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Atomiques ou solaires, les mécaniques spectaculaires du SIHH
SIHH

Atomiques ou solaires, les mécaniques spectaculaires du SIHH

mercredi, 6 février 2019
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Yannick Nardin
Rédactrice indépendante

“Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles, mais par manque d’émerveillement.”

Gilbert Keith Chesterton

« Une montre c’est une fenêtre sur le génie humain ! » Et si tout n’avait pas été dit ?

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6 min de lecture

« Unité de sécurité 1 appelle Unité 2. Atomes de rubidium repérés, près de l’AMC d’Urwerk. En phase d’approche. Do you copy? » « Copy. Vérifiez leurs intentions. Sommes sur la trace d’un détournement d’énergie solaire, chez Ressence, modèle Type 2. »

« Avons interrogé Félix Baumgartner, horloger cofondateur d’Urwerk. Ses intentions sont pures. L’oscillateur aux ions de rubidium garantit 317 ans de précision chronométrique, à 1 seconde près. » « Entendu. Ressence aussi blanchi. Énergie lumineuse utilisée en petite quantité pour alimenter une couronne intelligente sur la Type 2. Évacuation annulée. Dispersez-vous. » Vous l’aurez compris grâce à ce petit scénario (fictif bien sûr !) : Urwerk et Ressence se distinguent cette année par des mécanismes fonctionnant grâce à des énergies rares – voire inédites – en Haute Horlogerie. La première tire parti de l’énergie atomique ; la seconde de la lumière du soleil.

AMC et Type 2 partagent de plus une caractéristique extraordinaire : se régler toutes seules. Pourquoi extraordinaire ? Car, en horlogerie mécanique, le réglage d’une montre est toujours affaire d’horloger. De ses doigts de fée, celui-ci modifie la longueur du ressort de balancier, en intervenant sur un composant appelé une « raquette ». Mais l’AMC et la Type 2, des montres pourtant mécaniques, sont capables de rester à l’heure, sans horloger ni connection satellite ou radio. Au-to-nomes, on vous dit !

Une mère toujours à l’heure

Pour la création de l’AMC, Félix Baumgartner s’est inspiré de la pendule sympathique inventée par Abraham-Louis Breguet en 1795. Le système comprend une pendule mère – avec l’heure de référence – qui règle mécaniquement la montre de poche associée à minuit. Transposée au XXIe siècle dans l’univers d’Urwerk, la pendule de base s’appelle Monolithe et devient atomique. Sa précision due au rubidium excède ainsi de très loin celle offerte par un oscillateur à quartz – avec au maximum 1 seconde d’écart en 317 ans, contre 1 à 2 secondes par jour.

Calibre de l'AMC © Urwerk
Calibre de l'AMC © Urwerk

Si les pendules atomiques existent déjà depuis la moitié du XXe siècle, c’est la première fois qu’un horloger l’utilise comme référence – couplée à un programme informatique – pour le remontage, le réglage et la régulation d’une montre-bracelet mécanique. À minuit moins quelques secondes, un bouton vérifie l’exactitude de la seconde de l’AMC et la corrige si besoin. Puis, à minuit, un second bouton met à zéro l’heure et la minute. Enfin, un « arbre » remonte la couronne. Comme l’explique la Maison, « cette opération permet de détecter un écart positif ou négatif entre l’indication des secondes de la montre-bracelet et la pendule atomique de très haute précision. Les informations et les corrections sont ainsi transmises et mises en œuvre via cette ingénieuse solution mécanique ». Une fois celle-ci connectée à la base, le programme informatique transmet les informations nécessaires à la régulation, effectuée avec la même délicatesse qu’un horloger. D’abord un peu chaque jour, puis tous les trois jours, enfin une fois par semaine. Ainsi, la précision de la montre-bracelet se calibre petit à petit selon le mode de vie du porteur.

Base Monolithe et montre bracelet AMC © Urwerk
Base Monolithe et montre bracelet AMC © Urwerk

Adepte du multi-tasking maternel, Monolithe permet même d’améliorer la précision de l’AMC. Explication d’Urwerk : « En ancrant la montre-bracelet à sa base, il devient possible non seulement de corriger sa précision mais aussi d’ajuster son mécanisme interne pour l’augmenter. Lorsqu’ils sont effectués avec régularité, ces micro-réglages ont sur le cœur du mouvement mécanique un effet similaire à celui d’un stimulateur cardiaque. Au fil du temps, ses performances chronométriques se confondent avec celles de la pendule atomique. L’oscillateur mécanique n’est pas parfait – peut-être ne le sera-t-il jamais –, mais, couplé à sa référence atomique, il a la capacité de s’autoperfectionner ! » Jeune fille émancipée, la montre-bracelet AMC peut aussi couper le cordon avec Monolithe (35 kg sur la balance), grâce à 80 heures de réserve de marche, ainsi qu’un remontage manuel via la couronne. Urwerk ne réalisera que trois exemplaires de ce couple mère-fille horloger, dont un déjà vendu.

Tap, tap, il est l’heure !

Souffler des cœurs sur Instagram, cliquer sur le trackpad d’un ordinateur ou encore réveiller un smartphone : le « double tap » fait partie de notre quotidien connecté. Ressence tire parti de ce geste devenu intuitif pour créer une interaction nouvelle entre l’utilisateur et sa montre. La marque belge associe le calibre mécanique automatique de la Type 2 à un système de couronne électronique intelligente, l’e-Crown, développé en interne et breveté.

Type 2 © Ressence
Type 2 © Ressence

L’impressionnant QI de la Type 2 provient en grande partie d’un accéléromètre, capable de comprendre les mouvements. Si vous bougez ou tapotez la glace, le système s’active. Comme un bâillement pour manifester son réveil, le disque des minutes effectue alors une petite rotation d’avant en arrière. Un autre tap, et vous sélectionnez la fonction : fuseau 1, fuseau 2, App ou e-Crown off. Le réglage de l’heure se réalise grâce à un levier sur le fond de la montre ou alors via une application smartphone dédiée, à connexion Bluetooth. L’heure de référence est ensuite stockée digitalement dans la montre. L’accéléromètre détecte aussi une immobilité de plus de 12 heures (en théorie largement plus qu’une nuit lambda !). Alors, l’e-Crown arrête mécaniquement le barillet pour économiser l’énergie du calibre. Un « double tap » remettra le mouvement en marche avec mise à l’heure automatique.

Enfin, pour une autonomie complète, le dispositif de l’e-Crown puise son énergie de la lumière. Dix microvolets de cellules photovoltaïques, dont certains sous le cadran, captent la lumière extérieure – suffisante pour une utilisation « normale ». Lors de démonstrations en cascade pour épater la galerie, une petite lampe adaptée permet une recharge express. Et en cas de doute sur l’état de la charge, l’application en indique le niveau.

Volets photovoltaïques de l'e-Crown © Ressence
Volets photovoltaïques de l'e-Crown © Ressence

Alors, pour quelle énergie votre poignet penche-t-il ? Pour celle qui fait boum ou pour celle qui fait bronzer ?

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