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À la table d’Ulysse
Points de vue

À la table d’Ulysse

jeudi, 20 décembre 2018
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Franco Cologni
Président du Comité Culturel de la FHH

“Le talent nécessite toujours de l’effort, de l’engagement, des heures passées à perfectionner un geste qui devient, jour après jour, un don.”

Entrepreneur dans l’âme, Franco Cologni, pourtant homme de lettres, s’est rapidement lancé dans les affaires pour devenir un personnage clé du groupe Richemont.

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4 min de lecture

Cet épisode de l’Odyssée n’est pas sans évoquer, dans mon esprit, certaines similitudes avec ce que nous vivions à Genève depuis bien des lustres au moment du Salon International de la Haute Horlogerie. Là également, une foule de prétendants convergent vers la cité de Calvin pour s’asseoir à la table d’Ulysse. Et leurs rangs ne cessent de grossir au fil des ans. Si l’on pouvait encore les compter sur les doigts de la main il y a une dizaine d’années, plus rien de tel aujourd’hui. Les Maisons horlogères qui se greffent sur le SIHH pour en détourner le flux de visiteurs à leur profit sont légion, avec une occupation de tous les espaces disponibles à la clé. Et dans ce registre tout y passe, des bateaux de la compagnie locale de navigation aux suites des hôtels de la place, en passant par les surfaces d’exposition investies pour y organiser des salons parallèles.

On l’aura compris, à l’image des richesses d’Ithaque, patrie d’Ulysse, qui attirent les prétendants comme un pot de miel, c’est la présence d’un salon professionnel de classe mondiale qui amène les horlogers à planter leurs tentes à proximité et à s’inviter à la fête sans y avoir été conviés. Pourquoi se priverait-on de faire ripaille lorsque la nourriture est aussi savoureuse qu’abondante et si généreusement posée sur des plateaux ? Pourquoi se priverait-on, en sachant qu’aucun Ulysse ne viendra cette fois perturber le festin et menacer l’existence même des parasites qui pillent ses biens ? On pourra toujours se consoler en se disant qu’il s’agit là de la rançon du succès. Une potion amère peut-être, mais liée à une indéniable réussite, celle d’un salon qui s’est imposé au fil de ses bientôt 29 éditions comme une référence non seulement dans l’industrie horlogère mais plus généralement dans le monde du luxe.

Il n’en reste pas moins que la présence de cette offre concurrente, pour rester en termes courtois, se conçoit d’autant moins que les Maisons horlogères ont suffisamment d’idées et de moyens pour ne pas jouer le rôle de ces écornifleurs qui se remplissent la panse à moindres frais. En prenant Genève d’assaut, ce sont les remparts de leur dignité qui tombent. Une notion chère aux anciens, cette dignitas qui, ma foi, a tendance à céder aux coups de boutoir de la rentabilité. Cette année toutefois, les Barton 7, Swiss Independant Watchmaking Pavillon et autre World Presentation of Haute Horlogerie, réunissant à eux seuls une bonne vingtaine de marques, risquent de rester sur leur faim. Avec un SIHH condensé sur quatre jours, soit un programme très chargé en raison du nombre record d’exposants, complété d’un espace LAB dévolu à la R&D horlogère, sans oublier l’auditorium et son cycle d’une quarantaine de conférences et présentations, il est fort probable que tous ceux qui se précipitent à la table d’Ulysse n’auront cette fois plus que des miettes !

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