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Certaines des montres proposées par le groupe familial Seiko Epson répondent largement aux critères des grandes marques suisses fières d’appartenir à la Haute Horlogerie. Les collections Grand Seiko et Credor constituent deux exemples parmi d’autres.
Timm Delfs
Il semble que le plus grand handicap de la marque Seiko soit sa nationalité japonaise. Si nous nous intéressons de plus près aux produits de cette entreprise membre de Seiko Epson, un groupe gigantesque mais toujours familial, certaines collections répondent largement aux critères des grandes marques suisses fières d’appartenir à la Haute Horlogerie. Avant tout, Seiko est une manufacture au sens premier du terme. Cela vaut aussi bien pour les montres électroniques que pour les montres purement mécaniques. Les Japonais fabriquent leurs propres boîtiers, bracelets, verres, aiguilles et, bien sûr, mouvements. Contrairement à de nombreuses autres marques japonaises, Seiko n’a jamais cessé de produire des mouvements mécaniques. Il existe encore des marchés dans les pays en voie de développement où il est extrêmement difficile de se procurer des piles. Les montres mécaniques bon marché constituent alors pour la population active la meilleure solution pour savoir à tout moment l’heure qu’il est. C’est la raison pour laquelle Seiko a continué de produire des mouvements mécaniques. On dit qu’une entreprise qui sait produire de grandes quantités de pièces avec un minimum de pertes est également capable de produire des petites séries de très haute qualité.
Mécanique et quartz en un seul mouvement
C’est exactement ce que Seiko propose à travers ses collections Grand Seiko et Credor. Toutes deux offrent un niveau d’excellence très élevé, la collection Credor répondant aux normes de qualité les plus strictes. Malheureusement, ces deux collections ne sont disponibles qu’en Extrême-Orient. Pour la production de ces pièces exceptionnelles, la direction de Seiko a pris la décision bien inspirée d’ouvrir le Micro Artist Studio dans l’usine Epson située à proximité de Shiojiri, au Nord de Tokyo. C’est dans cet atelier que les meilleurs horlogers du Japon et même, pour certains, du monde, se réunissent pour concevoir et mettre au point des montres parmi les plus remarquables, à l’instar de la Credor Sonnerie présentée au salon Baselworld 2006. Cette montre est dotée d’un mouvement mécanique semi-automatique, baptisé Spring Drive, qui offre la précision du quartz, et d’une authentique cloche bouddhiste miniature (orin bell) qui sonne l’heure à la demande. Seuls quelques fabricants disposent des compétences et du savoir-faire requis pour produire l’alliage adéquat et façonner ce type de cloche utilisée dans les temples pour la méditation, partie intégrante de la culture japonaise.
Le Spring Drive est un concept unique qui associe les avantages de l’horlogerie mécanique et des mouvements à quartz. L’idée de départ est née dans les années 70. Le principal problème des montres à quartz résidait dans leur alimentation : les piles étaient généralement plus grosses que le reste du mouvement et leur durée de vie très courte. Japonais et Suisses ont cherché simultanément les moyens de s’affranchir des piles. Un ingénieur de Seiko, Yoshikatsu Akahane, a ainsi consacré son temps libre à développer sa propre solution au problème. Pratiquement au même moment, en Suisse, Jean-Claude Berney, réfléchissait à une solution similaire. L’astuce de Berney, brevetée en 1977 pour Ebauches SA, s’est toutefois révélée impossible à mettre en pratique et a fini au fond d’un tiroir. Pendant ce temps, Akahane continuait à développer son système à l’insu de ses supérieurs. Il préférait attendre que le projet soit suffisamment au point pour leur en parler.
Premier prototype en 1998
Il aura cependant fallu attendre très longtemps avant que la technologie permette ne serait-ce que d’envisager la mise au point du Spring Drive. C’est seulement en 1998, année de la disparition de Yoshikatsu Akahane, que Seiko présenta au salon de l’horlogerie de Bâle un prototype performant. Il s’agissait d’une montre bracelet dotée d’un boîtier futuriste. Il est intéressant de souligner qu’ à côté de cet endroit précis se trouvait le stand du laboratoire de recherche Asulab du Groupe Swatch, à l’intérieur de la zone réservée au groupe, du fait qu’une autre marque s’en était retirée. Rudolf Dinger, alors président d’Asulab, présenta un mouvement automatique au principe de fonctionnement similaire à celui de Seiko. Aujourd’hui, ce mouvement est visible au Musée international d’horlogerie de La Chaux-de- Fonds. « Je crains ne pas pouvoir vous dire pourquoi aucune marque du Groupe Swatch n’a utilisé ce système, » avoue Rudolf Dinger, qui a fondé sa propre société de conseil. Seiko, de son côté, a continué à développer le concept baptisé Spring Drive et l’a perfectionné de manière à pouvoir l’associer à un système automatique. Principe de fonctionnement
Le fonctionnement du Spring Drive est très proche de celui d’un mouvement mécanique. L’énergie cinétique est emmagasinée dans un ressort moteur qui entraîne les engrenages actionnant les aiguilles de la montre. Cependant, à l’extrémité du rouage, l’échappement conventionnel à ancre et balancier a été remplacé par une sorte de dynamo miniature, le tri-synchro qui transforme l’énergie mécanique en énergie électrique puis électromagnétique. Cette dynamo produit ainsi de l’énergie électrique en tournant à la vitesse relativement élevée de 8 révolutions par seconde. Pendant ce temps, la résistance magnétique peut être régulée par le circuit électrique alimenté par la dynamo. Cette alimentation électrique est à son tour régulée par un circuit intégré, piloté par le quartz, qui contrôle la cadence du mouvement. Si cette cadence est trop rapide, elle est freinée, si elle est trop lente, elle est accélérée. Les principaux avantages offerts par ce système sont la précision du quartz, l’absence de pile et le glissement régulier des aiguilles. Ce dernier phénomène est particulièrement visible avec l’aiguille des secondes qui fait le tour du cadran en continu sans le moindre à-coup. Le mouvement Spring Drive de Seiko est le reflet parfait du temps qui s’écoule en continu, sans interruption. ■
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