L’âme contemporaine de Jaeger-LeCoultre

A 38 ans, Jérôme Lambert est le CEO de l’une des plus grandes manufactures horlogères suisses qui possède l’un des patrimoines horlogers les plus riches au monde.

Avec une passion qui n’a d’égal que son talent, il a su lui insuffler à son tour une dynamique qui en fait une manufacture parmi les plus grandes créatrices de mouvements compliqués dont l’esthétique en est l’ultime signature.

Le 4 octobre, la “Grande Maison” a inauguré son incroyable Galerie du Patrimoine destinée à faire découvrir les multiples facettes de Jaeger-LeCoultre. Visite au coeur des trésors de la manufacture.

Isabelle Garnerone / EDGAR


L’inauguration de la Galerie du Patrimoine est le prétexte idéal pour redéfinir l’ADN de Jaeger-LeCoultre… Quel est-il ? Les fondamentaux de Jaeger-LeCoultre reposent sur quatre piliers, le premier étant la Manufacture. C’est ainsi que la marque est née et qu’elle s’est développée. C’est ainsi qu’Antoine LeCoultre, son fondateur, l’a voulue. Le premier atelier date de 1833 et compte quatre employés. En 1866, alors que presque tous les horlogers travaillaient à domicile jalousant le secret de leur tour de main, il fit construire un grand bâtiment pour y accueillir des outils de production et réunir sous le même toit, horlogers, calibristes, cadraturiers… Il imposait avant l’heure son concept visionnaire de l’intégration des savoir-faire. Ce qui explique aujourd’hui que nous concentrions autant de métiers au sein de la manufacture, qui est totalement autonome dans la conception des mouvements ainsi que dans la maîtrise des savoir-faire de productions. Nous sommes une manufacture complètement intégrée.

Le deuxième pilier est notre ancrage géographique : la Vallée de Joux. La manufacture fut la première à développer des procédés mécanisés pour fabriquer des montres compliquées. Et de 1860 à 1900, nous avons créé plus de 350 calibres différents dont la moitié comportait des complications telles que répétitions minutes, tourbillons… Le troisième pilier en est son patrimoine, forgé par 174 ans d’activité et plus de 1’000 mouvements produits. Enfin, Jaeger-LeCoultre ne se résume pas à une simple marque de manufacture, sa signature stylistique, fortement identifiable, a donné naissance à des icônes comme la Reverso ou l’Atmos. La marque Jaeger-LeCoultre s’exprime à travers un patrimoine exceptionnellement riche combiné à un outil de production hors normes. C’est ce qui nous permet d’être la marque la plus innovante aujourd’hui. Ce sont nos valeurs au quotidien.

Pensez-vous que c’est dans ses racines que l’on puise ses ressources pour l’avenir ? Oui, mais pas seulement. En ce qui concerne Jaeger-LeCoultre, la marque puise ses ressources dans son passé et également dans ses équipes jeunes et créatives. L’équipe est très ouverte sur le monde si ce n’est déjà par sa pyramide d’âges qui crée une ambiance toujours propice aux échanges et où règne une véritable cohésion de groupe. En intégrant la manufacture, les collaborateurs intègrent une seconde famille, un groupe fortement lié dans lequel des valeurs fortes existent. La marque évolue et se projette dans l’avenir tout en gardant son identité, elle reste fidèle à elle-même : elle crée et se renouvelle sans cesse.

Dans la Vallée de Joux, Jaeger-LeCoultre est un acteur économique essentiel, combien d’employés travaillent aujourd’hui à la manufacture ? Jaeger-LeCoultre est non seulement un acteur économique essentiel dans la Vallée de Joux, mais dans l’industrie horlogère suisse en général qui compte 40 000 emplois. Avec 1 000 employés, c’est l’une des deux ou trois plus grandes manufactures qui, par la diversité et la multiplicité de ses métiers réunis sur un même site, est unique. C’est aujourd’hui l’expression la plus aboutie du concept de manufacture.

Pourquoi avez-vous préféré la terminologie Galerie du patrimoine à celle de musée ? Le terme de musée est référent à la notion d’un passé achevé. Et nous sommes dans la dynamique. Nous avons conçu cet espace comme un trait d’union du passé vers l’avenir pour expliquer l’épanouissement de la marque et ses facteurs de différentiation. Si on s’intéresse aujourd’hui à la marque et qu’on l’aborde de façon horizontale avec l’ensemble de ses métiers, de ses équipes, de ses savoir-faire… cela permet à une galerie du patrimoine de s’intéresser à un caractère plus transcendant : comment ces métiers, ces pièces icônes, ces beaux mouvements sont-ils nés ? Quel est leur lignage ? Quels ancêtres peuvent-ils avoir ?

Ce lieu est-il ouvert au grand public ? Uniquement sur inscription pour des raisons évidentes de sécurité.

Outre la collection de garde-temps anciens et actuels de la marque, les quelques 200 brevets, pouvez-vous nous parler de la vitrine monumentale des mouvements ? Quand on construit une galerie du patrimoine, le premier objectif est de rendre le lieu attractif, pour tous ceux qui travaillent à la manufacture mais aussi au public. Parmi les racines identitaires de la marque, la maîtrise du mouvement a travers ses 174 ans d’histoire est une évidence. C’est ce qui distingue Jaeger-LeCoultre des autres acteurs horlogers. Sur les mille mouvements conçus et réalisés par la manufacture, nous en possédons encore 700. Il est donc légitime d’exposer les plus beaux dans une vitrine qui réunit une collection unique de 300 calibres maison.

Jamais mouvement n’avait été exposé de cette manière, comme une œuvre monumentale d’art contemporain… La beauté du mouvement est l’essence même de Jaeger-LeCoultre, nous devions donc en donner une expression qui soit à sa mesure. Ce mur transparent, large de 5,4 mètres et haut de plus de 4,7 mètres, qui se déploie sur deux étages, contient la plus extraordinaire collection de mouvements horlogers jamais exposée. Entre passé et avenir, on constate que ces calibres ont une puissance esthétique suffisante pour que leur présentation hors boîte soit attractive. Et c’était le pari à relever. Chez Jaeger-LeCoultre, on aime à croire que la montre la plus aboutie techniquement n’est pas l’ennemie du beau, loin s’en faut. La Duomètre en est une magnifique expression. Avec un mouvement comportant 400 pièces, il s’agit certainement du chronographe le plus compliqué du marché en nombre de composants pour cette seule fonction. Pourtant son expression est la plus pure possible. Cela fait partie de la philosophie de la marque de savoir de combien de composants est fait un mouvement. ■

Voir également :
La Galerie du Patrimoine Jaeger-LeCoultre

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