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Baselworld et le SIHH, deux salons complémentaires

J’ai été à la fois touché et honoré par la requête de la direction du Journal de la Haute Horlogerie, qui m’a en effet demandé de tenir une chronique régulière sur le site Internet de la Fondation.

Gabriel Tortella

Les grands salons horlogers venant de se terminer, c’est donc par eux que j’inaugure cette nouvelle chronique. D’autant plus que l’immense travail en amont que constituent ces salons m’impressionne toujours autant. En effet, pour que les visiteurs, les clients et les journalistes soient reçus comme des rois, il faut des mois de préparation minutieuse et des fonds très importants pour créer des stands tous plus beaux les uns que les autres, des écrins extraordinaires destinés à mettre en valeur les plus belles créations horlogères. Chacun essaie ainsi de surprendre et d’éblouir ses hôtes. A Bâle, par exemple, Fawaz Gruosi a fait fort pour présenter la dernière création de de Grisogono, la montre « Meccanico DG » : il a carrément reconstitué un palais vénitien à l’intérieur d’une boîte futuriste tout en lumière. J’aimerais aussi, dans un tout autre registre, mentionner Bulgari qui, dans ses « catacombes » (il faut descendre un interminable escalier pour arriver à son exposition), a organisé la meilleure fourchette de Bâle en s’adjoignant les services d’un fameux cuisinier romain.

A Genève, où l’unité de l’exposition oblige les horlogers à encore plus de créativité à l’intérieur de leurs stands, où le confort commun est tel que la surenchère en matière de bien-être individuel ne semble pas avoir de limites, c’est incontestablement Cartier qui dominait l’ensemble. Que cela soit avec ses montres féminines, ses mouvements tourbillon, sa joaillerie et, surtout, par son stand dont le rouge et le noir mettaient en valeur chacune des pièces présentées. Je ne veux pas oublier non plus Roger Dubuis et le romantisme de ses mouvements squelettes en formes de cœurs.

Tant à Genève qu’à Bâle, tant chez les horlogers exposant à l’hôtel des Bergues qu’au WPHH (World Presentation of Haute Horlogerie) du groupe Franck Muller à Genthod, les stands mettent ainsi merveilleusement en valeur les nouvelles créations, les deux villes étant en outre parfaitement complémentaires. D’ailleurs, je pense sincèrement que la meilleure idée est celle d’avoir dissocié dans le temps les deux salons qui ne se feront ainsi plus une concurrence directe, chacun essayant de s’arracher les mêmes clients en même temps. Et surtout les mêmes journalistes.

Car les deux villes n’exposent pas seulement des montres mais aussi des magazines horlogers ou les suppléments spéciaux de quotidiens. Ils sont tous là, dans toutes les langues, venant de tous les pays, alignés par centaines, dans toutes les qualités de papier. Une profusion qui démontre, une fois de plus, l’engouement que suscitent les montres suisses dans le monde entier. Quant aux affaires, il semble qu’elles aient été florissantes, les commandes dépassant toutes les espérances. Mais les marques pourront-elles toutes les honorer ? Le manque d’horlogers étant aussi récurrent que le succès de leurs créations. La crise ne frappe donc pas tout le monde de la même façon ! ■

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