Jaeger-LeCoultre réinvente le chronographe

Si l’année 2007 a été placée sous l’égide du chronographe, la manufacture Jaeger-LeCoultre, fidèle à sa tradition technique, présente la Duomètre, une pièce qui aura nécessité quatre ans de recherche et développement, basée sur un nouveau concept novateur.

Christophe Roulet

Cette année, les nouveautés des Maisons horlogères ont clairement été placées sous l’égide de la mesure du temps, une notion prise au sens propre avec nombre de chronographes à l’honneur sur la plupart des devantures. Pour rendre hommage à cette complication utile, Jaeger-LeCoultre ne s’est toutefois pas contentée de faire comme tout le monde, soignant design et fonctionnalité. Avec sa Duomètre à Chronographe, dotée du nouveau calibre 380, la manufacture du Sentier a encore une fois frappé un grand coup, démontrant si nécessaire que l’innovation en mécanique horlogère n’est en rien une approche usurpée.

L’embrayage aux oubliettes

« Nous avons voulu en quelque sorte réinventer le chronographe, expose Stéphane Belmont, directeur marketing de la société. Ce qui aura nécessité quatre ans de recherche et développement. Le résultat : nous sommes partis sur la base d’un nouveau concept consistant à doter ce chronographe de deux mécanismes distincts, l’un pour les heures et l’autre pour le chronographe. Les deux travaillent sur la base d’un même organe réglant mais disposent chacun de leur propre barillet, donc de leur propre source d’énergie avec une réserve de marche de 50 heures chacun. De plus, nous l’avons doté d’une aiguille foudroyante au 1/6 de seconde si bien que nous considérons la Duomètre comme la première montre chrono à complication. »

En d’autres termes, si la quasi-totalité des chronographes disponibles sur le marché fonctionne avec un système d’embrayage sur un seul et même mouvement de base, le plus performant étant l’embrayage vertical à disques qui assure l’accouplement du mécanisme à celui des heures avec une inévitable perte d’énergie à la clé, surtout pour les chronométrages longs, la Duomètre évite cet écueil du fait que le chronographe dispose de sa propre source d’énergie, donc sans embrayage ni déplacement d’axe. « La précision de la montre n’est ainsi pas influencée par le chronographe, précise Stéphane Belmont, et le chronographe ne souffre d’aucune interférences grâce à un démarrage instantané. L’objectif était bien évidemment d’obtenir la plus grande précision possible avec un calibre automatique quelle que soit la fonction considérée » (lire également les caractéristiques techniques de la Duomètre).

Le souci du détail

Si Jaeger-LeCoultre n’a pas lésiné sur les moyens en termes d’innovation mécanique, la manufacture n’a pas davantage ignoré l’aspect esthétique de sa Duomètre avec la construction d’un cadran des plus équilibrés : une symétrie des compteurs à 10h pour l’heure et 2h pour le chrono, ce dernier doté d’un disque des minutes précises entre 0 et 9 dans un guichet pour faciliter la lecture, réserve de marche à 5h et 7h pour chacun des deux mécanismes et foudroyante à 6h, seconde du chrono et des heures au centre. De plus, pour éviter toute confusion, les fonctions de la montre sont balisées en deux couleurs, selon que l’on considère l’heure ou le chronométrage.

Sans oublier la touche finale : le chronographe est actionné par un mono-poussoir, à même de déclencher à chaque pression cinq fonctions différente, heures et minutes, disque des minutes, seconde centrale et aiguille foudroyante. Le tout, soit 390 pièces, animé par une seule couronne de remontage. Jaeger-LeCoultre a d’ailleurs poussé le souci du détail jusqu’à travailler la forme des ponts de manière différente, droits pour la chronométrie et en arabesque pour le chronographe, une tradition maison. Les rouages arborent un satiné circulaire et des moulures polies à la main. Les mobiles eux aussi anglés main ou ornés de moulures polies, sont colimaçonnés ou adoucis. Finalement, les vis, en acier bleui à la flamme, soulignent la complexité du calibre.

« Avec la Duomètre, nous retrouvons les codes de la montre rétro, mono-poussoir, aux décorations soignées et dotée d’un mécanisme innovant, conclut Stéphane Belmont. Le prix pour la version en or est de l’ordre de CHF 35’000.-, soit un produit qui se démarque de la production classique de chronographe. Le but était d’obtenir une amélioration de la précision pour ce type de mécanisme, finalement, nous sommes arrivés avec un chronographe différent ». ■

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