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Carnet de voyages de la FHH : le Japon
Economie

Carnet de voyages de la FHH : le Japon

lundi, 10 janvier 2011
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Pascal O. Ravessoud
Spécialiste horloger et collectionneur

“Le luxe, c’est l’absence de contraintes.”

« Des montres, des montres et encore des montres… L’immersion et la passion sont les mamelles du savoir ! »

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5 min de lecture

Certains pays sont plus marquants que d’autres. Pour nous autres citoyens de la vieille Europe, le Japon est certainement une contrée bien différente, et pourtant… Le pays du Soleil Levant partage bon nombre de valeurs avec la Suisse: histoire, tradition, beauté naturelle, respect, précision, technicité, fiabilité, ordre… A des extrêmes qui feraient pâlir le plus reculé des Suisses primitifs.

Pourtant les ressemblances s’arrêtent là, et c’est un pays plein de contrastes qui nous a accueillis après un voyage éprouvant et un décalage de 8 heures plutôt persistant… Le Japon est une société très organisée, codifiée et introvertie, une vraie mentalité d’insulaire. Une culture riche, un raffinement ultime, un goût pour les belles choses parfaites dans les moindres détails. Parfois jusqu’à une minutie quasi obsessionnelle.

Luxe japonais

En termes de marché du luxe en général et de Haute Horlogerie en particulier, le Japon peut être considéré comme un marché mature, dont les clients sont des connaisseurs, des passionnés, des consommateurs fervents des enseignes de luxe européennes et de montres suisses, mais aussi allemandes, et… japonaises bien sûr! Un vrai marché local existe, plutôt bas et moyen de gamme. L’horlogerie s’est démocratisée au Japon dans les années 70 avec l’avènement du quartz mené par Seiko et Citizen. Ces marques, très présentes là-bas, proposent également des montres de haut-de-gamme, mécaniques, souvent réservées au marché intérieur.

Comme on le sait, l’économie du Japon n’est pas au mieux, et ceci depuis quelques années. La société japonaise oscille entre les codes et la tradition d’une part, très présentes et où l’ancienneté et le respect de la compagnie priment sur les intérêts personnels et la performance, et d’autre part le formidable capital de jeunesse et d’innovation du Japon. Cette ambivalence se remarque partout et en tout temps en arpentant les quartiers branchés de Tokyo, où les traditionnels kimonos se mêlent aux accoutrements les plus avant-gardistes et saugrenus.

Au Japon comme ailleurs, les marques fortes s’en sortent mieux.

Le Japon doit vivre avec cette dualité qui constitue certainement un frein au développement du pays. Après une crise ressentie fortement (-25 à 35% en 2009) et un redémarrage qui se fait attendre, il semble que le dernier trimestre fasse état de chiffres qui se stabilisent, voire annoncent un frémissement de reprise… Au Japon comme ailleurs, les marques fortes s’en sortent mieux, et la crise a permis de mettre en évidence des vraies valeurs. On assiste a une érosion du milieu de gamme au profit de l’entrée de gamme et du très haut-de-gamme.

Les gaisho, vendeurs de montres à domicile

Le marché horloger japonais est en partie comparable à tous les autres, avec son réseau de boutiques de marques, très présentes car la grande et belle Tokyo a plusieurs centres de consommation de luxe (Ginza, Omotesando, Roppongi) et autant de centres de consommation plus large (Shinjuku, Shibuya, Harajuku, etc). Les détaillants sont présents également, mais la grande particularité du Japon horloger est une présence massive des department stores (Matsukoshi, Takashimaya, Matsuzakaya, Isetan, etc.) dans lesquels les horlogers haut -de -gamme sont très présents, et dont l’arme cachée s’appelle les gaisho. Vendeurs haut-de-gamme de ces department stores, ils se rendent chez leurs clients. Ils peuvent faire jusqu’à 50% du chiffre d’affaires du department store! Un système totalement unique à ma connaissance, et qui s’inscrit dans une vision évoluée de la relation client où c’est donc le vendeur qui se déplace chez le client, comme le font les joailliers, les malletiers, et comme le faisaient de tous temps les commerçants de tous bords auprès des cours d’antan.

Encore un exemple de l’étroite relation entre la tradition et la nouveauté dans ce pays fascinant, définitivement pas comme les autres qui ne s’est ouvert au monde que depuis un siècle et demi. Ceci expliquant peut-être cela.

Mais on ne peut tenter de comprendre le Japon sans s’extirper de Tokyo en shinkansen, le train super-rapide qui rallie Tokyo à Kyoto. Kyoto, ancienne capitale et haut lieu de l’enseignement et de l’histoire nipponne, avec ses sanctuaires, ses temples et jardins innombrables, où l’on a l’impression de sortir du temps, de rentrer dans un monde magique, imaginaire, où la beauté est partout, où l’unisson de la nature et du travail de l’homme est simplement parfaite et indiscutable. C’est là que l’on prend la pleine mesure de ce pays si riche, si diversifié et dont ne sait ou ne veut savoir que trop peu. Et il y a tellement plus à découvrir! Japon, je reviendrai.

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