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Chanel, première compagnie mondiale du luxe ?
Economie

Chanel, première compagnie mondiale du luxe ?

lundi, 09 juillet 2018
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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5 min de lecture

La publication des comptes de Chanel a surpris l’ensemble de la communauté financière. D’une part en raison de cette transparence totalement inattendue venant d’un groupe non coté en Bourse et, de l’autre, par la qualité des résultats qui positionnent la Maison au pinacle du luxe.

On savait que, chez Chanel, quand on décide de faire les choses, on les fait bien. La magnifique affirmation de son horlogerie depuis le tournant du siècle en est une parfaite illustration. Si sa première création date de 1987, justement baptisée Première avec son boîtier caractéristique reprenant la forme octogonale du bouchon de l’incontournable parfum No5, c’est surtout avec la J12 apparue en 2000 que Chanel a orchestré sa montée en puissance. Pour un coup d’essai, la J12 en céramique était déjà un coup de maître, aujourd’hui considérée comme la première icône horlogère du XXIe siècle. Montre unisexe, ce modèle est également devenu un champ d’expression pour des pièces à complications, notamment développées avec l’atelier Audemars Piguet Renaud & Papi, à l’instar de cette déconcertante J12 Rétrograde Mystérieuse présentée en 2010. Mais la Maison n’allait évidemment pas en rester là. Deux ans plus tard, Chanel inaugurait Mademoiselle Privé, collection dédiée aux métiers d’art qui va s’enrichir au fil des ans de pièces faisant preuve d’une rare maîtrise et d’une sensibilité propre, comme en témoigne la collection Décor Coromandel inspirée des paravents chers à Coco Chanel.

J12 © Chanel
J12 © Chanel

En 2015, c’est encore la Boy.Friend qui fait son apparition, montre « radicalement élégante qui ose imposer une nouvelle allure ». À nouveau une réussite qui donne un coup de jeune aux montres de forme de la Maison, sans oublier la Code Coco apparue l’an dernier qui vient à nouveau bousculer les dogmes avec ses courbes à la croisée de la montre et du bijou. Le tableau ne serait toutefois pas complet sans évoquer G&F Châtelain, la pépite manufacturière de Chanel et sa prise de participation dans Romain Gauthier pour sécuriser son approvisionnement en composants haut de gamme. Forte de ces deux atouts, Chanel s’est mis en tête de produire ses propres mouvements. Chose faite, et avec maestria, depuis 2016 avec le Calibre 1 équipant non pas une pièce féminine, comme on aurait pu s’y attendre, mais la Monsieur de Chanel, modèle à heure sautante et minute rétrograde. Depuis, Chanel a développé et produit son Calibre 2, mouvement squelette inspiré d’un camélia, et son Calibre 3, présenté cette année dans la Boy.Friend.

Mieux que Louis Vuitton ?

Ces quelques lignes démontrent bien que chez Chanel l’affirmation d’un savoir-faire est une vocation. Vocation que la Maison a bien voulu traduire en chiffres. Si la publication en juin des comptes de la Maison a en effet pris tout le monde de court, vu que Chanel n’a aucune obligation de transparence étant donné son statut d’entreprise privée détenue à 100 % par Alain et Gérard Wertheimer, leur qualité est en revanche nettement moins étonnante. Non seulement Chanel est une société des plus saines avec un endettement financier net de € 18 millions sur un total de bilan de € 9,1 milliards, mais son chiffre d’affaires 2017 de € 8,3 milliards, en hausse de 11 %, positionne également la Maison au sommet de la pyramide du luxe. Quelques semaines auparavant, Gucci, la marque à nouveau phare du groupe Kering avec des ventes 2017 de € 6,2 milliards (+ 45 %), avait pourtant fait part de ses intentions de caracoler très rapidement en tête des plus grandes marques mondiales du luxe avec un objectif à court terme de € 10 milliards de chiffre d’affaires.

Face à Louis Vuitton, Chanel est le challenger le plus sérieux s’il ne s’est pas déjà arrogé la couronne de première Maison du luxe.

Réponse du berger à la bergère, Chanel est venu remettre de l’ordre dans cette hiérarchie qui, jusqu’ici, positionnait Louis Vuitton comme champion en titre. Mais comme les comptes du malletier français sont noyés dans ceux du groupe LVMH, on en est réduit aux estimations qui lui donnent un chiffre d’affaires de l’ordre de € 8 milliards. Chanel est donc le challenger le plus sérieux s’il ne s’est pas déjà arrogé la couronne, donc loin devant Gucci mais également Hermès, qui a réalisé des ventes de € 5,5 milliards en 2017 (+ 9 %). En termes horlogers, on trouve légèrement en retrait Rolex et son chiffre d’affaires estimé à quelque € 4,5 milliards.

Place Vendôme, Paris
Place Vendôme, Paris

Si Chanel n’a pas détaillé ses résultats par domaines d’activité, la Maison a en revanche ventilé ses ventes par zones géographiques. L’Europe reste ainsi légèrement en tête avec 40 % du chiffre d’affaires, juste devant l’Asie (38 %), suivie par les Amériques (22 %). Mais c’est du côté de l’Asie que la croissance a été la plus forte l’an dernier avec une hausse des ventes de 16,5 %, devant l’Europe (+ 10,2 %) et les Amériques (+ 5,3 %). Avec un bénéfice brut de € 1,8 milliard pour une marge opérationnelle de 28 %, Chanel reste toutefois légèrement en retrait des records historiques obtenus par Gucci (34,2 %) et Hermès (34,6 %). Mais à ces niveaux, on tutoie déjà les cimes financières. Un exercice où, semble-t-il, Chanel excelle.

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