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Cabestan : une aventure horlogère au long cours
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Cabestan : une aventure horlogère au long cours

vendredi, 19 juin 2009
Par Cristina d’Agostino
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Cristina d’Agostino

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5 min de lecture

Entre rêve chimérique, provocation fascinante et réflexion avant-gardiste, les prouesses mécaniques ont cette capacité à marquer l’histoire, sur l’instant ou pour des décennies. La Cabestan est de celles-ci.

Jean-François Ruchonnet, concepteur du projet, met toute sa passion débordante et dévorante pour la belle mécanique dans cette idée totalement atypique d’un mouvement vertical mu par un système à fusée et chaîne. Elle s’insère d’ailleurs parfaitement dans son idéal horloger, soit une trilogie développant trois concepts mécaniques liés à un élément : la terre et l’univers automobile (la V4 de Tag Heuer), l’eau et l’univers nautique (la Cabestan), l’air et le milieu aéronautique (la Winglet, en développement).

Pour la Cabestan, Jean-François Ruchonnet s’est directement inspiré du monde de la voile. Il visualise ainsi un système de treuil à axe vertical manœuvré par une manivelle qui permet de démultiplier la force. Jean-François Ruchonnet explique : « de ce dispositif résulte une force suffisante pour régler et hisser une voile ou lever une ancre. Et c’est justement cette vision d’une chaîne qui traverse le pont du bateau avant de plonger dans l’eau, tirée par l’ancre, qui est à l’origine de la Cabestan Winch Tourbillon vertical ».

Enthousiasme et scepticisme

Le projet est ambitieux, mais il prend forme grâce aux efforts conjoints de l’horloger Vianney Halter. En 2007, un premier prototype est présenté. Détonnant, novateur, ce « pavé dans la mer » resté longtemps à l’état virtuel, provoque enthousiasme mais aussi scepticisme. Rarement une montre-bracelet ne bousculait autant les idées reçues par l’architecture de sa forme et de son mouvement. Le modèle ne possède pas de cadran. Il dispose ses quatre indications sur quatre tambours rotatifs en aluminium montés sur roulement à billes et placés aux quatre « coins » du mécanisme: heures, minutes, secondes et réserve de marche, à chacune le sien. C’est à côté du tambour des secondes que se loge la prouesse technique : un tourbillon une minute disposé de manière verticale. Du jamais vu. Egalement très osé, le système de chaîne de la Cabestan, dont la fonction est de délivrer une force constante au mouvement, est composé de 450 maillons en inox et de 150 rivets. Plus de 40 heures de travail sont nécessaires à leur assemblage à la main. Entraînée par le ressort de barillet, la chaîne s’enroule autour du cinquième tambour, traversant ainsi de manière verticale tout le mécanisme.

L’univers nautique prend tout son sens lorsque l’on observe le système de remontage et de mise à l’heure de la montre. En effet, un petit winch amovible, que l’on retrouve rangé de manière ergonomique dans la boucle déployante, s’emboîte dans le cabestan en lien direct avec la fusée et permet le remontage du mouvement d’une autonomie de 72 heures. La mise à l’heure s’effectue elle aussi au travers du deuxième cabestan en relation avec les tambours des heures et minutes. Le tout est entièrement visible au travers de deux glaces pyrex thermoformées.

Au final, le mouvement a été revu a 90%
La Cabestan 2 est déjà programmée

Quatre années auront été finalement nécessaires pour la mise au point. La première sous la houlette technique de Vianney Halter. Puis, rapidement, Jean-François Ruchonnet reprendra seul les commandes de son développement, aidé en dernière année par Eric Coudray qui, depuis, a rejoint le navire. Jean-François Ruchonnet justifie ce changement de cap par un trop grand nombre de problèmes liés à la conception initiale de la Cabestan qui entravaient sa mise en production : « au final, le mouvement a été revu a 90%, alors que son concept et son design ont été gardés intacts. Et même si, entre-temps, son prix a doublé, nous avons réussi à réduire de moitié son temps de production ». Avec une quinzaine de Cabestan livrées depuis novembre 2008, une cinquantaine de commandes enregistrées et une centaine de mouvements déjà produits, Jean-François Ruchonnet est heureux d’être allé au bout de ses rêves. Sensation libératrice pour celui qui a dû traverser quelques champs de bataille pour y arriver. Il se fait d’ailleurs un point d’honneur à rappeler que sa manufacture, forte aujourd’hui de sept personnes, est capable de gérer l’usinage des composants, des ponts et des boîtiers or, platine ou titane, ainsi que la finition main.

Preuve que son appétit de défis mécaniques n’a pas faibli : la Cabestan 2 est déjà à l’étape de conceptualisation en trois dimensions. Cette fois-ci, le modèle se mue en chronographe. Son originalité : il sera déclenché par une roue à colonnes hydraulique. Les poussoirs enclencheront le passage d’un liquide dans des tubulures traversant les ponts qui, par pression, ira actionner la commande chronographe sur le mouvement. Toujours mu par un système à chaîne et fusée, le mécanisme comptera non moins de deux tourbillons verticaux. Date de sa livraison, début 2012…Le temps de laisser passer un peu d’eau sous les ponts.

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