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Avec Valéry Giscard d’Estaing, j’ai perdu un ami
Points de vue

Avec Valéry Giscard d’Estaing, j’ai perdu un ami

vendredi, 4 décembre 2020
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Franco Cologni
Président du Comité Culturel de la FHH

“Le talent nécessite toujours de l’effort, de l’engagement, des heures passées à perfectionner un geste qui devient, jour après jour, un don.”

Entrepreneur dans l’âme, Franco Cologni, pourtant homme de lettres, s’est rapidement lancé dans les affaires pour devenir un personnage clé du groupe Richemont.

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3 min de lecture

Le coup de fil du préfet Olivier Revol, chef de cabinet de l’ancien Président de la République française Valéry Giscard d’Estaing, m’a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans un ciel bleu. Le Président n’est plus parmi nous. Je savais qu’il n’allait pas trop bien dernièrement, qu’il avait dû être hospitalisé pour des problèmes de cœur. Je l’avais appelé pour lui transmettre mes vœux et je l’avais trouvé brillant, comme d’habitude. Il jouissait d’une constitution jusqu’alors enviable pour ses 94 ans, mais elle n’a pas suffi contre ce terrible fléau qu’est le Covid.

Mes relations avec lui remontent à bien vingt ans, au tournant du millénaire. Désormais à la retraite, il restait super-actif en politique : en 2001, il a pris les rênes de la Convention pour l’Europe, l’organisme chargé de rédiger la Constitution européenne qui serait, hélas, recalée par le résultat du référendum français, tandis qu’en 2003, en sa qualité de brillant économiste et auteur de plusieurs livres et traités, il fut élu à l’Académie française.

C’est sans doute cette charge qui le rendit le plus fier : la culture était, après la politique, sa grande passion. Et c’est précisément en son nom que nous nous sommes « rencontrés » quand, alors que j’étais responsable de la Maison Cartier, j’avais décidé de lancer un magazine international dédié à la culture de la beauté. C’est avec un grand enthousiasme – et, je le confesse, à ma grande surprise aussi – qu’il accepta de bon cœur de présider le Comité culturel dont faisaient partie des personnalités d’extractions et de professions diverses, parmi lesquelles Charles Wellesley, IXe duc de Wellington, l’éditeur Franco Maria Ricci, le journaliste Ferruccio De Bortoli, l’écrivain Paulo Coelho, l’ex-ministre de la Culture Jean-Philippe Lecat, le sémiologue Omar Calabrese, la styliste Agatha Ruiz de la Prada, la galeriste Patrizia Sandretto Re Rebaudengo, le surintendant de l’Opéra Garnier Hugues Gall et le prince Diofebo Meli Lupi di Soragna.

Le magazine quadrimestriel Cartier Art, auquel Giscard aura contribué au fil de ses presque quinze années de vie, de 2001 à 2015, était un point d’ancrage pour celui qui fut le plus jeune président de la 5e République au moment de son élection (en 1974, à 48 ans), premier chef de l’Etat français non gaulliste mais européen convaincu. En sa qualité d’homme de grande culture – il avait étudié à l’Ecole polytechnique et à l’ENA – rien ne l’aurait dissuadé de participer à toutes les réunions en commun avec la rédaction, à qui il dispensait ses conseils et suggestions mais surtout une expérience absolument irremplaçable.

En 2006, Giscard m’honora de l’attribution de la Légion d’honneur et m’en proclama officier. Il vint tout exprès à Milan où le consulat avait organisé un grand événement au Palazzo delle Stelline : une journée dont je conserve un souvenir indélébile. Si la France perd aujourd’hui un de ses grands hommes qui avait fait souffler dans le pays un vent de liberté et de grande nouveauté, puisque c’est avec lui qu’en France virent le jour de grandes réformes progressistes, moi je perds un ami.

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