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Baselworld, un œil dans le rétro
BaselWorld

Baselworld, un œil dans le rétro

mercredi, 16 mars 2016
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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8 min de lecture

Véritable pouls de la profession, le Salon mondial de l’horlogerie et de la bijouterie tient ses assises dans un contexte difficile. L’occasion de découvrir si la créativité est encore le meilleur antidote aux montagnes de stocks dans les marchés. En tout état de cause, le vintage est au rendez-vous.

Le coup d’envoi est donné, mais l’humeur n’y est guère. Baselworld, le Salon mondial de l’horlogerie et de la bijouterie, qui attire bon an mal an quelque 150 000 visiteurs avec ses 1 500 exposants en provenance de 40 pays, ouvre ses portes alors que les vents contraires forcissent sur la profession : recul des exportations (– 7,9 % en janvier), effondrement de certains marchés, Hong Kong en tête (– 33,1 % en janvier), accumulation des stocks, licenciements… Après cinq ans d’euphorie, les Maisons pensent surtout à conforter leurs positions. Comme l’avait d’ailleurs déjà montré le Salon international de la Haute Horlogerie (SIHH), tenu à Genève en janvier, l’heure n’est plus à l’exubérance. Pas question toutefois de brider les forces créatives. Ce sont probablement elles qui permettront de « sauver » ce millésime 2016 et faire « oublier » les piles de montres qui dorment dans les tiroirs des détaillants.

Trois Maisons, d’abord, ont de quoi allumer les feux de la rampe.
Deux anniversaires pour Chopard

Trois Maisons ont de quoi allumer les feux de la rampe. Chopard célèbre en effet un double anniversaire cette année : les 20 ans de Chopard Manufacture L.U.C sise à Fleurier (Neuchâtel) et les 40 ans de la Happy Diamonds, une pièce qui fait déjà partie de l’histoire horlogère avec ses gemmes en suspension sur le cadran. On se souviendra que la première Happy Diamonds était un modèle pour homme, de grande taille, avec un boîtier de forme coussin, un bracelet en or blanc 18 carats et un cadran noir mettant en valeur ces premiers diamants mobiles. Pour lui rendre hommage, Chopard a repris la forme coussin initiale mais cette fois destinée aux femmes dans une version joaillière, précieuse et délicieusement vintage. « De nouveaux diamants mobiles dansent librement sur un fond de nacre blanche perlée, expose la Maison. Et, pour la première fois sur une montre Happy Diamonds, ils évoluent en totale liberté. »

Chopard Happy Diamonds
Chopard Happy Diamonds

En contrepoint de cette nouveauté, la décision prise par Karl-Friedrich Scheufele de fonder Chopard Manufacture au début des années 1990. Remise dans son contexte, à savoir une période encore marquée par la déferlante du quartz, cette option passe aujourd’hui pour totalement visionnaire. « Selon moi, pour prétendre appartenir légitimement à la sphère de la Haute Horlogerie, une marque doit contrôler tout le processus de fabrication de ses garde-temps : conception, développement, production, assemblage. Et ce, aussi bien pour les mouvements que pour l’habillage », commente sobrement le Coprésident de Chopard. En guise d’avant-goût, la Maison a d’ailleurs dévoilé une L.U.C Perpetual Chrono équipée du nouveau mouvement L.U.C 03.10-L associant de manière originale un chronographe et un quantième perpétuel. Cette pièce bénéficie d’une double certification : tandis que la précision de marche du calibre est certifiée COSC (Contrôle officiel suisse des chronomètres), chacune des 20 montres en or gris « Fairmined » de cette série limitée a été soumise aux critères d’évaluation du Poinçon de Genève, distinction d’excellence qui perpétue la tradition des maîtres horlogers genevois.

Chopard L.U.C Perpetual Chrono
Chopard L.U.C Perpetual Chrono
Patek Philippe célèbre la Nautilus

Autre Maison, autre date clé, celle des 40 ans de la Nautilus chez Patek Philippe, un modèle dessiné par Gérald Genta qui, lui aussi, a bouleversé les codes horlogers de l’époque avec sa forme dite « télévision », sa taille généreuse de 42 mm et son boîtier acier totalement incongru pour une montre de luxe. Inutile de dire que la première version de la Nautilus surnommée la « Jumbo », Réf. 3700/1A en acier produite de 1976 à 1990, est un must pour les collectionneurs. Pour les tenir en haleine, Patek Philippe s’est d’ailleurs bien gardé de lever l’entier du voile sur les pièces anniversaires qui vont sortir de ses ateliers. Un seul modèle a jusqu’ici contourné le mutisme de la manufacture genevoise : la Réf. 5711/1R, soit une Nautilus avec mouvement trois aiguilles et date, sans complication, pour la première fois intégralement habillée d’or rose avec cadran de couleur brun-noir dégradé. Pour l’occasion, Patek Philippe a redessiné les maillons du bracelet, question de poids et d’ergonomie. En complément, la Maison revisite également l’une de ses complications les plus emblématiques, le quantième annuel qui prend un visage féminin et précieux avec boîte en or rose, lunette sertie de 374 diamants et cadran de nacre blanche de Bali.

Patek Philippe Nautilus Réf. 5711-1R
Patek Philippe Nautilus Réf. 5711-1R

Question longévité, Girard-Perregaux n’est pas en reste puisque la Maison célèbre cette année ses 225 ans d’existence. Pour l’occasion, la manufacture redonne vie à sa Laureato sous la forme de deux éditions limitées de 225 pièces, l’une sur cadran bleu et l’autre sur cadran gris, tous deux frappés, comme les premières éditions de 1975, d’un motif « Clou de Paris » façon mini-damier. Ces deux séries sont équipées du mouvement manufacture automatique GP03300-0030. Née en 1975, la Laureato fait également partie de ces montres iconiques des années 1970 avec comme caractéristique sa lunette hexagonale. Pour la petite histoire, cette montre sportive en acier doit son nom au distributeur italien de la marque qui avait fort apprécié Le Lauréat, film qui met en scène Dustin Hoffman et qui avait défrayé la chronique à l’époque. Les dirigeants de Girard-Perregaux n’avaient certainement rien contre de nouveaux codes transgressifs à même d’assurer la notoriété du modèle. Pari tenu.

Girard-Perregaux Laureato
Girard-Perregaux Laureato
Et encore Zenith, Tudor, Seiko…

Cette inclination vers le vintage que l’on avait déjà observée au SIHH, notamment chez Vacheron Constantin, qui revisite cette année ses Overseas nées il y a une vingtaine d’années, s’apparente résolument à une tendance de fond. Si pour l’instant rien n’a encore « filtré », on peut toutefois s’attendre à quelques pépites, particulièrement du côté de la ligne Pilot de Zenith, qui va se décliner en un chronographe Aeronef Type 20 au cadran en acier vieilli, équipé du mouvement automatique El Primero 4069, conçu dans l’esprit Café Racer, ces motos monoplaces au guidon bas et sans carénage qui sont apparues dans les années 1950. Même sensibilité du côté des gammes Heritage de Tudor, qui vont s’enrichir cette année d’une Black Bay Bronze équipée du mouvement maison MT5601 dans un boîtier en alliage cuivre-aluminium de haute performance, autrement dit du bronze, un matériau intimement associé au monde de la mer depuis l’Antiquité. On n’oubliera pas davantage les collections mécaniques de Seiko, inspirées cette année par la « Laurel », la toute première montre-bracelet lancée en 1913 par la manufacture nippone, pour donner naissance à une nouvelle collection Presage.

Tudor Heritage Black Bay Bronze
Tudor Heritage Black Bay Bronze

Autres grands thèmes du moment : les montres squelettes et le pouvoir de séduction que cultivent les marques envers les amatrices de belle horlogerie. Rien d’étonnant à cela, depuis quelques années, les femmes sont perçues comme l’avenir des horlogers avec un marché mondial des montres de luxe qui leur sont destinées en croissance de 60 % depuis 2005 à 10,3 milliards de dollars enregistrés l’an dernier, selon Euromonitor. Restera encore à répondre à la question des montres connectées. Comme on l’a vu, les Maisons qui ont décidé de se jeter dans la bataille ont déjà fourbi leurs armes. Alors, Baselworld 2016, une version update ? Il en faudra probablement plus pour « monter au vent » !

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