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Le trésor de la Zürcher Bahnhofstrasse

Coup d’œil sur l’une des plus belles collections privées de montres au monde, que l’on doit au défunt collectionneur zurichois Theodor Beyer.

Johanna Bächtold-Moser

Parmi les personnes qui remontent quotidiennement la Bahnhofstrasse de Zurich et passent en hâte devant le numéro 31, bon nombre d’entre elles ne se doutent pas qu’un trésor se cache juste sous leurs pieds. En descendant au sous-sol de la boutique Chronométrie Beyer, l’agitation disparaît subitement. Le calme règne en maître dans cet espace qui renferme l’une des collections privées de montres les plus raffinées et les plus fascinantes au monde. Ici, seul le léger tic-tac et quelques tintements de cloche brisent le silence.

Si le public peut aujourd’hui contempler des œuvres exceptionnelles, c’est au collectionneur de montres zurichois Theodor Beyer qu’il le doit. Décédé en 2002, il a réuni avec une passion légendaire et une compétence inégalée des garde-temps de toutes sortes pendant des décennies. Par bonheur, son fils René Beyer est animé de la même passion. Il dirige Chronométrie Beyer en tant que représentant de la septième génération et offre à cette collection, qu’il élargit régulièrement, une attention toute particulière. « Mon père ne voulait pas uniquement collectionner et posséder, mais également montrer à tout le monde les objets qui lui procuraient tant de bonheur », se rappelle René Beyer. Il souhaite de son côté pérenniser cette tradition.

Visiter cette collection d’environ 500 pièces est un véritable voyage dans l’histoire de la mesure du temps : de la clepsydre aux cadrans solaires en passant par les pendules, les chronographes de marine, les pendules de table, les montres de gousset, jusqu’à l’horloge atomique de Patek Philippe dont l’exactitude se mesure au millionième de seconde.

Une collection variée

Admirons parmi la grande variété des garde-temps exposés ceux qui illustrent bien la richesse de cette collection. On trouve parmi les objets les plus remarquables la somptueuse pendule à automates en forme de pagode, haute de 84 centimètres et décorée de nombreuses figurines qui tournent toutes les heures lorsque la cloche carillonne. Elle fut fabriquée à Londres vers 1780 pour la cour impériale de Chine.

Sur un mur, on remarque une horloge peinte possédant un carillon et construite vers 1600. Le boîtier est en fer, tout comme le mécanisme.

Une pendule vase française en porcelaine richement ornée, fabriquée vers 1780, indique l’heure de manière inhabituelle, par deux anneaux émaillés rotatifs : l’échelle inférieure munie de chiffres romains indique les heures, quant à l’échelle supérieure, dotée de chiffres arabes, elle, indique les minutes.

Quand on regarde l’ensemble de la collection, une pendule de table en acajou saute aux yeux. Son cadran est reconnaissable entre mille : Abraham-Louis Breguet créa cette « Pendule sympathique » vers 1795. Sur son cabinet se loge une montre-gousset dont les aiguilles sont réglées une fois par jour directement par la « montre mère ».

Les montres de gousset de Breguet sont naturellement bien présentes au milieu de nombreux autres noms célèbres tels que John Arnold & Son, Henri-Louis Jaquet-Droz, Patek Philippe ; on trouve également deux montres-gousset de George Daniels, le maître-horloger britannique octogénaire résidant sur l’Ile de Man.

Voici quelques unes de ces montres-bracelets particulièrement intéressantes : une Oméga Constellation de Luxe datant de 1962, rare et particulièrement précise ; une montre-bracelet Art déco Patek Philippe pour femme, sertie de diamants, de 1920 ; une IWC Da Vinci Tourbillon Quatro Stagioni de 1999 ; un chronographe Rolex de 1941 ; une Bulova Accutron des années soixante qui fonctionnait à 360 hertz, reconnue à l’époque pour sa très grande exactitude, soit un écart de marche de seulement 60 secondes par mois.

Expositions temporaires

Le musée donne également un aperçu des différentes techniques d’horlogerie. Il est ainsi possible d’admirer de magnifiques œuvres en émaux cloisonnés ou des cadrans guillochés à la main.

Certains objets de la collection ne trouvent toutefois pas leur place au sein de l’exposition permanente. Ils n’en sont pas moins présentés au public et exposés au grand jour. Il en fut ainsi par exemple en janvier lorsque, dans le cadre d’une exposition temporaire, René Beyer sortit de sa salle au trésor un grand nombre de montres originales. Des montres kitsch, des montres drôles, en un mot : des montres divertissantes. Une dernière remarque quant à ce musée : toutes les montres de la collection sont en état de marche.

Informations pratiques :

Le musée se trouve à la boutique Chronométrie Beyer, 31 Bahnhofstrasse, Zurich. Il est ouvert du lundi au vendredi de 14h00 à 18h00. L’entrée pour les adultes et les enfants de plus de 12 ans est de 5 francs suisses. Des visites guidées en allemand, français et anglais ainsi que des visites de groupes sont possibles sur réservation. Dans une annexe située dans le quartier Aussersihl de Zurich, une section pour les montres électroniques a été mise en place depuis décembre 2006. Elle met en valeur les plus beaux garde-temps du genre en retraçant leur rapide évolution. Une visite de cette collection est possible sur réservation au (+41) (0)43 344 63 63.

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