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Après Hong Kong, la Chine plombe l’horlogerie
Economie

Après Hong Kong, la Chine plombe l’horlogerie

lundi, 10 février 2020
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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4 min de lecture

La crise du coronavirus risque de peser lourd dans les comptes des horlogers, en sachant que la frénésie d’achat du Nouvel An chinois n’a pas eu lieu. Et comme l’Asie, hors Moyen-Orient, représente 44 % des exportations suisses de la branche, l’année s’annonce d’ores et déjà chaotique.

D’une crise sanitaire à l’autre, le scénario semble se répéter… en pire. Avec plus de 20’000 personnes infectées en Chine et près de 500 morts enregistrés tout début février, le bilan du coronavirus 2019-nCoV est déjà plus lourd que celui du Sras de 2003. Et si le gouvernement chinois a cette fois pris plus rapidement les mesures de confinement qui s’imposaient, après avoir mis près d’un mois à reconnaître l’ampleur du problème, l’inquiétude ne cesse d’augmenter et, avec elle, l’isolement du pays, l’effondrement de la consommation intérieure et la mise en veilleuse de ses capacités industrielles. Rien de bon pour l’économie chinoise, en d’autres termes, et certainement pas pour la conjoncture internationale. Au point que le gouvernement s’est senti obligé d’annoncer l’injection de quelque 170 milliards de dollars pour tenter d’endiguer la crise. Car crise il y aura, qui va probablement amputer la croissance annuelle chinoise de 100 à 200 points de base. Déjà que l’empire du Milieu sort d’une année 2019 plutôt morose avec une hausse de 6,1 % de son PIB, sa plus faible performance économique de ces 30 dernières années, notamment en raison de la guerre commerciale avec les États-Unis.

L’économie hongkongaise est entrée en récession en 2019 avec un recul de 1,2 % de son PIB.

Pour les horlogers, ce ne sont évidemment pas de bonnes nouvelles. Et l’on vient d’en avoir la confirmation avec l’annulation faite par le Swatch Group de son événement prévu à Zurich début mars pour la présentation des nouveautés de ses marques de prestige. Les résultats du premier horloger mondial pour l’année 2019, symptomatiques pour l’ensemble de la branche étant donné sa présence sur tous les segments de marché, avaient déjà donné le ton. Avec un recul de près de 3 % de son chiffre d’affaires à CHF 8,2 milliards pour un bénéfice opérationnel en forte baisse de 11,5 % à CHF 1,02 milliard, Swatch Group a subi de plein fouet la chute de Hong Kong, premier marché d’exportation pour les horlogers helvétiques. Les statistiques montrent sans équivoque les effets de l’agitation démocratique qui secoue cette région administrative spéciale chinoise depuis plus de six mois, avec un recul des expéditions de montres suisses de 11,4 % sur l’ensemble de l’année 2019 avec un pic à – 30 % en octobre. Plus globalement, l’économie hongkongaise est entrée en récession en 2019, synonyme d’une contraction de son PIB de 1,2 %.

Quels relais de croissance ?

Qu’à cela ne tienne, en regardant la formidable marche en avant du marché continental chinois, les horlogers pouvaient certainement y trouver quelque réconfort. D’autant qu’en décembre les exportations vers la Chine ont encore enregistré une hausse de 49 % (!), portant la progression annuelle à 16 %. Seul le Japon a fait mieux en 2019 avec un bond de 20 %, suivi par Singapour (+ 15 %). Cette situation en dit suffisamment long sur les problèmes que représente la propagation du coronavirus dans les régions asiatiques.

La Chine caracole désormais au troisième rang des marchés d’exportation horlogers.

En 2003, au pire de la crise du Sras qui avait hanté Baselworld, les horlogers suisses ont connu une baisse de 4,4 % de leurs expéditions de montres à l’étranger à CHF 10,2 milliards. Mais la Chine n’occupait pas la place qui lui revient aujourd’hui, pointant alors au 11e rang avec CHF 197 millions ou 1,9 % des exportations totales. Depuis, les chiffres ont pris l’ascenseur et la Chine caracole désormais au troisième rang pour avoir absorbé l’équivalent de CHF 2 milliards de montres suisses en 2019 ou 9,2 % du total. Avec les pays voisins, les marchés asiatiques hors Moyen-Orient entrent aujourd’hui pour 44 % dans les comptes du commerce extérieur horloger suisse.

Dans ces conditions, il n’est pas difficile d’anticiper les répercussions de la crise sanitaire sur les ventes de montres dans des pays où les consommateurs sont aux abonnés absents. Jusqu’ici, le segment du luxe avait très bien résisté, notamment au trou d’air de Hong Kong, comme l’ont encore confirmé les résultats de LVMH ou de Richemont. En sera-t-il encore ainsi dans les mois à venir ? La réponse, du moins partiellement, est aux scientifiques.

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