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Ces montres qui voyagent aux extrémités de la Terre
Modes & Tendances

Ces montres qui voyagent aux extrémités de la Terre

vendredi, 05 juillet 2019
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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7 min de lecture

Omega vient de s’arroger, ad aeternam, le record de plongée sous-marine. Il y a quelques semaines, Vacheron Constantin grimpait sur le toit du monde. Après Panerai et ses commandos ou Richard Mille avec Rambo, les montres de l’extrême ont la vie dure.

Le record tenait depuis 1960. Et il semblait tenir bon. En plongeant fixée à la coque du sous-marin Trieste de la marine américaine à exactement 11’916 mètres de profondeur dans la fosse des Mariannes, la Rolex Deep Sea Special devenait une montre de légende. D’autant que cette pièce d’exception était revenue de cette « incroyable » expédition en parfait état de marche. « Ravi de vous annoncer que votre montre fonctionne aussi bien par 11’000 mètres de fond qu’à la surface », annonçait par télégramme au siège de Rolex Jacques Piccard, océanographe et copilote du Trieste. En 2012, la tentative du réalisateur-explorateur James Cameron (Titanic, Avatar) ne devait rien y changer. À la suite d’un petit incident technique, l’expédition Deepsea Challenge, qui emmenait encore une fois une Rolex fixée à son bras articulé, devait renoncer à une encablure du record, forcée de refaire surface après avoir touché les 10’898 mètres de profondeur.

Victor Vescovo mérite de figurer parmi les plus grands explorateurs-aventuriers des temps modernes.

On aurait pu croire que la messe était dite. C’était toutefois sans compter Omega et Victor Vescovo. Si le premier nom de ce binôme est mondialement connu, notamment pour ses montres de plongée Seamaster, qui font partie de l’équipement de base de l’agent 007 depuis 1995, le second l’est nettement moins. Et pourtant, son patronyme mérite assurément de figurer parmi la liste des plus grands explorateurs-aventuriers des temps modernes. Que l’on juge ! Diplômé de Stanford, du MIT et de la Harvard Business School, Victor Vescovo a d’abord été commandant de réserve pour la marine américaine, servant d’officier de renseignement, en même temps qu’il fondait sa société d’investissement, qui a fait sa fortune. Côté baroude, ce pilote de jets, d’hélicoptères et de sous-marins peut se targuer d’avoir à son actif un grand chelem, soit la conquête des sept sommets les plus élevés de la planète, des raids à ski aux pôles Nord et Sud, avant qu’il s’ingénie à monter une nouvelle expédition baptisée Five Deeps consistant à explorer les cinq points les plus profonds des océans. La fosse des Mariannes faisait bien entendu partie du programme. Pas forcément Omega.

La belle aubaine

La rencontre entre l’horloger et Victor Vescovo n’avait en effet rien de prémédité, comme avec la Nasa. Pour l’accompagner dans ses plongées vers les abysses, l’explorateur avait décidé d’acheter une montre, en l’occurrence une Omega Planet Ocean Chronographe acquise auprès d’un détaillant de Dallas, sa ville de résidence. Pour Omega, l’aubaine n’était que trop belle de monter officiellement dans le bateau. Pas question de chômer toutefois, Victor Vescovo était sur le point d’appareiller. En six mois, les équipes d’Omega vont ainsi tenter l’impossible : produire une Seamaster Planet Ocean Ultra Deep Professional capable de résister à des pressions phénoménales, soit quelque 100 tonnes par mètre carré. Pari tenu, la montre éditée en trois modèles arrimés au sous-marin Limiting Factor est descendue à 10’928 mètres de profondeur sans coup férir en mai dernier. Record battu ad aeternam vu qu’aucun submersible ne pourra franchir cette barre fatidique.

Omega a développé une technique de soudure qui élimine les joints en polymère.

Sans entrer dans tous les détails de la construction, on relèvera que cette Ultra Deep a été façonnée pour le corps de la lunette, le corps et le dos du boîtier ainsi que la couronne dans le même titane grade 5 qui a servi à construire la coque du Limiting Factor. Pour ce qui est de l’assemblage, Omega « a fait appel au Liquidmetal® pour garantir un assemblage à la fois résistant et flexible du verre saphir sur le boîtier. Une technique de soudure innovante, dont le dépôt de brevet est en cours, permet d’éviter l’utilisation de joints en polymère et de réduire l’épaisseur du verre saphir ». Quant aux cornes, elles sont intégrées à la carrure, seulement fendues au milieu pour éviter toute rupture en eaux très profondes. Il en résulte une montre testée en laboratoire avec une pression équivalente à 15’000 mètres de profondeur de seulement 28 mm d’épaisseur pour 55 mm de diamètre. Revenus de la fosse des Mariannes, les trois exemplaires équipés du mouvement 8912 à échappement coaxial ont repassé avec succès les tests de l’Institut fédéral suisse de métrologie (METAS).

Élargir les horizons

À l’autre extrémité de la Terre, sur les pentes de l’Everest, c’est Vacheron Constantin qui s’est illustrée il y a quelques semaines au poignet de l’alpiniste et photographe pour le National Geographic Cory Richards, ambassadeur de la marque avec sa campagne « One of not Many ». Pour participer à l’expédition, la Maison a toutefois également dû revoir l’un de ses modèles. Question de s’adapter aux conditions prévalant sur le toit du monde avec des températures qui peuvent chuter à – 40 °C. La Manufacture a ainsi réalisé à son intention un Prototype Overseas dual time dont la masse oscillante est gravée d’un dessin effectué à partir d’une photographie de l’Everest de Cory Richards. « Le boîtier de 41 mm est taillé dans le titane, matériau combinant robustesse et légèreté, précise Vacheron Constantin. Un renfort en tantale, métal particulièrement dur, a été intégré sous la lunette. La protection de la couronne est renforcée par deux épaulements en titane. La pièce s’accompagne d’un bracelet en textile technique Ventile®, tissu qui se distingue par sa densité et son exceptionnelle imperméabilité. » Un cercle d’emboîtage en fer doux protège en outre le calibre 5110 DT des champs magnétiques. Quant aux poussoir et couronne vissés, ils assurent une étanchéité du modèle à 150 m.

La montre indestructible est devenue réalité.

Après la Richard Mille RM 25-01 spécialement développée pour Sylvester Stallone dans l’esprit Rambo, après la Panerai Submersible Marina Militare Carbotech, soit deux modèles présentés ces derniers mois comme de véritables instruments de survie au caractère invincible, force est de constater que ces montres de l’extrême ont le vent en poupe. Pas tellement parce que ceux qui en ont réellement besoin sont plus nombreux mais parce que les explorateurs qui sommeillent au sein de la communauté des amateurs de montres se font plus pressants, en sachant que la montre indestructible est devenue réalité. Certes, à ce stade, la Seamaster Planet Ocean Ultra Deep Professional est une belle démonstration de savoir-faire et de maîtrise technologique mais sans véritables débouchés commerciaux. Elle n’en fait pas moins reculer le champ des possibles. C’est exactement ce qu’on lui demande.

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