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Chopard met l’or éthique au centre de ses préoccupations
Economie

Chopard met l’or éthique au centre de ses préoccupations

vendredi, 06 avril 2018
Par Isabelle Hildebrand
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Isabelle Hildebrand

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6 min de lecture

Chopard vient d’annoncer à Baselworld que la Maison s’approvisionnera uniquement en or « éthique » à partir de juillet 2018. Cette déclaration d’intention relance le débat sur la définition d’or « éthique » et sur la difficulté de sécuriser la chaîne d’approvisionnement.

Alors que la campagne Behind the Bling lancée en février par l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW) a trouvé un écho retentissant dans les médias, Chopard s’engage à accomplir ce que l’industrie horlogère qualifie d’« impossible » ou « extrêmement difficile » : s’approvisionner à 100 % en or éthique à partir de juillet 2018 et cela, pour sa gamme aussi bien horlogère que joaillière. Cette annonce faite à Baselworld relance l’épineux débat sur la définition de l’or éthique ainsi que sur la difficulté à sécuriser son approvisionnement au sein d’une chaîne complexe et fragmentée. C’est d’ailleurs bien la principale critique adressée par HRW à l’organe de certification de l’industrie, le Responsible Jewellery Council (RJC) dans sa publication du 22 mars 2018. À ce jour, si les standards en vigueur obligent les entreprises à documenter leurs acquisitions d’or, ils ne leur imposent aucune évaluation sur le terrain pour tout ce qui concerne les droits de l’homme.

Contre l’immobilisme

Pour pallier cet écueil, Chopard a investi dans des partenariats afin de « connaître » véritablement la provenance de son or. Depuis 2013, la Maison travaille ainsi avec l’Alliance for Responsible Mining (ARM) et soutient des mines aurifères en Colombie, en Bolivie et au Pérou afin de leur permettre d’acquérir le label « Fairmind ». De ce fait, elle contribue à l’amélioration de la qualité de vie des communautés locales et s’assure du respect des droits humains fondamentaux ainsi que de conditions de travail décentes. Toutefois, comme la quantité d’or extraite de ces mines ne suffit de loin pas à couvrir l’ensemble de sa production, Chopard aura également recours à de l’or certifié « Chain of Custody » (CoC) par le RJC, soit le standard de traçabilité qui garantit une approche responsable en matière d’approvisionnement, en exigeant la certification de chaque maillon de la chaîne.

Nous préférons nous engager plutôt que de rester sans rien faire sous prétexte que le standard de traçabilité de l’or comporte des failles.
Diana Culillas

C’est là que les critiques fusent, mais Chopard reste très humble : « Aujourd’hui, il n’existe pas de meilleurs standards ni dans l’industrie horlogère, ni dans la filière d’approvisionnement de l’or, explique Diana Culillas, Corporate Social Responsibility Manager chez Chopard. Nous l’avons toujours dit, nous voulons absolument augmenter notre approvisionnement en or Fairmind sur la durée et nous serons très heureux d’adopter un critère plus contraignant que le CoC dès qu’il en existera un. Alors certes notre démarche est perfectible, mais nous préférons nous engager plutôt que de rester sans rien faire sous prétexte que le standard comporte des failles. » Pour mémoire, c’est en 2010 que Chopard rejoint le Conseil du RJC en vue d’une certification que la Maison obtient deux ans plus tard. En 2013, elle poursuit son « Voyage vers le luxe durable » et s’engage dans l’aventure de l’or Fairmind, approvisionnant progressivement sa fonderie en or éthique. Car c’est bien là une des clés du succès de la Maison. Après avoir intégré sa propre fonderie en 1978, Chopard n’a eu de cesse de verticaliser son outil de production afin de maîtriser toute la chaîne de création de valeur de la matière brute au produit fini.

Mine de Coodmilla
Mine de Coodmilla
Après l’or, les pierres

Chopard, qui injecte donc de l’or éthique dans sa fonderie depuis 2013, a évalué qu’à partir de juillet 2018 elle aura complètement éliminé l’or non certifié de sa production. Mais la Maison n’entend pas en rester là : la famille Scheufele, propriétaire de Chopard, a également annoncé vouloir contribuer activement aux Objectifs mondiaux établis par les Nations unies en 2015. Elle a donc entrepris une évaluation de son impact social et environnemental en tant que Maison d’horlogerie-joaillerie, en tant qu’employeur d’artisans qualifiés et entreprise active dans la valorisation des métaux et pierres précieuses. Bien que clairement définis, les objectifs souhaités par Chopard dans ce domaine ne seront révélés qu’en temps voulu.

Mais si la question de la traçabilité de l’or est une chose, celle de l’approvisionnement en pierres précieuses en est encore une autre.

Mais si la question de la traçabilité de l’or est une chose, celle de l’approvisionnement des pierres pour une maison d’horlogerie-joaillerie telle que Chopard en est encore une autre. Sujet épineux car, à ce jour, il n’existe pas de chaîne d’approvisionnement durable et éthique des pierres précieuses. Le Processus de Kimberley, ratifié par 81 pays en 2002, permet de lutter uniquement contre le commerce des diamants de conflits. Pour ce qui est des pierres de couleur, il n’existe encore aucune filière « propre » sur le plan international. Diana Culillas reste réaliste : « C’est une nécessité et un objectif, mais aujourd’hui la traçabilité dans ce secteur est extrêmement limitée, car la chaîne est encore trop fractionnée. Dans ce contexte, Chopard a contribué à l’élaboration du standard relatif aux pierres de couleur du RJC qui entrera en vigueur fin 2018 et constituera une première étape vers la création d’une chaîne responsable. En attendant, nous croyons fortement aux modèles de partenariat comme ceux que nous avons déjà conclus avec Aurora Gems pour les opales, Gem Stones pour les émeraudes et la mine Karowe pour les diamants dans le but de garantir leur provenance. Aujourd’hui, nous n’excluons aucune piste, pas même celle du blockchain qui nous permettrait de sécuriser en toute transparence la chaîne d’approvisionnement des pierres. »

Lingots d'or éthiques
Lingots d'or éthiques

Et Caroline Scheufele, Coprésidente et Directrice artistique de Chopard, de renchérir : « La responsabilité et l’éthique ont toujours été partie intégrante de notre philosophie familiale. Le “vrai luxe” est de pouvoir connaître l’empreinte réelle d’une chaîne d’approvisionnement. »

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