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« Campus », centre de vie sociale et culturelle
Points de vue

« Campus », centre de vie sociale et culturelle

lundi, 09 juillet 2012
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Franco Cologni
Président du Comité Culturel de la FHH

“Le talent nécessite toujours de l’effort, de l’engagement, des heures passées à perfectionner un geste qui devient, jour après jour, un don.”

Entrepreneur dans l’âme, Franco Cologni, pourtant homme de lettres, s’est rapidement lancé dans les affaires pour devenir un personnage clé du groupe Richemont.

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5 min de lecture

Campus est un mot latin qui désigne un champ, une parcelle de terrain servant à diverses cultures. Dans certaines acceptions, le mot peut aussi désigner un théâtre, une arène ou un champ d’action. Il se distingue donc de l’ager, soit le terrain agricole, et prend une signification différente : celle d’un espace sur lequel il se passe quelque chose, où se produisent des événements souvent publics ou impliquant une interaction entre les êtres humains.

C’est peut-être en raison de cette signification plus expressive et moins agricole que le mot « campus » a été utilisé aux États-Unis pour désigner des structures universitaires, autrement dit ces ensembles d’édifices sertis dans un environnement verdoyant et consacrés à la vie de l’université : lieux d’étude, bibliothèques, résidences, terrains de sport, lieux de rencontre, etc. On dit que la première université à avoir adopté le terme de « campus » fut celle de Princeton, bientôt suivie par les autres.

Le campus est donc un centre de vie culturelle pour les jeunes, fondé sur un rapport intergénérationnel entre professeurs et étudiants, soit aussi entre tradition et innovation : le savoir, la culture, l’apprentissage font forcément avancer la pensée vers le monde du travail et de la « vraie vie », qui n’est pas dissocié de celui du savoir mais, au contraire, est en relation permanente avec lui.

Mais parlons maintenant du Campus genevois de la Haute Horlogerie. Le projet est né d’une réflexion innovante, visionnaire et propre à déployer des effets positifs vers de nouveaux horizons de travail, dans les limites bien sûr des métiers de la Haute Horlogerie.

Attention, il ne s’agit pas d’un simple centre de formation à l’instar de ceux que possèdent désormais tous les groupes et les marques et dont ils s’enorgueillissent. Il s’agit d’un véritable campus où le rayonnement culturel de cet univers se projette en de multiples directions. Dans ce contexte, les ateliers prévus de Roger Dubuis, Stern, Vacheron Constantin et Van Cleef & Arpels ne seront plus de simples lieux destinés à la fabrication de produits mais vont se muer en creuset d’opportunités et d’apprentissage destiné à des étudiants qui, sortant de formation, y trouveront des stages bien réels et concrets pour approcher directement le monde du travail. En d’autres termes, les ateliers seront une partie intégrante d’un espace culturel plus vaste, où l’interaction et l’échange de connaissances donneront lieu à des confrontations positives et où la recherche et le développement seront en contact constant avec le monde réel.

Il est question, en somme, d’un campus en tant que centre de vie culturelle, cette notion comprenant aussi bien la culture du travail que celle de la recherche et de la science : un campus vu comme un espace ouvert vers les métiers et vers les arts, vers le progrès et vers la conscience de la tradition en tant que vecteur de nouvelles découvertes. Un campus qui n’est pas un monde à part mais un des mondes possibles où la Haute Horlogerie prend une dimension contemporaine et de proposition : un monde où le savoir rencontrera le savoir-faire, où l’apprentissage sera confronté à la mise en pratique, où la culture sera appliquée à un produit extraordinairement compliqué qu’est la montre technique et précieuse.

Un monde, une école, un travail. Pas réservé aux seules marques qui ont mis les ateliers à disposition mais ouvert à l’ensemble du monde de l’horlogerie d’excellence suisse. On a donc là une affirmation essentielle de la responsabilité sociale, comprise non pas dans un sens égoïstement exclusif mais en tant qu’ouverture sur les territoires horlogers.

La connotation de campus est pertinente parce que cet espace se mue aussi en centre de vie sociale. Pour les jeunes avant tout, mais pas uniquement pour eux. D’autres activités du campus se développeront en effet dans le domaine de la culture et formeront un pôle d’intérêt pour la société genevoise et – pourquoi pas ? – à un niveau international.

Je le répète : il ne s’agit pas que de formation mais aussi de recherche et d’innovation au moyen des outils appropriés qui seront disponibles sur le campus, de la bibliothèque au restaurant, des lieux de rencontre aux espaces dédiés à l’évènementiel.

Comme homme de culture et président du Conseil culturel de la Fondation de la Haute Horlogerie, je suis prêt avec Fabienne Lupo, présidente de la Fondation de la Haute Horlogerie à faire un acte de foi et de volonté, en collaborant activement à cette innovante initiative afin que le “Campus” laisse une signature.

Une signature différente, nouvelle, dans cet univers de l’horlogerie qui, parfois, paraît bien autiste. J’y vois la preuve de l’attention responsable portée aux nouvelles générations qui dynamiseront le monde parfois un peu traditionnaliste de la Haute Horlogerie et stimuleront la curiosité, le plaisir et la connaissance de tous ceux qui voient dans cette activité la réalisation de leur besoin de mesurer le temps par la beauté.

Qui vivra verra, mais nous en verrons sûrement de belles.

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