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Le WOSTEP s’engage pour le métier d’horloger

Katja Schaer

Assurer l’excellence de la relève dans le domaine de la haute horlogerie. Telle est la mission que s’est donnée le WOSTEP (Watchmakers of Switzerland Training and Educational Program), grâce à une méthode de formation spécifiquement conçue, garante d’un niveau de qualité élevé et mise à la disposition d’écoles d’horlogerie dans le monde entier. « Nous assurons que les 70 millions de montres de haute technicité produites au cours des 15 dernières années puissent profiter des soins d’horlogers qualifiés », explique Maarten Pieters, directeur du centre.

Mis sur pied en 1966 par la Fédération horlogère et la société Ebauche (l’actuel producteur de mouvements ETA), WOSTEP a derrière lui plus de quarante ans d’histoire de l’industrie horlogère suisse. Une industrie dont il a suivi les évolutions, avec laquelle il a quelquefois partagé les revers et qui lui a donné sa structure actuelle. « Le centre a bien changé depuis ses débuts, rapporte son directeur. A cette époque, on privilégiait une logique d’après-vente. WOSTEP formait alors des Américains qui venaient en Suisse pendant plusieurs mois pour acquérir les connaissances du métier. »

Des années difficiles

Ce sont les années 1980 et les difficultés qu’a traversées l’industrie horlogère suisse qui vont redéfinir l’organisation du centre. Au moment où le quartz évince les montres mécaniques, le WOSTEP, exsangue et sur le point de fermer ses portes, est sauvé par une vingtaine de marques horlogères qui injectent des fonds.

En 1984, le WOSTEP se relève et, plutôt que de se concentrer sur les cours dispensés dans ses murs, peaufine un plan de formation. Ce guide méthodique, constitué d’un programme de 3000 heures et de critères spécifiques d’évaluation, est mis à la disposition d’écoles partenaires. Le WOSTEP va ainsi s’imposer comme label de qualité en matière de formation horlogère.

Au début des années 1990, le centre décroche son premier partenaire américain, la Oklahoma State University, à laquelle il dispense son guide de formation. « Nous assurons le niveau des professeurs qui viennent mettre à jour leurs connaissances à Neuchâtel, nous vérifions les travaux d’examens des élèves et servons ainsi de gage de qualité », poursuit Maarten Pieters.

Dans le sillage des nouveaux marchés

L’institution neuchâteloise, qui compte aujourd’hui 14 écoles partenaires, ne se contente pas d’être présente en Europe et aux Etats-Unis. Déjà associée à deux écoles au Japon et une à Shanghai, le WOSTEP prépare - croissance des nouveaux marchés oblige - des partenariats à Hongkong, à Mumbai et en Malaisie.

« Nous avons aussi des demandes provenant du Venezuela, d’Inde et de Singapour, affirme Maarten Pieters. Mais nous sommes très prudents dans la sélection de nos partenaires. Fonder un département d’horlogerie dans une école ou une université coûte plus d’un million de francs suisses (soit plus de 600’000 euros). Et il s’agit ensuite d’avoir les moyens d’entretenir une infrastructure relativement chère. Il faut donc que l’école soit capable d’assurer ces charges à long terme. »

La relève pour défi

Mais si, profitant du soutien des plus grandes marques de l’industrie, le WOSTEP a su s’imposer au fil des ans comme une référence internationale, il n’en est pas moins confronté à de nouveaux défis."Pendant plusieurs années, l’industrie s’est concentrée sur les montres électroniques et peu de gens se sont donc formés sur les pièces mécaniques. Nous manquons maintenant de spécialistes capables de travailler sur les produits de haute horlogerie », regrette le directeur. Pour preuve, plus de la moitié de ces professionnels sont âgés de plus de cinquante ans. Et la relève semble loin d’être assurée. Parce que trouver des enseignants qualifiés est un défi. Ces derniers doivent en effet combiner des caractéristiques a priori antagonistes. « Les horlogers ne sont souvent pas très extravertis et communicateurs. Ils vivent un peu dans un monde de 30 cm2 », s’amuse Maarten Pieters.

Et le défi ne se limite pas qu’aux enseignants. La profession d’horloger, même dans le haut de gamme, n’a plus guère l’heur de séduire les jeunes. « Le luxe et la séduction que véhicule le produit ne se répercutent pas sur l’image de l’entretien et de la réparation, souvent perçus comme des aspects négatifs. En Europe et aux Etats-Unis, nous peinons déjà à trouver les personnes qui ont l’intérêt et la dextérité nécessaires. Et c’est regrettable, parce que nous risquons de voir s’éteindre l’un des plus beaux métiers manuels. » Au risque de perdre un morceau d’histoire. Et c’est bien cela que le WOSTEP cherche à éviter. En assurant la qualité du « Swiss made » d’une part, mais aussi, comme le formule Maarten Pieters « en défendant l’émotion, le rêve qui va avec le produit et avec le métier d’horloger ». ■

Lire également :
Okmulgee, partenaire américain de WOSTEP

Voir également
www.wostep.ch

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