>

Restez informés

Inscrivez-vous à notre newsletter mensuelle pour recevoir des infos et tendances exclusives

Suivez-nous sur toutes nos plateformes

Pour encore plus d'actualités, de tendances et d'inspiration

© 2017 - Copyright Fondation de la Haute Horlogerie Tous droits réservés

Au chevet des trésors du passé
Points de vue

Au chevet des trésors du passé

mardi, 04 octobre 2016
Par Christine Lacourt
Fermer
Editor Image
Christine Lacourt

Sed ut perspiciatis unde omnis iste natus error sit voluptatem

Lire plus

CLOSE
5 min de lecture

Aurélie Branchini et Masaki Kanazawa sont tous deux restaurateurs d’horlogerie ancienne au Musée international d’Horlogerie de La Chaux-de-Fonds, sous la houlette de Daniel Curtit. Rencontre.

Après son Certificat fédéral de capacité (CFC) d’horlogère dans le domaine du rhabillage obtenu à l’École technique de la Vallée de Joux (ETVJ), Aurélie Branchini a poursuivi son cursus pour décrocher un diplôme de technicienne ES en microtechniques spécialisée en restauration et complications horlogères. Quant à Masaki Kanazawa, après le lycée technique de Tochigi au Japon, il commence une formation d’horloger rhabilleur à l’École technique du Locle, formation complétée par un diplôme de même spécialisation qu’Aurélie Branchini.

Quels ont été les débuts de votre vie professionnelle ?

Masaki Kanazawa : En tant que technicien en microtechnique spécialisé en restauration et complications horlogères fraîchement diplômé, je suis entré au Centre de restauration en horlogerie ancienne du MIH pour effectuer mon stage. Pendant ces six mois, j’ai effectué des restaurations d’horloges et de pendules anciennes pour l’exposition permanente du Musée.
Aurélie Branchini : Pour ma part, j’ai rejoint le Centre de restauration en horlogerie ancienne du MIH en 2009, où j’ai également effectué mon stage.

MIH
Horloge de parquet anglaise à temps géographique et calendrier astronomique signée Henry Jenkins, Cheapside, London – Détail du cadran © Musée international d’Horlogerie, La Chaux-de-Fonds
Après ce stage de six mois, un beau projet vous attendait !

AB : En effet, le Centre m’a confié la restauration d’une horloge de parquet à temps géographique, sonnerie des heures et indications astronomiques. Cette horloge, construite par Henry Jenkins à Londres vers 1770-1780, nous offre la possibilité de connaître l’heure sur tout l’hémisphère Nord, grâce à sa carte géographique. La restauration de cette horloge a pris six mois.
MK : Pour ma part, après mon stage, j’ai eu la chance de pouvoir rejoindre les ateliers de Vincent Bérard, où je suis resté plusieurs années. Par la suite, j’ai aussi travaillé avec Kari Voutilainen. En 2012, je suis retourné au Centre de restauration du MIH, où je m’occupe plus particulièrement des montres de poche.
AB : Après ma première année passée au MIH, j’y suis restée pour enchaîner sur d’autres projets. Le travail le plus spectaculaire a été la restauration d’une paire d’éléphants à automates. Ces deux objets attribués à James Cox datent du XVIIIe siècle. La restauration a nécessité mille heures de travail, que nous nous sommes partagées entre le restaurateur Daniel Curtit et moi-même.

MIH
Masaki Kanazawa © Musée international d’Horlogerie, La Chaux-de-Fonds
Au moment où vous vous préparez à exécuter un tel travail, quelles sont vos premières démarches ?

AB : En premier, nous évaluons l’objet à restaurer par son aspect visuel général, avant de chercher la date de fabrication ou la signature de l’horloger qui l’a construit. S’ensuit une séance de photos qui complète cette première approche. Ensuite, nous évaluons le nombre d’heures de travail à effectuer. Un travail qui peut éventuellement impliquer un restaurateur d’art ou un doreur à qui l’horloger peut faire appel. La restauration d’horloges anciennes nécessite souvent la rénovation du cabinet, du cadran, voire d’autres éléments.

Quand vous travaillez sur des pièces exceptionnelles, vous arrive-t-il de trouver des dessins ou des plans de construction qui s’y rapportent ?

Daniel Curtit : Il nous arrive rarement de trouver des dessins. Parfois, nous trouvons des schémas. Nous pouvons en revanche souvent nous baser sur des descriptions détaillées de construction faites par les horlogers eux-mêmes. Un maître comme Breguet faisait par exemple établir des plans de construction dans ses ateliers. Mais la chose est rare. Quand nous démontons une pièce, nous établissons des schémas et, quelques fois, nous faisons des esquisses pour garantir le remontage correct de la pièce.

MIH
Pistolet lance-parfum à musique, anonyme, vers 1810, Genève © Musée international d’Horlogerie, La Chaux-de-Fonds
Sur quel objet avez-vous travaillé récemment ?

AB : J’ai travaillé sur un pistolet lance-parfum à musique daté approximativement de 1810 et qui fait partie des collections du MIH depuis 1965. Un premier examen de son état de conservation a démontré qu’aucune restauration n’avait été faite depuis son acquisition. Nous avons alors entrepris la restauration complète de la boîte à musique. En ce qui concerne les motifs décoratifs, ce sont les restaurateurs d’art qui sont intervenus pour restaurer et consolider l’émail, restaurer diverses pièces d’or et confectionner de nouveaux pétales en or gravé. Ce pistolet lance-parfum a aussi reçu une nouvelle agate.
MK : Je viens de restaurer une montre de poche ultra-compliquée dite « La merveilleuse ». Elle est signée Ami Le Coultre et date de 1875. Tout d’abord, j’ai analysé tous les mécanismes pour savoir dans quel état ils se trouvaient. Ensuite, j’ai démonté entièrement le mouvement en regardant s’il y avait des défauts ou des éléments cassés. Une fois le calibre démonté, j’ai retouché les composants abîmés ou rouillés et j’ai confectionné des pièces manquantes en consultant des documents d’archive relatifs à cette montre en respectant la géométrie des composants d’origine.
Tout au long de ces travaux de restauration, un nettoyage complet du mouvement a été réalisé. Pour terminer, j’ai assemblé et réglé le mouvement de cette montre de poche « La merveilleuse », qui est aujourd’hui exposée au Musée.

MIH
Montre de poche ultra-compliquée dite « La merveilleuse » signée Ami Le Coultre, 1875, Le Brassus/Suisse – Vue du cadran © Musée international d’Horlogerie, La Chaux-de-Fonds
Haut de page
Economie
Exportations horlogères : l’embellie se poursuit
vendredi, 21 juillet 2017
La rédaction
2 min de lecture
3
Nick Hayek © Swatch Group
Economie
Swatch Group sous le soleil
vendredi, 21 juillet 2017
La rédaction
2 min de lecture
GeorgeClooney
Histoires de montres
George Clooney, ses montres, ses motos, ses amours …
mercredi, 02 mars 2016
Frank Rousseau
11 min de lecture
Histoire & Pièces d'exception
La Rolex « Paul Newman » ou l’inestimable cool horloger
lundi, 07 décembre 2015
Louis Nardin
6 min de lecture
5