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Chopard sort le grand jeu pour son 150e anniversaire
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Chopard sort le grand jeu pour son 150e anniversaire

mercredi, 24 mars 2010
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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8 min de lecture

Pour fêter dignement ce millésime exceptionnel, la Maison Chopard présente quatre nouveaux calibres et une collection joaillière en guise de bestiaire faite de 150 pièces uniques éblouissantes.

Fondée par Louis Ulysse Chopard à Sonvilier en 1860, la Maison portant son nom, déménagée à Genève en 1937, ne comptait plus que 5 collaborateurs lorsque Karl Scheufele en fait l’acquisition en 1963. Quelque cinquante ans plus tard, en 2010 année du 150e anniversaire, cette entreprise familiale codirigée par ses enfants, Karl-Friedrich pour la division horlogère et Caroline pour la joaillerie, emploie 1750 personnes à Genève et dans ses 13 filiales à travers le monde.

Chopard, c’est également la réunion de 45 métiers différents réunis sous un même toit, œuvrant à la réalisation de garde-temps (60% des ventes) et de bijoux (40%) distribués à travers 1’600 points de vente dont 123 boutiques en propre. Le rythme d’ouverture de boutique à l’enseigne de la marque ne devrait d’ailleurs pas ralentir. Après les trois inaugurations déjà intervenues depuis janvier, six nouvelles sont prévues sur le reste l’année, notamment à Shanghai, Bahreïn, Séoul, Hong Kong et Singapour.

C’est en 1996 qu’est née Chopard Manufacture à Fleurier.
Karl-Friedrich Scheufele
Le premier « tracteur » mis en œuvre

En termes de mesure du temps, si les jalons sont certes plus récents, ils n’en témoignent pas moins de cette formidable volonté de la part de Karl-Friedrich Scheufele de hisser la marque au niveau de ses origines et la faire pénétrer de plein pied dans le gotha de la Haute Horlogerie. Un parcours que sa sœur Caroline n’a pas manqué d’encenser lors de la présentation au Salon Baselworld des nouveautés de l’année, toutes conçues pour souligner à la fois cette formidable montée en gamme et la longévité remarquable d’une Maison qui n’a connu aucune interruption d’activité. « C’est en 1996 qu’est née Chopard Manufacture à Fleurier, rappelait le co-président, marquant un clair retour aux origines de la Maison et à ses savoir-faire ancestraux. Cette première décision stratégie a été suivie plus récemment, en 2008, par la création de Fleurier Ebauches, une autre étape importante dans la mesure où cette unité de production en calibres de base doit nous permettre d’augmenter progressivement la part de nos montres mécaniques dotés de mouvements maison via un processus d’intégration industrielle. »

Cette étape trouve son premier aboutissement cette année dans la L.U.C 1937 équipée du L.U.C 1.010 aux 207 composants. « Il s’agit de notre premier mouvement « tracteur » maison, commentait Karl-Friedrich Scheufele, un calibre à marquer d’une pierre blanche car synonyme d’indépendance industrielle. Il offre en outre une nouvelle entrée de gamme dans les collections L.U.C. Cette pièce sera donc produite en 1937 exemplaire en mémoire du déménagement de Chopard à Genève. » Le modèle 1937 ne représente toutefois qu’une partie des festivités orchestrées par la Maison. S’y ajoute en effet la L.U.C Engine One Tourbillon (calibre L.U.C 1 TRM) clairement inspiré du monde automobile et doté d’un boîtier en titane. Le modèle, qui représente « la vision du futur de Chopard », sera réalisé en édition limitée de 150 exemplaires.

Honneur à la formation et aux complications

Autre réalisation d’exception : la L.U.C Louis Ulysse – The Tribute, soit une montre de poche commémorative adaptable au poignet grâce à un système breveté que Chopard est allé chercher dans ses tiroirs car inventé par le grand-père de Karl-Friedrich Scheufele. Cette pièce est basée sur un calibre développé conjointement avec l’Ecole d’horlogerie de Genève, fruit d’une longue collaboration et des besoins du centre de formation d’avoir à disposition les ébauches nécessaires à la réalisation des montres « école » de ses élèves. Lorsque Chopard a entendu parler d’une pénurie qui menaçait l’Ecole, la Maison a de suite répondu à l’appel. Après 6 ans de développement, Chopard présente The Tribute et l’Ecole d’horlogerie s’est vue livrer les kits nécessaires pour ses élèves sur les… vingt prochaines années.

Chopard ne pouvait toutefois se résoudre à présenter des montres « simples ». Pour preuve, le lancement de la L.U.C 150 All in One. Cette pièce, qui sera réalisée au nombre de 15 exemplaires, est équipée du calibre L.U.C 4TQE totalisant presque tout ce qui se fait dans le monde des complications : tourbillon, quantième perpétuel, réserve de marche de huit jours, grande phase de lune et équation du temps. « La synthèse de tout notre savoir-faire, résume sobrement Karl-Friedrich Scheufele. Ces quatre modèles sur lesquels nous nous sommes concentrés pour cette année anniversaire représentaient un véritable défi en termes de respect des délais. Mais finalement, je crois bien que chez Chopard, nous aimons bien les défis. »

Ce n’est certainement pas Caroline Scheufele-Gruosi qui va dire le contraire. De son côté, pour cette année jubilaire, elle a conçu une collection baptisée « Animal World » qui représente également une véritables prouesse : 150 pièces constituant un bestiaire impressionnant formé d’autant de pièces uniques. Véritable œuvres de l’art joaillier, elles auront nécessité 16’000 heures de travail pour donner vie à quelque 250’000 pierres précieuses. Pour Chopard, 150 ans d’histoire valaient bien une somme d’efforts à la mesure de ses compétences.

Montres de la collection Animal World © Chopard
Montres de la collection Animal World © Chopard

Karl-Friedrich Scheufele, coprésident de Chopard : il ne faut surtout pas oublier que toute affaire, quelle qu’elle soit, a toujours commencé de la même manière, à savoir avec un fondateur, un entrepreneur qui donne la première impulsion. Après, c’est la constance qui importe au sein des différentes constellations familiales que l’on peut rencontrer. Mais il y a certainement des facteurs d’influence déterminants. Il s’agit d’abord et avant tout de cultiver l’intérêt des jeunes générations en les invitant progressivement à participer à la vie de l’entreprise et, surtout, en leur accordant toute la confiance nécessaire. Ce qui n’est souvent pas le cas dans la mesure où nombre de parents ont de la peine à céder une parcelle de leur pouvoir. D’où un effet répulsif. En ce qui me concerne, je représente la quatrième génération de notre entreprise familiale. Dans ce contexte, je peux certes affirmer avoir certaines clés pour que la cinquième me succède, ce que j’espère vivement. Mais il y a également une question d’affinité qui entre en ligne de compte.

Il s’agissait certainement de la bonne décision, une décision qui n’aurait certainement pas dû intervenir plus tard. Aujourd’hui, pour notre 150ème anniversaire, nous fermons une boucle. Nos modèles représentent l’aboutissement de quinze ans d’efforts dans le respect de l’une de nos valeurs fondamentales : l’indépendance. Celle-ci étant bien évidemment soumise à des impératifs de crédibilité, d’authenticité et de visibilité dans l’univers horloger. Nous avons ainsi progressivement intégré les différents métiers de l’habillage et du mouvement. Une démarche déjà initiée par mon père qui nous a constamment répété : si vous voulez faire quelque chose de nouveau, faites-le à l’interne.

La démarche de Fleurier Ebauches est très différente de celle de Chopard Manufacture qui se concentre sur des petites séries travaillées de manière artisanale sans trop subir la contrainte du temps. Notre nouveau centre de production se doit d’être très compétitif dans une approche qualité, le tout sur une base comparable aux autres fournisseurs de Chopard. Cela dit, je dois bien avouer que cette approche industrielle n’est pas une mince affaire à mettre en place pour les trois calibres de base que nous avons l’intention de développer. Aujourd’hui le mouvement automatique est prêt. Suivront une version chronographe puis une ou deux variantes de ces deux calibres. Dans ce contexte, l’objectif premier est d’être efficace.

Il y a par exemple des calibres que nous n’avons pas encore réalisés et qui doivent faire partie des collections Chopard. Mais d’une manière générale, je dirais que 150 ans d’histoire nous donnent la responsabilité de prouver que nous serons tout aussi bons à l’avenir. Et puis, dans un monde qui bouge tellement vite, il nous incombe également de démontrer que face à l’éphémère, il existe des valeurs fondamentales, un amour des belles choses, des repères dans le temps. Question de faire passer cette passion horlogère aux générations futures.

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