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Piaget déjà à l’étroit dans ses murs

A peine six ans après l’inauguration de sa manufacture à Plan-les Ouates, Piaget entame des travaux d’agrandissement qui permettront d’augmenter la surface existante de 10%. Des développements ultérieurs sont d’ores et déjà prévus, notamment pour les ateliers de production.

Christophe Roulet

« Sur ce site, trois tonnes d’or entrent chaque année dans les ateliers de production et environ 20’000 montres en sortent, dont à peu près 20% sont dotées de bracelets usinés sur place dans ce métal précieux. » Pour le chef de production de la manufacture Piaget, sis à Plan-les Ouates, cet afflux d’or qui franchi les portes des ateliers inaugurés en 2001 ne semble plus guère l’émouvoir. Et pour cause, cela fait plusieurs années que la Maison horlogère, qui se décrit volontiers comme un « sculpteur d’or », a décidé d’abandonner définitivement l’acier pour concentrer sa production exclusivement dans ce métal précieux et ses différentes variantes.

Dans les halles de production, où trônent une trentaine de machines CNC (décolleteuses, fraiseuses, polisseuses…), renouvelées chez Piaget au rythme des cinq ans, tout a ainsi été pensé pour récupérer la quasi-totalité de l’or en copeaux à chaque poste de travail, copeaux qui sont ensuite réexpédiés aux différents fondeurs, faisant office d’échange contre du métal approprié à la production horlogère. Au terme du processus, les pertes sont ainsi inférieures à 1% de la totalité de matière utilisée. Un résultat dont Piaget est pleinement satisfait, tout comme de ses ateliers de sertissage et de haute joaillerie, flanqués des postes de terminage, d’emboîtage et de montage faisant de la manufacture un outil industriel parfaitement intégré pour comprendre également les ateliers de la Côte-aux-Fées, spécialisés dans la fabrication des mouvements.

Une extension à 5,5 millions de francs

Pour Piaget, cette satisfaction ne se limite toutefois pas à son seul outil de production. Poussée par un succès que ne se démentit pas d’année en année, l’entreprise fondée en 1874 se trouve déjà à l’étroit dans ses murs, six ans à peine après les avoirs investis. « La construction originale de Plan-les-Ouates, conçue comme une « tête » de montre avec les parkings placés sous une couronne de béton et la manufacture elle-même positionnée comme l’axe des aiguilles sur une orientation Est-Ouest, ne permet en effet plus d’absorber l’augmentation des effectifs liée à notre croissance, expose Philippe Léopold-Metzger, directeur général de Piaget. Nous avons donc décidé d’agrandir nos surfaces disponibles des quelque 8’500 m2 actuels à un peu plus de 9’300 m2, soit une augmentation d’environ 10% qui seront essentiellement dédiés au développement produits, au marketing et à la formation. Tout a d’ailleurs déjà été prévu pour faire de même avec nos halles de production quand le besoin se fera sentir. »

L’entrée de la manufacture, conçue comme une passerelle, sera ainsi recouverte d’un pont doté de deux pilastres imposants, que viendra surmonter une « casquette » de grande portée prolongeant les nouveaux espaces. Les travaux, devisés à 5,5 millions de francs, ont été confiés à l’architecte Pierre Studer, auteur du projet original qui avait déjà nécessité 35 millions de francs d’investissements. « L’avantage de cette croissance rapide que connaît l’horlogerie actuellement, c’est qu’en l’espace de 2 à 3 ans, nous pouvons déjà réaliser les extensions souhaitées, se réjouit l’architecte. Raison pour laquelle, il est tout à fait possible de concevoir dès l’origine du projet quels sont les espaces qui pourront être mis à contribution pour les réaliser. » Actuellement, Piaget emploie 360 collaborateurs sur le site, auxquels s’ajoutent les 135 personnes actifs dans la fabrication de mouvements à la Côte-aux-Fées.

Le réseau de boutiques s’étoffe

L’extension de la manufacture genevoise de Piaget, qui devrait être terminée courant 2008, n’est toutefois pas le seul projet de la marque. La Maison poursuit en parallèle le développement de son réseau de boutiques en propre qui devrait en porter le nombre à 56 d’ici mars 2008. Au programme : Pékin, New Dehli, Bombay, Bakou, Abou Dhabi et Las Vegas, sans oublier le « vaisseau amiral » genevois en pleine phase d’agrandissement sur un étage supérieur. L’objectif est de poursuivre sur cette lancée au rythme d’une dizaine de nouveaux points de vente Piaget par année, susceptibles d’accueillir et de présenter dans des écrins dignes de la marque les quelque 200 nouvelles références horlogères et joaillières qu’elle ajoute à son catalogue chaque année.

Là ne s’arrête toutefois pas la démarche. Pour animer ses boutiques de par le monde, Piaget est en train d’étoffer sa collection privée, une démarché entamée il y a une quinzaine d’années et qui débouche aujourd’hui sur un patrimoine de quelque 700 pièces faisant partie de l’histoire d’une manufacture qui s’est largement illustrée grâce à ses mouvements extraplats (le 9P et le 12P notamment) et ses modèle de haute joaillerie. « Le but est de retracer les grandes phases de notre passé, comme par exemple la collaboration que Piaget a développée avec des artistes comme Erni, Picasso ou Warhol, ses réalisations dans la montre de poche ou les mouvements de manufacture, poursuit Philippe Léopold-Metzger. Cela nous permettra de monter des expositions thématiques que nous allons faire tourner dans les principales boutiques de notre réseau afin d’animer ces points de vente avec des pièces qui font réellement partie de notre ADN. » Pour Piaget, le passé a un fort goût d’avenir. ■

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