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Ce que veulent les collectionneurs de montres (II)
Regards de connaisseurs

Ce que veulent les collectionneurs de montres (II)

mercredi, 31 octobre 2018
Par Victoria Townsend
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Victoria Townsend

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9 min de lecture

Cinq collectionneurs provenant des quatre coins du monde nous expliquent ce qui les décide à acheter (ou non). Après Robert M. Brenner, physicien de Boston, voici deux femmes du Moyen-Orient qui viennent partager leurs points de vue : Léa Claude Sfeir, directrice de Sfeir vintage et de la boutique F.P.Journe à Beyrouth, et Melika Yazdjerdi, directrice Marketing et Communication de Seddiqi Holding à Dubai. Grandes connaisseuses de l’industrie, ces deux femmes sont des passionnées d’horlogerie.

Sur les réseaux sociaux, l’heure est aux récriminations de la part d’internautes émanant de la « communauté horlogère ». Ils s’interrogent sur la provenance interne ou externe des mouvements et composants d’une montre, sur la transparence des marques et même sur l’utilité des stars, ces ambassadeurs qui font monter les prix des montres neuves. En effet, il semblerait que les connaisseurs expérimentés soient légèrement affectés par ces « petites anicroches », à même toutefois d’influencer leurs achats de montres de première et seconde mains basés sur des années d’expérience. De leur côté, les collectionneurs moins chevronnés auraient plutôt tendance à privilégier des pièces plus excentriques à trouver auprès des horlogers indépendants. Cinq collectionneurs du monde entier nous font part de leur parcours et expliquent les débuts de leur collection et comment elle a évolué. Ces portraits s’accompagnent pour chacun d’une photo de « la » montre, s’il ne devait en rester qu’une.

Moyen-Orient – Léa Claude Sfeir, directrice de Sfeir vintage et de la boutique F.P.Journe à Beyrouth

Originaire du Moyen-Orient, établie « entre le Liban et Dubai », Léa Claude Sfeir a suivi des études et un parcours professionnel dans la joaillerie et l’horlogerie qui l’ont menée tout droit vers la position qu’elle occupe actuellement au sein de l’entreprise familiale en tant que directrice de Sfeir vintage et de la boutique F.P.Journe située à Beyrouth, inaugurée par son père, Claude Sfeir, en 2014. Collectionneur de renommée internationale, gemmologiste, expert en montres et joaillerie, consultant pour des investisseurs privés et des maisons de vente aux enchères, Claude Sfeir est également membre du jury du Grand Prix d’Horlogerie de Genève.

« Après avoir étudié l’architecture d’intérieur à Beyrouth, j’ai déménagé à Florence afin d’étudier le design joaillier, explique Léa Claude Sfeir. À la suite de cette expérience, j’ai eu l’opportunité de rejoindre Ahmed Seddiqi & Sons à Dubai (le plus important distributeur de montres et joaillerie de luxe au Moyen-Orient, ndlr) pour plusieurs années, ce qui m’a permis de travailler avec des marques prestigieuses telles qu’Harry Winston et Patek Philippe, avant de retourner au Liban afin de rejoindre l’entreprise familiale. » Son intérêt pour les montres a commencé dès son jeune âge. « À 10 ans à peine, j’avais déjà l’habitude d’accompagner mon père lors des ventes aux enchères de Genève, poursuit-elle. Et j’étais déjà fascinée par cet univers. Plus tard, à l’adolescence, je visitais volontiers les souks et marchés traditionnels de Dubai en quête de gemmes rares ou de vieilles montres jamais portées. »

En commençant par Rolex

Sa toute première montre ? Un cadeau de son père au début des années 2000. « C’était une Rolex Explorer I en acier qui reste ma préférée. » Et celle qu’elle voudrait impérativement acheter ? « Il faut d’abord que j’étudie le modèle en profondeur. Toute nouvelle montre doit impérativement me séduire. J’apprécie généralement les montres aux formes arrondies, esthétiquement simples et sobres. » Les chronographes en font d’ailleurs partie, mais « la marque et son histoire n’ont que peu d’importance du moment que les diverses fonctions sont opérationnelles ». Est-ce sa sensibilité féminine qui génère l’unique commentaire sur la montre en tant qu’accessoire, car « la couleur du bracelet ainsi que son attache sont des détails qui comptent beaucoup » ?

Il me tarde de posséder ma propre Philippe Dufour !
Léa Claude Sfeir

Léa Claude Sfeir se considère « chanceuse d’avoir un père qui estime tant l’artisanat et la sobriété » : « J’ai appris à apprécier les pièces vintage mais également ces chefs-d’œuvre contemporains créés par les horlogers indépendants. Je suis émerveillée par leur travail où la main de l’homme intervient sur chaque composant de la montre. C’est un plaisir d’être en mesure de porter de telles montres ». Sa collection privée est « relativement modeste », constituée de quelques Rolex vintage et de plusieurs modèles F.P.Journe. « Mais il me tarde de posséder ma propre Philippe Dufour ! » s’exclame-t-elle.

Chrono Bleu Byblos © F.P. Journe
Chrono Bleu Byblos © F.P. Journe

Parmi ses favorites, nous trouvons la F.P.Journe Chrono Bleu Byblos munie d’un cadran ajouré révélant une platine à motif guilloché à l’intérieur d’un boîtier en tantale. Elle a été produite en une édition limitée de 99 pièces pour l’inauguration de la boutique F.P.Journe à Beyrouth, la dixième dans le monde, appelée Byblos d’après l’ancienne cité portuaire phénicienne située sur la Méditerranée. D’après l’historien Durant, « Byblos est la plus ancienne de toutes les cités ». Comme quoi, il est toujours question de temps…

Instagram : @simoncsfeir


 

Émirats arabes unis – Melika Yazdjerdi, directrice Marketing et Communication de Seddiqi Holding, Dubai

Tout comme Léa Claude Sfeir, Melika Yazdjerdi est une initiée dans l’industrie horlogère mais pour des raisons qui ont trait essentiellement à ses fonctions auprès de Seddiqi Holding basé à Dubai. Melika Yazdjerdi est en effet chargée du marketing et de la communication de cette entreprise familiale, considérée comme le plus important distributeur horloger de la région, qui organise la Dubai Watch Week, salon didactique déjà reconnu après trois éditions dont elle a également la charge. Et pourtant, Melika Yazdjerdi n’avait jamais pensé aux montres avant de rejoindre Seddiqi Holding il y a quelques années. « La passion horlogère de cette famille est telle que tous ceux qui évoluent à leurs côtés développent un respect et une estime profonde pour l’artisanat et l’horlogerie. » Un art qu’elle décrit proche de la perfection.

Melika Yazdjerdi ne se considère pas elle-même comme une collectionneuse, mais elle présente néanmoins de fortes dispositions si l’on en juge par son expérience professionnelle. Sur la base d’un goût personnel déjà très affirmé pour les montres vintage des années 1940 et 1950, elle a ainsi acquis quelques pièces intéressantes. Au rang de ses préférences également, les montres mécaniques en or jaune des années 1970, si bien qu’en 2010 elle n’a pas résisté à une Audemars Piguet Royal Oak de 1970, sa première acquisition. Depuis, une Gerald Genta à heures sautantes a notamment fait son apparition dans ses tiroirs. Mais à ses yeux, ce n’est pas la marque qui compte mais bien la montre en elle-même pour des raisons esthétiques ou sentimentales. L’une de ses pièces favorites : une Gc datant des années 1990, un cadeau de son mari « simplement magnifique ».

Je pense que la transparence est essentielle, au même titre que le service après-vente et l’accueil personnalisé de la clientèle.
Melika Yazdjerdi

Les années passées chez Seddiqi Holding lui ont permis d’acquérir des connaissances plus pointues tout au long de la chaîne allant du fabricant au client final. « Mes propres priorités ont évolué. Aujourd’hui, j’ai une meilleure compréhension de la manière dont l’industrie fonctionne et de ses combats menés dans le passé. Côté clientèle, l’histoire d’une marque et son image sont des facteurs importants, tout comme sa maîtrise des processus de production. Mais s’il est un élément qui joue un rôle primordial, c’est bien de la transparence qu’il s’agit, au même titre que le service après-vente et l’accueil personnalisé, particulièrement lorsqu’il s’agit d’un premier contact avec une marque. »

Instagram : @DubaiWatchWeek

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