Coup de coeur lundi, 1 octobre 2012

Piaget célèbre le « glamour » au masculin

La Piaget Time Gallery de Genève présente « Magie de la Joaillerie », une trentaine de pièces qui fait la part belle aux montres joaillières pour homme.


Montre de poche en or blanc sertie de 1094 diamants, cadran en or blanc. Mouvement Piaget extra-plat à remontage manuel 9P. 1964 © Piaget / Fabien Cruchon

Piaget possède trois espaces d’exposition à travers le monde : Genève, Hong Kong et Shanghai. Elle y présente des rétrospectives consacrées aux savoir-faire et collections de la marque, qui passent d’une galerie à l’autre selon des cycles de plusieurs mois.

La Piaget Time Gallery de Genève, sise au premier étage de la boutique historique de la rue du Rhône, a le privilège d’être la première sur la liste. C’est là qu’ont été présentées la première exposition thématique sur « La belle histoire » de Piaget (actuellement à Shanghai), puis celle sur « L’Art de l’extra-plat » (actuellement à Hong Kong). En mai dernier, le cinquième volet de la série, consacré à la « Magie de la Joaillerie », a été inauguré dans ce même espace par Sylvain Auroux, directeur des marchés suisse et italien, et Alain Borgeaud, responsable du patrimoine historique. Ce nouvel opus, plus chatoyant et coloré que les précédents, revendique le caractère « glamour » de la marque, notamment à travers une vitrine consacrée exclusivement aux montres joaillières pour homme.

L’art du sertissage

Parmi ces pièces, issues de la collection privée de Piaget, la plus ancienne est une montre de poche en or blanc avec index en bâtons, équipée du mouvement extra-plat 9P (2 mm d’épaisseur). Datée de 1964, elle présente un couvercle entièrement pavé de diamants qui atteste que la Maison Piaget maîtrise l’art du sertissage de longue date et qu’elle ne le réservait pas aux pièces féminines.

Une autre pièce attire l’attention, car elle appartient à la collection « Polo », toujours en tête des ventes de la marque. Datée de 1983, elle est reconnaissable à l’alternance de surfaces plates et polies, formant, avec un coupe-cigare et un briquet, une parure tout à fait caractéristique de l’univers de la marque. Il se déclinait à l’époque en divers accessoires masculins proposés en version joaillière : stylos, boutons de manchette, boîtes à pilules, chevalières…

La visite se poursuit avec ce qu’Alain Borgeaud considère comme l’une des pièces maîtresses de la collection. Une montre de poche « Ermitage » parée de 314 rubis taille baguette serti invisible, 108 diamants taille baguette et 113 diamants ronds. Datée de 1981, elle est dotée d’un mouvement squelette entièrement gravé à la main, qu’une glace en cristal de roche dévoile intégralement. Loin d’être une pièce unique, ce modèle était inscrit au catalogue et proposé dans différentes versions de pavage.

Des montres précieuses savamment extravagantes

Des commandes spéciales, Piaget en a cependant réalisé plusieurs au cours des dernières décennies. L’exposition en présente deux qui ont atteint des prix record au moment de leur livraison. Le modèle « Phoebus » a été commandé et acquis par un client japonais en 1982 pour la somme de USD 3,5 millions (CHF 3,3 millions / EUR 2,7 millions). Il s’agit d’une montre dont le bracelet, le cadran et la lunette sont pavés de diamants et l’index à midi serti d’un diamant bleu de 3 ct. Avec le modèle « Trapèze Homme », vendu en 2001 pour CHF 5 millions (USD 5,3 millions / EUR 4,1 millions), ces garde-temps incarnent le glamour au masculin vu par Piaget au cours de son histoire : des montres précieuses savamment extravagantes.

Enfin, on s’attardera sur la montre « Tradition » de 1981 : mouvement extra-plat, bracelet en or blanc articulé et guilloché selon le motif « écorce d’arbre », cadran en onyx et lunette sertie. Elle est le pendant masculin de la pièce la plus emblématique de l’exposition, eu égard à son illustre propriétaire : une montre ayant appartenu à Elizabeth Taylor, datée de 1967, avec boîte et bracelet en or jaune, calibre 9P, lunette en or gris sertie de 36 diamants de taille brillant pour 0,7 ct. Cette pièce a été rachetée par Piaget lors de la vente des biens de l’actrice organisée en décembre 2011 par Christie’s à New York. Le cadran fêlé en opale comporte une inclusion qui permet d’identifier l’objet sur les photos représentant l’artiste.

À l’unisson, ces deux montres soulignent, à presque 15 ans d’intervalle, la pérennité du style Piaget dont les codes sont aujourd’hui gravés dans le marbre : mouvement extra-plat, cadran en pierre dure et sertissage.

Alain Borgeaud, responsable du patrimoine historique

Au bénéfice d’une formation de bijoutier-joaillier de l’École des Arts décoratifs de Genève, Alain Borgeaud fait ses premières armes dans un atelier renommé de la place qui va passer dans le giron du groupe Richemont en 1989. Dès lors, sa vie professionnelle a été étroitement et durablement liée à la marque Piaget. Nommé chef de projet Horlogerie – montre joaillerie et pièces exceptionnelles – en 2000, il devient chef de projet Bijoux en 2004, puis il rejoint le département Communication en 2006. Chargé du patrimoine, il enrichit la collection privée de la marque d’une trentaine de pièces par année. Elle en compte 860 à ce jour.

Anaïs Georges du Clos

Magie de la Joaillerie - Exposition à la Piaget Time Gallery Genève jusqu’au 31 janvier 2013

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