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Parmigiani redessine les contours de la montre à fuseaux horaires

Avec sa Kalpa Hémisphères, née de l’imagination de Michel Parmigiani, la manufacture de Fleurier propose une montre à fuseau horaire complet permettant le réglage du deuxième fuseau à la minute près. Deuxième prouesse de la Maison : le garde-temps est déjà livrable.

Christophe Roulet

« Cette montre est née de discussions que j’ai eues avec le navigateur Bernard Stamm, expose Michel Parmigiani rencontré au Salon International de la Haute Horlogerie (SIHH). Il m’expliquait qu’il avait de la peine avec les garde-temps disponibles sur le marché à se repérer dans la mesure où la navigation l’amenait à changer constamment de fuseau horaire. De plus, il désirait pouvoir caler son rythme biologique à ces changements incessants, donc au rythme du soleil. Je suis parti de ce constat pour imaginer une pièce à double fuseau horaire dont le deuxième fuseau tient compte de la minute, le deux indications de l’heure étant synchronisées avec un calendrier 24 heures. Il ne s’agissait pas réaliser deux montres en une mais bien un seul mouvement donnant la lecture instantanée du deuxième fuseau horaire qu’il soit décalé à l’heure, au quart d’heure ou à la demi heure, comme on le rencontre de plus en plus souvent. Tout l’avantage est là et nous sommes les seuls à l’offrir cette petite complication très utile et que j’espère esthétique. »

Deux indications temporelles indépendantes

Avec sa Kalpa Hémisphères, Parmigiani Fleurier présente ainsi une montre donnant à l’utilisateur la possibilité de changer à tout moment l’heure locale ou l’heure de destination, les réglages des deux indications temporelles, heures et minutes, étant totalement indépendants l’un de l’autre. Pour ce faire, deux couronnes ont été positionnées sur la droite du boîtier, l’une pour le réglage du fuseau, l’autre pour le remontage du mouvement, l’ajustement de la date et de l’heure locale, le tout grâce à une système complexe d’engrenage et de débrayage développé sur un mouvement de base de la manufacture.

« Avec ce calibre, la difficulté intervient surtout au montage, poursuit Michel Parmigiani, car chaque pièce doit être ajustée et cadrée afin d’obtenir un mécanisme fiable. Nous avons donc là un instrument qui, typiquement, nécessite l’intervention humaine. Dans ce métier, on pourrait croire que l’on a déjà tout inventé mais il y a toujours des développements possibles. La Kalpa Hémisphères en offre un exemple concret, sans partir dans des complications extrêmes. » Comme le souligne Michel Parmigiani, ce modèle présenté en première sur le marché indien, qui dispose de fuseaux horaires à la demi heure, a de suite suscité l’enthousiasme. Nombre de pays comme le Népal, certaines îles du Pacifique ou encore récemment le Venezuela ont en effet adopté des décalages horaires plus précis que l’heure pleine, contrairement à la Chine qui dispose d’un seul fuseau pour l’ensemble du pays. La tendance semble ainsi se dessiner vers des indications répondant aux spécificités géographiques et non plus uniquement politiques.

Deux ans de développement

« Du premier trait de crayon à l’industrialisation de cette pièce qui compte 300 composants, il aura fallu compter deux ans, précise Michel Parmigiani. Le but étant de livrer les montres de suite après le SIHH. Commercialement, c’est très important et cela permet de prendre des nouvelles commandes la même année. Un détail non négligeable car notre objectif est en effet de passer d’une production actuelle de 5’000 pièces à 10’000 à l’horizon 2010, soit un volume qui permet d’être présent partout avec quelque 300 points de ventes. » Pour arriver à livrer aussi rapidement, Parmigiani Fleurier a toutefois dû planifier et anticiper scrupuleusement sa production car même si la manufacture est très intégrée au niveau des mouvements, des cadrans et même des boîtiers, les petits composants viennent souvent à faire défaut vu les délais actuels de livraison dans l’industrie.

« Mais attention, avertit Michel Parmigiani, pas question de faire une quelconque concession à la qualité, comme je peux le constater aujourd’hui dans certaines Maisons, car la concurrence de pays horlogers comme l’Inde ou la Chine n’est pas à prendre à la légère. Nous avons tout intérêt à rester sérieux, professionnels et intransigeants. Finalement, nous avons une seule chose à faire valoir : nous savons faire rêver grâce à des produits d’exception. Si cela devait s’estomper faute de rigueur… » ■

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