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Améliorer la précision, la raison d’être de...
Points de vue

Améliorer la précision, la raison d’être de l’horloger

vendredi, 19 décembre 2008
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Marie Le Berre
Rédactrice indépendante

“Comment le temps fait-il pour tourner rond dans des horloges carrées ?”

Quino

« Porter à la connaissance du plus grand nombre des informations qui relèvent d’un secteur par trop méconnu. Vulgariser, au sens propre du terme. »

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5 min de lecture

Giulio Papi nous rappelle que l’horlogerie est avant tout une histoire d’horloges, d’instruments conçus pour donner l’heure avec une précision croissante.

Elle commence avec le cadran solaire auquel on a suppléé des appareils fonctionnant par temps couvert et de nuit, clepsydres et sabliers notamment, et elle se poursuit avec les générateurs de fréquences mécaniques, à quartz puis atomiques. Ils sont nés de la nécessité d’organiser la vie sociale et ils ont engendré des progrès considérables : navigation maritime, ferroviaire et aérienne, ordinateurs, GPS, téléphonie mobile, etc. Avec Giulio Papi, on plonge dans un univers résolument technique et évolutif, hors du mythe de la mesure du temps.

Une culture de chronométrie

«L’horloger ne mesure rien et surtout pas le temps qui n’a pas de réalité physique. Il ne mesure pas plus les durées conventionnelles qui rythment la vie, il les reproduit de manière synthétique dans des montres qui se doivent d’être de plus en plus précises.» Dans ce contexte, l’homme est particulièrement fasciné par la mécanique. «Il y a une part de rêve dans la mécanique. C’est sans doute pourquoi elle a survécu à l’arrivée du quartz.» Cependant, ce qui l’intéresse, c’est moins de la conserver que de la faire évoluer. De l’histoire de l’horlogerie, il retient les principes fondateurs et les raisonnements qui en découlent. «Il m’importe peu de savoir qui a fait quoi, je préfère comprendre le pourquoi du comment. C’est fondamental pour éviter les erreurs et avancer.»

Ensuite, il y a la culture du travail bien fait.
Giulio Papi

Pour Giulio Papi, «la culture horlogère est en premier lieu une culture de la chronométrie. La raison d’être de l’horloger, c’est de chercher à améliorer la précision des mouvements. Si l’on choisit d’avoir recours à des systèmes spécifiquement conçus à cet effet comme le tourbillon, le remontoir d’égalité ou la force constante, il faut qu’il y ait une différence significative dans les résultats. Quand on développe des complications, elles sont généralement pilotées par le mouvement de base et sa précision de marche conditionne l’ensemble des performances. Ensuite, il y a la culture du travail bien fait. Cela passe par la recherche du confort d’utilisation et la réduction des risques de panne autant que par le choix des matériaux, le façonnage et les finitions. Le haut de gamme se mesure à la qualité d’exécution de chaque composant et à la quantité de travail nécessaire pour y parvenir. Enfin, je ne serais pas passionné d’horlogerie mécanique si elle était fermée à l’innovation. J’ai une tendance naturelle à remettre en question les codes traditionnels, je crois que les produits de la manufacture le prouvent, à condition bien sûr de ne pas nuire à la performance technique.

Indispensable passion dans le haut de gamme

Et l’horloger de poursuivre : «Je suis également attaché à l’idée qu’une montre doit fonctionner longtemps et que l’on doit pouvoir constamment restaurer un mouvement. C’est pourquoi, ici, les matériaux nouveaux sont destinés aux seuls composants statiques, ponts et platines. Les éléments fonctionnels, sujets aux frottements, sont encore en laiton ou en acier car il n’est pas sûr que les technologies modernes perdurent. On trouvera toujours du laiton ou de l’acier et on pourra les travailler avec des outils de mécanicien traditionnels. Il n’en va pas de même des matériaux high-tech et des machines qui les produisent. Concernant les décorations, je ne perds pas de vue leur utilité. Les rugosités des Côtes de Genève et du perlage sont de judicieux pièges à poussière quand le polissage protège de la corrosion. Allier ainsi technique et esthétique, c’est tout simplement génial. Créer des décors contemporains implique de faire aussi bien si ce n’est mieux. Entre purisme et anticonformisme, reste que les choix se font naturellement dans le respect de l’identité du client.»

Pour communiquer sa culture, Giulio Papi s’en remet à l’attraction exercée par les produits de la manufacture et aux passions qu’ils suscitent. «S’il n’est pas nécessaire d’être passionné pour faire de l’horlogerie, il en faut une certaine dose pour travailler dans le haut de gamme. Il faut être tout à ce que l’on fait, se concentrer, réfléchir, anticiper… C’est dans la passion que l’on trouve le courage et l’énergie de recommencer autant que nécessaire pour atteindre son but. Sans passion, on renonce très vite. Pour autant, je cherche à faciliter le travail de chacun en impliquant tous les corps de métiers dès le début du processus de création. Ils participent à la définition des méthodes qui conviennent. Il n’est pas question de leur compliquer la vie !»

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