Point d'histoire lundi, 2 juillet 2012
Pendule mystérieuse de cheminée française de la seconde moitié du XIXe siècle, Palacio Museo Cerralbo de Madrid.
Le Palacio Museo Cerralbo de Madrid présente la particularité d’être l’un des rares endroits où l’on peut admirer la décoration originale d’une résidence aristocratique du XIXe siècle, scrupuleusement reconstituée et restaurée au cours de la première décennie du XXIe siècle. Le palais est une référence en matière de goût ornemental, illustrant à la fois le collectionnisme espagnol de la fin du XIXe siècle et la vie quotidienne de la haute société madrilène de l’époque. Il a été construit sous l’impulsion de Don Enrique de Aguilera (1845-1922), marquis de Cerralbo, homme politique, historien, archéologue et collectionneur passionné qui a légué à l’État espagnol son palais et ses collections.
Les pendules réunies par le marquis de Cerralbo sont typiques d’une demeure aristocratique de cette époque et témoignent d’influences et de styles horlogers variés, du XVIIIe au XXe siècle. Chacune d’entre elles remplissait, et remplit encore aujourd’hui, sa fonction dans le palais tout en contribuant à sa décoration : l’ensemble n’a pas été installé pour assouvir un rêve de collectionneur mais bien pour meubler la résidence.
Dans la collection on retrouve les deux systèmes mécaniques qui ont prévalu tout au long de l’histoire de l’horlogerie : le modèle anglais, décliné en plusieurs versions de pendules de table, et la pendule française en porcelaine, bronze doré, albâtre ou encore en bois orné de marqueterie Boulle. Deux exemplaires allemands datant du XVIIe siècle font également partie de la collection horlogère: une horloge de table en forme de tourelle, dépourvue de boîtier, et une montre-carrosse avec boîtier en argent. À toutes ces créations horlogères viennent s’ajouter divers objets à usage personnel, dont quelques cadrans solaires et montres pendentifs et poche pour homme et pour dame.
Les horloges de Diane
Parmi les garde-temps français figurent également trois pendules mystérieuses. Nous allons commenter et décrire les caractéristiques de la Pendule mystérieuse de cheminée française de la seconde moitié du XIXe siècle, anonyme, au Palacio Museo Cerralbo de Madrid.
Objet en bronze doré et patiné, marbre rouge sombre veiné de blanc et métal argenté. Cadran en cristal. Dispose d’un socle sur lequel un personnage se tient debout. Il s’agit d’une sculpture historiciste représentant une jeune femme drapée à l’antique dont la main levée à hauteur de la tête tient une tige supportant le balancier. Celui-ci est surmonté d’un cadran en verre totalement transparent tandis que sa partie inférieure est pourvue d’une sphère renfermant le mouvement. Sur la sphère décorée d’étoiles figure un monogramme réunissant les lettres L M. Mouvement de Paris. Silencieux.
L’objet appartient au genre des horloges dites de Diane, où le mouvement est habituellement logé dans une sphère sur laquelle est inséré le cadran des heures. Ici cependant, le cadran est plat et isolé à l’extrémité supérieure. Aucune connexion n’est visible entre l’horloge et le pendule. Elle réside dans un mécanisme situé sur l’axe des aiguilles, où un contrepoids se met en mouvement au rythme des oscillations du pendule et permet à un cliquet de déplacer les dents d’un mécanisme de minuterie faisant avancer les deux aiguilles à leur rythme respectif. ■
Lurdes Vaquero
Bibliographie : Luis Montañés. Relojes misteriosos (I). Revue Antiquaria, vol. 109. Madrid. Septembre 1993.
Luis Montañés. Relojes de un palacio. Madrid. 1997.
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