avec celle de la Corée du Sud, enregistrée sur l’ensemble des marchés d’exportation de l’horlogerie helvétique.
L’Inde est devenue incontournable
De là à conclure que l’Inde est un des marchés d’avenir parmi les plus prometteurs, le pas est vite franchi. D’autant que l’essor économique du sous-continent est volontiers comparé à celui de la Chine, un autre pays clairement identifié pour prendre progressivement le relais des nations industrialisées en tant que moteur de la croissance mondiale. Pour les horlogers suisses, la question n’est donc pas tellement de savoir s’il faut considérer une implantation sur place, pour ceux qui d’aventure auraient raté le train, mais bien plutôt de l’ampleur du retard pris face à la concurrence s’il fallait encore tenter d’y faire son trou. De nos jours, les plupart des établissements financiers sont attirés vers les pays du Golfe comme des mouches avides de pétrodollars. Demain, ce sera assurément l’Inde qui exercera le même effet sur l’industrie du luxe dans son ensemble, synonyme d’intensification de la présence des marques dans le pays.
Pour le Centre Culturel de la Haute Horlogerie (CCHH), chargée de promouvoir les valeurs et les connaissances du secteur au niveau international, il n’était donc pas question d’ignorer les besoins d’un pays destiné à progresser fortement dans la hiérarchie des premières destinations des garde-temps helvétiques. En septembre, le CCHH mettait ainsi sur pied un atelier de formation à Mumbai, le premier du genre en Inde, avec le soutien de Time n’ Style, une des principales publications horlogères du pays. Public cible : propriétaires et gérants de points de ventes, agents locaux des marques et responsables de ventes, tous venus pour parfaire leurs connaissance de base de la Haute Horlogerie.
Soif d’informations
« Nous devons intégrer davantage d’informations concernant le marché horloger, exposait à l’issue du séminaire Aarti Creado de Magan Impex, importateur indien de montres situées dans le moyen de gamme. Nous devons également intégrer des notions liées à la présentation d’éditions limitées, à la vente de montres très chères ou au « packaging » de ces garde-temps d’exception, en dehors de ce qui nous avons déjà pu apprendre durant ces deux jours de séminaire. » C’est dire si les exigences sont grandes quant à l’appréhension d’un univers horloger dont les produits en sont l’ultime expression.
Le séminaire a ainsi été conçus pour couvrir les principaux aspects de la Haute Horlogerie : son marché (les marques, manufactures, fournisseurs et organisations des points de ventes), ses concepts de base dans le fonctionnement d’un mouvement mécanique et de ses principales fonctions, les principes de vente, enfin, qui régissent un domaine où la clientèle est forcément exigeante étant donné le niveau de prix des produits proposés, dont il s’agit de faire ressortir la valeur intrinsèque.
« Il semble bien qu’il y ait une grande volonté d’obtenir une formation comme celle dispensée par le CCHH, exposait Rafael Sabat, formateur lors du séminaire de Mumbai, dans son compte-rendu. J’ai reçu de nombreuses questions ayant trait au vocabulaire horloger, aux complications, aux tests et certifications des montres, tout comme au fonctionnement et à la manutention des garde-temps. » Si le timbre cathédral, le spiral, ressort de barillet ou Poinçon de Genève n’ont plus de secret pour les personnes aguerries à la Haute Horlogerie, il est évident qu’en Inde, de telles subtilités ont encore tous leurs secrets à dévoiler. Pour les marchés de demain, ce n’est finalement qu’une question de temps et, surtout, de formation. ■
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