L’ouvrage de Fabrice Guéroux* se présente comme « le livre de référence des contrefaçons de montres ». Amateur depuis qu’il s’est laissé séduire par la Rolex Submariner de James Bond, l’auteur a mené sa propre enquête et il délivre un guide pratique pour discerner le vrai du faux.
Marie Leberre
Fabrice Guéroux part du constat que la contrefaçon des montres connaît une croissance galopante via Internet. Aujourd’hui, l’engouement pour les montres de luxe aidant, la plupart des marques connues sont copiées. Si certaines répliques restent faciles à identifier, il en est de plus en plus trompeuses et les faussaires sont prompts à renforcer l’illusion. « Il y a encore cinq ans, il était assez facile, pour un œil averti, de faire la différence entre une contrefaçon et une montre véritable. Aujourd’hui, il faut presque ouvrir la montre pour découvrir un mouvement ETA ou Valjoux à la place du mouvement original pour identifier une contrefaçon », précise l’auteur. On distingue cinq grades dans l’appréciation.
Vigilance de mise
Les modèles de grade 5 et 4, fabriqués en Chine ou à Taiwan, sont de qualité particulièrement mauvaise, munis de mouvements à quartz dans des boîtiers en alliages oxydables qui noircissent le poignet. Aux grades 3 et 2, on trouve des modèles automatiques, généralement munis de mouvements japonais Miyota peu fiables qui n’affichent pas la date. Côté habillage, elles pêchent notamment par la qualité médiocre du métal plaqué or ou du cuir.
Le grade 1 recouvre les modèles animés de mouvements suisses, en aucun cas fabriqués en Suisse et en aucun cas à 100% fidèles aux originaux. Ils vont jusqu’à porter les bons numéros de série sur les boîtiers, délivrés avec des certificats d’authenticité. Il devient difficile de les identifier sur photographies et il faut faire preuve d’une extrême vigilance à l’égard des propositions sur la toile. On distingue encore les montres « fabrication maison », des exemplaires de grade 1 améliorés, et les remarquables contrefaçons de pièces de collection qui font désormais leur apparition sur le marché.
Des raisons financières
Reste qu’il est toujours possible de faire la différence. Fabrice Guéroux relève que : « La raison est simple et d’ordre financier. Si un fabriquant voulait fabriquer une montre 100% identique, cela lui prendrait tout d’abord énormément de temps, énormément d’argent pour fabriquer les outils permettant d’y arriver et le prix de revient d’une montre avoisinerait au minimum 75% de sa valeur réelle. Il lui reste ensuite tout l’investissement de distribution et à la fin, 0 euro de bénéfice. » Rappelant que l’authenticité d’un mouvement est aisément vérifiable - il suffit d’ouvrir le boîtier pour que cela saute aux yeux de qui a un minimum de connaissances -, l’auteur fait le tour de tout ce qui, de l’extérieur, peut différencier une vraie d’une fausse montre. Démonstration par l’exemple avec la Rolex Submariner date, référence 16610, scrutée en détails.
Plus de vingt points de comparaisons sont abordés et illustrés. S’ensuit un développement sur le cas particulier des montres de collection où il est fortement déconseillé de procéder à un achat par correspondance. La mise en garde est basée sur le fait que ces montres sont sujettes à modifications au fil du temps et qu’il faut être capable de reconnaître l’ensemble des pièces détachées. S’il traite en majorité de montres Rolex, la marque la plus copiée au monde, le guide élargit son propos à Cartier et à Officine Panerai ainsi qu’à A. Lange & Söhne, Audemars Piguet, Breitling, Bulgari, Chopard, Corum, IWC ou Vacheron Constantin. Il présente divers modèles sous forme de tableaux comparatifs, sur doubles pages. Sans être exhaustif, il représente un outil très précieux pour les amateurs de belles montres soucieux de ne pas alimenter un marché frauduleux. Fabrice Guéroux entend bien participer à l’assainissement de la situation. Son message : « N’achetez pas de copies, offrez-vous une montre abordable, correspondant à votre budget et faites-vous plaisir avec cela. » ■
*Vraies et fausses montres - Le livre de référence des contrefaçons de montres, de Fabrice Guéroux.
Edition Argus Valentines, Luxembourg, 2006
www.argusvalentines.com
www.fabricegueroux.com
Les commentaires de cet article
- joseph flores
Oui bravo, à quand le livre, ou au moins un débat sur "Vrai ou fausse histoire…" merci joseph flores
20 décembre 2007
Oui bravo, à quand le livre, ou au moins un débat sur "Vrai ou fausse histoire…" merci joseph flores
Bonjour : le faux le plus extravaguant vu à ce jour : montre PatekPhilippe grand diamètre en acier à 2 cadrans dans l’axe horizontal , logo PP sous le 12h fond vitré avec vue sur 2 mouvements merdiques japon ou chine , automatiques…
Bien sûr reçue par le client médecin archi-mill. !
Pas eu la présence d’esprit de faire une photo , mais encore possible..
Re : « Vraies et fausses montres » - Daniel Châtelain
Bonjour : le faux le plus extravaguant vu à ce jour : montre PatekPhilippe grand diamètre en acier à 2 cadrans dans l’axe horizontal , logo PP sous le 12h fond vitré avec vue sur 2 mouvements merdiques japon ou chine , automatiques…
Bien sûr reçue par le client médecin archi-mill. !
Pas eu la présence d’esprit de faire une photo , mais encore possible..
20 décembre 2007