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Calatrava, la quintessence de la simplicité selon...
Histoire & Pièces d'exception

Calatrava, la quintessence de la simplicité selon Patek Philippe

mercredi, 07 novembre 2018
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Marie de Pimodan-Bugnon
Journaliste indépendante

“Il faut absolument être moderne.”

Arthur Rimbaud

De la passion, beaucoup de curiosité et une bonne dose d’émerveillement ! La recette essentielle pour raconter les mille et une facettes de l’horlogerie…

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6 min de lecture

La fonction dicte la forme. C’est selon la fameuse devise du mouvement Bauhaus que Patek Philippe crée la Calatrava en 1932. L’épure et l’élégance se déclinent depuis lors avec une remarquable simplicité formelle.

Les modes passent, le style est éternel. Parangon de l’élégance horlogère, la Calatrava a traversé les décennies avec sa fameuse silhouette ronde, épurée à l’extrême, que les morsures du temps ne sont jamais parvenues à ternir. Sa fonction première : donner l’heure, tout simplement. Son secret de longévité : une élégance teintée d’intemporalité. Moderne hier, contemporaine aujourd’hui, cette montre emblématique créée par Patek Philippe en 1932 manie l’art subtil de se réinventer sans jamais trahir son caractère original. Au fil de l’histoire de ce grand classique de l’horlogerie, l’expression « less is more » prend tout son sens.

Calatrava référence 96 de 1932 © Patek Philippe
Calatrava référence 96 de 1932 © Patek Philippe
Un design sans artifices

Comment raconter une icône de simplicité ? Comment cerner les contours d’un design à l’apparence ascétique, dénué d’artifices, mais suffisamment travaillé pour passer les années ? Difficile exercice qui ne saurait se passer du contexte de sa création. Au début des années 1930, la forme ronde de la Calatrava fait quasiment figure d’exception. L’abandon progressif de la montre de poche au profit de la montre-bracelet est encore une question d’actualité. Dans le sillage du courant Art déco, les horlogers rivalisent d’imagination pour accrocher le temps au poignet avec pléthore de montres de forme. Patek Philippe prend toutefois le contre-pied et emprunte la voie, sans doute plus compliquée, de la simplicité esthétique. Dévoilée en 1932 alors que la famille Stern vient à peine d’entrer dans le conseil d’administration de Patek Philippe, la première Calatrava réf. 96 – que l’on peut d’ailleurs admirer au Patek Philippe Museum de Genève – se revendique des principes de l’école d’architecture et d’arts appliqués du Bauhaus. Les maximes « less is more », « la fonction dicte la forme » et « Dieu est dans les détails » présideront à la création de cette montre aux lignes pures. Le boîtier est rond, tout simplement. Son diamètre de 31 mm, petit comparé aux standards actuels, paraît cependant plus grand que les montres de l’époque. Une large lunette auréole un cadran harmonieux ponctué d’index lapidés et d’aiguilles « dauphine » en or. Sa fonctionnalité première est alors réduite à l’essentiel. Heures, minutes, petites secondes. Rien de plus.

L’évolution de la Calatrava se fera donc subtilement. Par petites touches délicatement distillées, parfois à peine visibles.
Vers la complication technique

Rapidement, les amateurs de belle horlogerie en demanderont plus. Parce que la Calatrava séduit par ses lignes élémentaires, bien sûr. Mais aussi parce qu’elle incarne à la perfection la ligne de conduite propre à Patek Philippe, sa quête d’excellence et son symbole depuis 1887, la croix de Calatrava. Décliner un tel classique sans faire mentir la pureté de son esthétique relève pourtant de la prouesse. L’évolution de la Calatrava se fera donc subtilement. Par petites touches délicatement distillées, parfois à peine visibles. Des codes discrets qui, au fil des décennies, enrichiront le vocabulaire esthétique de la réf. 96, dont la silhouette restera une référence absolue tout au long de l’histoire de la collection. On pense ainsi au guilloché « Clous de Paris » de la lunette apparu pour la première fois en 1934 et réintroduit en 1985 dans la réf. 3919. On pense également à l’agrandissement de son diamètre, dès 1938, passant de 31 mm à 35 mm et dont les dimensions évolueront avec les standards de leur époque, sans jamais céder aux sirènes de l’extravagance. On pense à certains codes esthétiques telle la minuterie chemin de fer que l’on retrouve notamment sur la Calatrava Officier réf. 5022, dont le cadran est paré de chiffres et aiguilles à « pomme évidée » de style Breguet. Ou encore à l’évolution technique avec l’introduction, en 1950, du premier mouvement à remontage automatique de Patek Philippe.

La démonstration technique n’a pas été le postulat de départ de Patek Philippe dans la création de la toute première Calatrava. Mais la collection s’est successivement enrichie de modèles mécaniquement plus complexes. Dès 1936, la Calatrava se décline dans une version conjuguant un quantième simple et une phase de lune. En 1958, la réf. 2597 permet de changer de fuseau horaire grâce à une aiguille des heures ajustable indépendamment par sauts. Bien plus tard, elle se présentera dans une version quantième perpétuel avec indication des phases de lune, date à aiguille rétrograde, jour, mois et années bissextiles. Parmi les multiples visages de la Calatrava, qu’ils soient techniques ou esthétiques, l’extra-plat s’invite aussi dans l’histoire. La réf. 5000, créée en 1992, en est un exemple remarquable avec son boîtier en or gris, son harmonieux cadran noir rythmé par une indication des minutes à l’intérieur de celle des heures en chiffres arabes appliqués, ainsi qu’un cadran auxiliaire des secondes à 4 h. En coulisse, la cadence est assurée par le mouvement automatique extra-plat, le calibre 240PS.

Calatrava référence 4896 de 2006 © Patek Philippe
Calatrava référence 4896 de 2006 © Patek Philippe
Un nom féminin

Imaginée à ses débuts pour être portée par les hommes, la Calatrava est aussi devenue une montre pour les femmes. Au fil des décennies, la collection s’est vu agrémenter de références aux atours féminins comme la réf. 4896, première montre mécanique extra-plate Patek Philippe pour dame en or blanc avec un cadran guilloché laqué bleu nuit et une lunette sertie de diamants. Présentée en 2006, la réf. 4959, également sertie de 66 diamants sur la lunette, reste la première Calatrava pour dame à être dotée d’une petite seconde. Son fond en verre saphir permet d’admirer les finitions de son mouvement à remontage manuel. Quant à son diamètre de 31 mm, il rappelle celui de la réf. 96. Histoire d’affirmer à nouveau que, dès 1932, les designers de la Calatrava avaient visé parfaitement juste.

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