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10 montres qui ont fait l’histoire
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10 montres qui ont fait l’histoire

vendredi, 29 janvier 2016
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Vincent Daveau
Journaliste, horloger constructeur et historien diplômé

“Une heure de retard d’une jolie femme, c’est son quart d’heure d’avance. ”

Sacha Guitry

« La passion est le sel de la vie ! »

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18 min de lecture

L’histoire horlogère est émaillée de modèles qui ont écrit quelques-unes de ses plus belles pages. Pour des raisons techniques, voire scientifiques, pour leur esthétisme caractéristique, ces garde-temps sont devenus des icones incontournables. En voici dix d’entre eux. Tous racontent à leur tour une histoire.

Une montre avant Christiaan Huygens : oser l’heure comme un défi au divin

Anonymous pendant-watch made in Augsburg, Germany in the late 16th century

Ce modèle de montre-pendentif anonyme réalisé à Augsbourg en Allemagne à la fin du XVIe siècle provient de la collection du musée d’Horlogerie du Locle – Château des Monts. Cette référence animée par un mouvement doté d’un système primitif de régulation de la force motrice par Strackfreed, et non d’un système par chaîne-fusée, est un exemple parmi d’autres de ce qu’a été l’horlogerie portative à ses débuts. Objet fascinant de miniaturisation à une époque où les outils industriels manquaient pour produire des composants d’une taille réduite, cette montre raconte le premier siècle de l’histoire des garde-temps individuels. Une histoire fantastique où l’affichage de l’heure, pour le moins aléatoire, avait finalement moins d’importance que l’objet en lui-même. Cet instrument mono-aiguille rarissime, doté d’un cadran solaire et d’une boussole pour permettre une éventuelle remise à l’heure en cas d’arrêt inopiné, n’a pas été modifié à la suite de l’invention, en 1674, du ressort de balancier formé en spiral par le mathématicien Christiaan Huygens. Ainsi, comme toutes les montres jusqu’à la fin de xviie siècle, cette pièce avec échappement à roue de rencontre dispose toujours de son foliot à masselottes et de ses deux soies de porc destinées à imprimer une poussée inverse pour relancer l’embryon de balancier. La plupart des montres munies de ces échappements sommaires ont été modifiées après 1674 pour recevoir le fameux spiral permettant de faire un saut quantique en matière de précision qui a passé d’un écart quotidien d’une demi-heure à une minute.

© Musée d’Horlogerie du Locle – Château des Monts, Le Locle, Suisse

La montre de bord H4 de John Harrison : la quête de la précision

John Harrison H4 marine chronometer

John Harrison, ébéniste de son état et concepteur d’horloges monumentales en bois, a été envoyé par Edmond Halley auprès de son ami George Graham afin que ce dernier juge en toute impartialité du travail de cet autodidacte inconnu qui comptait relever le défi de la longitude avec ses créations horlogères. Celui que les érudits de l’époque prenaient pour un fou allait pourtant mettre au point la première pendule marine de l’histoire en 1755 et, quelques années plus tard, la H4, première montre de pont… Cette grosse pièce de la taille d’une montre de carrosse était tellement innovante et précise qu’elle laissait déjà présager l’hégémonie des mers pour le pays qui saurait en équiper sa flotte. Un enjeu de taille comme le démontre la visite de Ferdinand Berthoud en Angleterre en 1763 puis en 1766 pour obtenir des informations sur son fonctionnement au profit de la France. Si John Harrison congédia la concurrence, Thomas Mudge, élève de George Graham et l’inventeur de l’échappement à ancre après avoir étudié la H4, devait révéler au Français tous les détails de fabrication. En l’occurrence une montre avec un échappement à roue de rencontre qui, dans l’histoire horlogère, représente la première réalisation ayant démontré de façon irréfutable qu’il était possible de faire le point en mer grâce à un simple instrument de mesure du temps parfaitement réglé.

La Leroy 01 : en vouloir toujours plus

Leroy 01 pocket-watch presented at the Paris World’s Fair in 1900

Les horlogers ont toujours eu le chic pour compliquer ce qui pouvait être fait en toute simplicité. Pire même, à l’apogée de la révolution industrielle vers la fin du XIXe siècle, les élites montantes allaient se lancer dans une redoutable compétition. Pour les puissants de l’époque, les garde-temps à complications traditionnels ne pouvaient plus suffire. La montre, symbole de puissance depuis plus de quatre siècles, méritait de passer un nouveau cap en intégrant le maximum de complications connues dans un boîtier d’une taille pratiquement normale. La première à avoir ouvert les hostilités dans cette discipline est la Leroy 01, une montre de poche de 71 mm de diamètre présentée en 1900 lors de l’Exposition universelle de Paris. Dotée de 24 complications, elle en présentait de nombreuses inédites comme l’affichage de l’heure dans 125 villes du monde, un baromètre, un altimètre et des cartes célestes interchangeables. Cette merveille, couronnée du Grand Prix de l’Exposition, est restée jusqu’en 1989, année de présentation de la Calibre 89 de Patek Philippe, la pièce la plus compliquée au monde avec deux autres créations connues sous le nom de leurs commanditaires : les célèbres montres de poche Patek Philippe Graves et Packard réalisées au début du xxe siècle. Ces pièces sont aujourd’hui rejointes par la Star Caliber de Patek Philippe, voire dépassées par la Référence 57260 de Vacheron Constantin.

Rolex de l’Oyster à l’Oyster Perpetual : la légende

Rolex Oyster from 1927

Fondée en 1908 par Hans Wilsdorf, la maison Rolex s’est très tôt illustrée dans le petit monde de la montre-bracelet alors en plein essor en proposant des solutions simples et efficaces aux problèmes récurrents que sont la précision et l’étanchéité. Dès 1910, ce précurseur résolut, du moins partiellement, les difficultés liées à l’exactitude en faisant éprouver ses modèles en vue de l’obtention de bulletins de chronométrie. Restait le problème de la fiabilité des garde-temps en milieux hostiles. Si la Grande Guerre (1914-1918) faisait désormais partie du passé, non sans avoir généralisé le porter de la montre au poignet, elle avait mis en lumière les lacunes des produits existants en matière d’étanchéité aux poussières et à l’eau. Nombreux étaient les horlogers à travailler sur la question, mais c’est Hans Wilsdorf qui apporta la solution la plus convaincante en 1926 avec la première Oyster (« huître » en anglais). Cette montre, qu’il eut l’idée lumineuse de fixer au poignet de Mercedes Gleitze lors de sa traversée de la Manche à la nage, disposait en effet de la première couronne vissée. Rolex marquait un point en matière de notoriété dans l’univers de la montre sport chic. La Maison à la couronne devait confirmer cette position en développant un mouvement révolutionnaire capable de se remonter grâce aux seuls mouvements du porteur. Breveté en 1931, le mécanisme à remontage automatique par masse oscillante effectuant une rotation sur 360 degrés était né. Incontournables, ces deux développements techniques ont positionné Rolex au firmament des marques horlogères.

Omega Speedmaster : l’extra-terrestre

Omega Speedmaster

Le chronographe Speedmaster d’Omega, la légendaire Moonwatch, est né en 1957, en pleine « guerre froide ». Cette pièce, la seule montre-bracelet approuvée par la Nasa pour toutes ses missions, a eu comme géniteurs Pierre Moinat, directeur du département Création d’Omega, assisté du styliste Claude Baillod. Créée en acier avec un boîtier de 39 mm de diamètre, elle était dotée d’une lunette gravée d’une échelle tachymétrique et d’aiguilles « flèches ». Piloté par le robuste et précis calibre de chronographe manuel référencé 321 de chez Lémania, cet instrument est mis en test par la Nasa en 1962 pour évaluation avec 10 autres modèles de marques concurrentes. En 1963, il évolue sous la référence ST 105.012 et reçoit une carrure asymétrique (42 mm) destinée à protéger des chocs poussoirs et couronne. Homologué en 1965 comme montre de bord pour les missions spatiales habitées américaines, il est officiellement porté par Virgil I. Grissom et John Young, le 23 mars de cette même année, lors de la mission Gemini-Titan III. Les missions spatiales se poursuivront sans modification notable de la montre sinon le remplacement de son bracelet métallique par un lien en velcro. Une autre invention helvétique. En 1966, la mention « Professional » intervient sur le cadran. Le chrono prend alors la référence ST 145.012. L’exploitation intensive par la Nasa de cette Speedmaster impose en 1968 certaines rectifications : le calibre Lemania 321 à roue à colonnes est alors remplacé par le calibre Lémania à coulisse (ou navette) connu sous la référence 861 (aujourd’hui référencé sans changements d’importance pour les versions traditionnelles par le numéro 1861). Ainsi équipé, le chrono Speedmaster prend la référence ST 145.022. Depuis cette date, le modèle a poursuivi son histoire avec quelques remaniements, comme l’introduction de finitions différentes et de la glace saphir, mais sans transformations profondes. On ne remet pas en cause un mythe venu de l’espace.

Zenith El Primero 1969 : c’est automatique

Zenith El Primero from 1969

La manufacture Zenith, fondée en 1865 par Georges Favre-Jacot au Locle, petite ville industrielle du Jura suisse, fêtait en 2015 son 150e anniversaire. Réputée pour la précision de ses instruments avec ses 2 333 prix, cette société florissante aux 300 brevets et 600 déclinaisons de calibre devait lancer le fameux El Primero en 1969 : le premier mouvement de chronographe mécanique à remontage automatique par rotor central agissant dans les deux sens et sur 360 degrés. Autre particularité assez rare de ce calibre de 13 lignes ¼ : son groupe de régulation vibre à 5 Hertz (36’000 alternances/heure), soit une fréquence suffisamment haute pour garantir une précision élevée en toute situation et la mesure des temps courts au 1/10 de seconde. Fiable et visuellement réussi, il va équiper un certain nombre de références jusqu’à la crise du quartz. Dans les années 1990, il va refaire surface grâce, dit-on, à certains employés, dont Jacky Vermot, qui ont eu la sagesse de préserver une partie de l’outil industriel. Cette légende fait également la part belle aux Maisons amies comme Ebel ou même Rolex, qui, en achetant les calibres historiques de Zenith, ont permis à la maison du Locle de se remettre à flot, voire de proposer des gammes aujourd’hui plébiscitées par les collectionneurs comme Chronomaster, Rainbow, DeLuca… Rachetée par LVMH en 2000, aujourd’hui associée au Tour Auto, partenaire de Félix Baumgartner et de Spindrift Racing, la manufacture poursuit la saga El Primero. On retiendra comme le plus emblématique et le plus intemporel des instruments en catalogue le chronographe El Primero Chronomaster 1969, incarnation parfaite de l’esprit de synthèse qui faisait la force du fondateur.

Seiko Astron : au commencement était la précision absolue

Seiko Astron

Il faut se méfier, car chez Seiko plusieurs produits portent le nom d’Astron. Cela peut induire en erreur tout amateur qui ne connaîtrait pas bien l’histoire de la marque. Ainsi, le modèle qui nous intéresse n’est pas, comme on pourrait le croire, la nouvelle déclinaison à quartz et énergie solaire pilotée par un GPS pour une mise à l’heure automatique du fuseau dans lequel se trouve le porteur. Non, il s’agit en fait de la première montre analogique « motorisée » par un calibre à quartz et proposée à la vente fin décembre 1969. À cette époque, on ne l’oublie que trop, le quartz, sorte d’aboutissement pour les horlogers en quête de la perfection horaire, n’était pas découpé au plasma ni formé de façon automatique par des machines, mais taillé à la main individuellement, sous microscope. Les prix étaient en conséquence équivalents à ceux d’une petite voiture de l’époque. Ce n’est donc pas cette montre qui a mis à mal l’industrie horlogère suisse. Et ce n’est pas davantage cette date qui marque le début de crise horlogère. Cette dernière a commencé quelque dix ans plus tard, quand les géants de l’électronique se sont emparés du LCD (Liquid Crystal Display) pour réaliser des instruments bon marché répondant aux envies de l’époque. Le métier horloger n’eut alors d’autre choix que de se recomposer pour proposer des produits sans doute moins utiles car imprécis mais plus identitaires.

Audemars Piguet Royal Oak : quand le design fait loi

Audemars Piguet Royal Oak from 1972

Fondée en 1875 et spécialisée dans la production de montres à complications, la manufacture Audemars Piguet, implantée au Brassus, dans la Vallée de Joux, devait faire appel, à l’aube des « Seventies », à Gérald Genta, jeune designer horloger. Sa mission : concocter une montre de luxe appelée par son design futuriste à répondre aux attentes d’une jeunesse en « révolte ». Dès les premières esquisses, la marque a réagi positivement à ses propositions iconoclastes de montre octogonale ni vraiment ronde, ni totalement géométrique. Coup médiatique avant la lettre, ce garde-temps au dessin original et au prix élevé – une montre en acier au prix de l’or – s’est rapidement imposé dans la jet-set comme une référence du luxe horloger contemporain. Même la crise horlogère n’a pas réussi à écorner le mythe naissant d’une Royal Oak devenue stratégique pour la marque. Un mythe d’ailleurs savamment entretenu 20 ans plus tard par le lancement de la ligne Royal Oak Offshore. Typée encore plus sport, cette gamme s’associait à Alinghi en 2003, le Défi suisse engagé dans l’America’s Cup qui a réalisé un doublé historique en 2003 et 2007 contribuant à l’image d’excellence d’un modèle horloger qui a fêté ses 40 ans d’existence en 2012. Aujourd’hui comme hier, cette maison, qui est toujours aux mains de ses familles fondatrices et dispose de sa propre entité de recherche et développement avec Audemars Piguet & Renaud et Papi, assure aux amateurs des instruments de mesure du temps de qualité qui s’inspirent du passé pour mieux intégrer les technologies actuelles d’avant-garde.

Swatch : l’âge de raison

Swatch GN701 from 1982

En 2016, la Swtach aura 33 ans. Un âge canonique en somme mais remarquable pour une montre qui est arrivée comme le Messie en 1983. Mais pour être comprise, cette création a en effet besoin de son contexte. De 1977 à 1983, la valeur des exportations horlogères suisses avait baissé de moitié et la part des montres helvétiques passé de 43 % à moins de 15 % sur le plan mondial. Résultat : l’industrie horlogère suisse a vu ses effectifs fondre de 90 000 personnes à moins de 40 000 dans le même laps de temps. La Swatch – contraction de « Swiss » et « watch » –  est arrivée fort à propos. Dessinée par Marlyse Schmid et Bernard Muller, cette montre en plastique a triomphé grâce au génie marketing de Nicolas G. Hayek. Ce dernier avait bien senti tout le potentiel des premiers prototypes mis au point par deux chercheurs de talent, Elmar Mock et Jacques Muller. En 1981, le nom de la marque est déposé. Un an plus tard, l’aventure démarre avec le lancement aux États-Unis de la première génération de Swatch, une montre amusante avec un design classique ne pesant que 20 grammes et étanche jusqu’à 30 mètres. L’instrument en plastique ne semble fait que d’une seule pièce. En réalité, le verre en plexiglas est soudé par ultrason au boîtier injecté en plastique à haute résistance. Le mouvement à quartz, comptant dans les premières séries un total de 51 pièces, est directement intégré au fond de la carrure et donc parfaitement indémontable. Les nombreuses déclinaisons, le prix raisonnable et la robustesse de modèles signés Swiss made ont fait merveille. D’autant que les années 1980, propices à la consommation, ont mis en avant ces produits manufacturés d’une typologie suffisamment forte pour en faire des « collectors ». L’engouement pour cette montre, toujours d’actualité, est un modèle marketing à méditer…

Piaget Emperador Coussin XL 700P : le futur est en marche

Piaget Emperador Coussin XL 700P

Pour fêter les 40 ans de son premier mouvement à quartz réalisé en 1976, les ateliers Piaget situés à la Côte-aux-Fées présentent l’Emperador Coussin XL 700P. Cette pièce au dessin traditionnel ne l’est pourtant absolument pas puisqu’elle emporte un calibre original faisant appel au meilleur des deux mondes, mécanique et électronique. En d’autres termes, cette référence produite à 118 exemplaires dispose d’un « cœur » hybride. Celui-ci se compose d’un mécanisme classique pour la force motrice (barillet, ressort de barillet et train primaire de rouage) et d’un organe de régulation de nouvelle génération qui remplace le classique échappement à ancre suisse. Ainsi, le mouvement de la nouvelle Emperador Coussin XL 700P repose sur un principe déposé en suisse en 1972 par Jean-Claude Berney sous le numéro de brevet CH 597 636 (Partiel). On retiendra que cette architecture horlogère, très proche du mécanisme baptisé « Spring Drive » par Seiko et présenté officiellement en 2005 à Baselworld, fait appel à un dispositif qui, par le biais d’un train de rouage classique, entraîne une génératrice. La vitesse de rotation de 5,33 tours par seconde de cette dernière est régulée par un circuit à quartz (32 768 Hz) via un système d’électroaimant agissant sur l’arbre de la génératrice comme le fait un frein magnétique de camion sur l’arbre de transmission. Ce mouvement original permet ainsi de combiner deux technologies qui, réunies, lui garantissent une performance et une précision pratiquement égales à celles du quartz. On remarquera également que ce mode de construction est tout à fait compatible avec les complications traditionnelles.

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