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Audemars Piguet à l’heure de la transmission des...
Points de vue

Audemars Piguet à l’heure de la transmission des pouvoirs

vendredi, 30 janvier 2009
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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7 min de lecture

Au Salon International de la Haute Horlogerie 2009, c’est désormais Philippe Merk qui pilote Audemars Piguet, successeur de Georges-Henri Meylan. L’occasion de faire le point avec ces deux personnalités du monde horloger. Entretien.

Vous venez de prendre la direction générale d'Audemars Piguet. Quelles ont été les raisons de ce choix?

Philippe Merk: Il ne s’agit pas d’un choix mais d’une chance qui me motive à 200%. De plus, nous arrivons au Salon International de la Haute Horlogerie avec une panoplie très intéressante de produits. Cette année, nous avons véritablement quelque chose à montrer. C’est dans un environnement difficile comme celui que nous connaissons actuellement qu’il faut attaquer les marchés avec un esprit positif. Or c’est exactement ce que j’entends faire.

Quelle différence voyez-vous entre vos fonctions actuelles et celles que vous avez occupées chez Maurice Lacroix?

Philippe Merk: Audemars Piguet est une Maison nettement plus installée. Chez Maurice Lacroix, je me suis essentiellement occupé du repositionnement de la marque, ce qui est évidemment loin d’être la cas en ce qui concerne Audemars Piguet où nous parlons d’optimisation. En d’autres termes, que pouvons-nous faire aujourd’hui, quelle sera la prochaine phase de développement après cinq années exceptionnelles. Dans ce contexte, la question est de savoir quelle valeur ajoutée est-il encore possible d’amener dans une entreprise qui dispose déjà d’une assise très forte. Il s’agit là d’un vrai défi pour moi. Je tiens également à ajouter que parmi les valeurs propres à cette manufacture, l’audace est un concept qui me plaît beaucoup. Il exprime l’exploration de nouveaux territoires pour venir enrichir une tradition horlogère fortement ancrée. Une audace parfaitement incarnée cette année dans les nouveaux modèles que nous présentons. En un mot, Audemars Piguet a toujours fait preuve de compétences pointues qui se sont matérialisées dans des montres de grande qualité. Et je ne tiens pas ici un discours marketing.

Comment voyez-vous cette année 2009?

Philippe Merk: On a souvent parlé de bulle ces derniers temps. Il est certes vrai que ces dernières années nous avons couru après notre production, mais pas aussi vite que l’aurait voulu le marché. Il s’agit maintenant de trouver un nouvel équilibre, tout en maintenant les volumes de ventes. Personnellement, je pense qu’Audemars Piguet a tout en mains pour consolider sa position à son niveau de performance actuel. La Maison est une marque globale et va le rester. Cela dit, il faut aussi relever que les périodes conjoncturelles plus difficiles offrent des opportunités qu’il faut savoir saisir, des opportunités qui se manifestent souvent au niveau de la distribution. C’est pourquoi nous allons maintenir nos efforts dans ce domaine et pas seulement via l’ouverture de nouvelles boutiques en propre, au nombre de 18 aujourd’hui.

Allez-vous infléchir la stratégie produits?

Philippe Merk: Non pas du tout, car les produits Audemars Piguet sont déjà exceptionnels. Nous allons poursuivre sur le chemin déjà tracé, comme le montrent les nouveautés présentées au SIHH 2009. Au niveau de la production, en revanche, nous allons pouvoir rattraper un peu les retards pris dans la livraison des modèles, ce qui est une bonne chose.

Vous avez donc été attiré par tout ce que représente la marque Audemars Piguet?

Philippe Merk: La marque mais aussi les gens qui l’animent. Je connaissais personnellement Georges-Henri Meylan pour qui j’ai beaucoup d’admiration. Sans oublier la stabilité de l’actionnariat, assurément un atout important, et la force d’innovation que l’on trouve chez Renaud & Papi. En bref, Audemars Piguet est un outil fantastique qui aurait motivé n’importe qui. Un peu comme comme un footballeur qui serait accueilli au Real Madrid.

Georges-Henri Meylan: Il est vrai que certaines marques attirent l’admiration de leurs pairs. Ce qui est probablement le cas d’Audemars Piguet. Sa créativité, le travail de longue haleine qui caractérise cette Maison et cette audace dont on parlait tout à l’heure ont certainement été des facteurs de réussite. Un seul exemple en ce qui concerne l’audace: quand nous avons commencé à explorer la piste du carbone forgé, nous étions seulement deux dans la Maison à y croire. Aujourd’hui, c’est une des spécificités technologiques de la marque que nous avons délibérément refusé de patenter car ne nous voulons surtout pas en livrer la recette.

A relever également, comme le disait Philippe Merk, l’énorme avantage d’oeuvrer au sein d’une entreprise familiale par rapport aux sociétés cotées en Bourse où les intérêts des actionnaires et ceux du management ne sont pas forcément concordants. En ce qui nous concerne, les actionnaires, dont je fais partie, comprennent l’activité de la société, sont complètement impliqués dans la marche des affaires et disposent d’une communication et de liens très forts avec la direction. Dans une entreprise familiale, on pense en générations et non en résultats trimestriels. Pour le management, il s’agit là d’un atout non négligeable quand il s’agit de passer les mauvaises années. Question de mentalité.

Philippe Merk: en tant qu’entreprise familiale, nous sommes également amenés à travailler avec toute une clientèle de détaillants indépendants qui, eux aussi, sont des sociétés familiales et qui partagent les mêmes valeurs que nous. Cela joue un rôle non négligeable dans le développement des affaires.

Quels thèmes avez-vous retenus pour vos collections 2009?

Philippe Merk: Assurément celui des montres compliquées à l’image du Chronomètre Jules Audemars à échappement AP. Cette montre est dotée d’un mouvement qui bat à 43’200 alternances/heure mis au point par Renaud & Papi et fonctionne donc sans lubrification au niveau de l’échappement pour une performance chronométrique de haute qualité. Autres exemples: les trois pièces squelettées Jules Audemars à complications, dont une Répétition à Minutes Heures Sautantes, la Millenary Calcédoine Tourbillon ou encore la Royal Oak Offshore Chronographe en carbone forgé.

Georges-Henri Meylan: Comme vous le voyez, cette transmission du pouvoir se fait en douceur autour de la transmission des savoirs. Pour ma part, cela fait quarante ans que je travaille dans la branche horlogère avec toujours une même passion pour le produit, qui doit être le résultat d’un travail d’équipes. Et quand on y ajoute un brin d’audace, on ne peut jamais dire que telle ou telle réalisation est impossible. On est condamné à se creuser la tête pour innover dans les mécanismes, les complications, les matériaux et le mélange des trois. L’aventure Alinghi relève de la même démarche. L’objectif pour Audemars Piguet s’inscrit donc dans la continuité d’un développement quantitatif et qualitatif tant en terme d’innovation que de distribution et de marketing.

Philippe Merk: Et c’est précisément ce que nous allons faire, dans un premier temps en explorant tout le potentiel horloger de la marque.

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