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Cinq records et un gros doute lors des enchères genevoises
Culture

Cinq records et un gros doute lors des enchères genevoises

mercredi, 21 mai 2014
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Fabrice Eschmann
Journaliste indépendant

“Il faut se méfier des citations sur Internet !”

« Une grande histoire aux multiples auteurs : ainsi en est-il de la vie. Ainsi en va-t-il aussi de l’horlogerie. Sans rencontres, point d’histoire. »

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6 min de lecture

Plutôt ternes, les ventes de ce printemps ont tout de même conduit à cinq records : trois Patek Philippe, une Panerai et une Rolex. Le cadran de cette dernière, en émail cloisonné, suscite de gros doutes sur son authenticité.

C’est dans une ambiance assez morose, caractérisée par l’absence – ou l’abstention – de nombre d’acheteurs asiatiques et occidentaux, que se sont déroulées les enchères horlogères genevoises du 11 au 14 mai derniers. Passablement de lots ont ainsi dû être ravalés, tant parmi les pièces historiques qu’au sein des Patek Philippe et Rolex vintage. « Le marché a été très versatile et les acheteurs très regardants quant à l’état des pièces, commente Arnaud Tellier, fondateur du cabinet d’expertise Tellier Fine Arts. Plusieurs personnes ont également eu des doutes sur l’authenticité de certains lots. » Une polémique est effectivement née après la session de Christie’s au sujet de la fameuse Rolex en émail cloisonné. Présenté comme l’un des premiers du genre créés par la marque, son cadran ne semble pas correspondre à ses standards de qualité. Cela n’a pas empêché un amateur de dépenser CHF 1,097 million pour l’acquérir, record toutes catégories pour une Rolex. Voilà tout le paradoxe de ces enchères genevoises : malgré un climat de méfiance, pas moins de cinq records ont été enregistrés, dont une Panerai et une autre pièce en émail cloisonné, la Patek Philippe référence 5077 représentant un Indien d’Amérique.

Montre-bijou Piaget en or blanc équipée du calibre historique 2P, l’un des plus petits jamais réalisés. Elle s’est envolée chez Christie’s à CHF 52'000, 10 fois sont estimation (lot 124, est. CHF 3’000-5’000).
Piaget ensorcelle

C’est la Maison Christie’s, comme souvent, qui a dominé cette session avec un résultat final de CHF 23,8 millions (91 % des lots vendus). Sans surprise, c’est le lot phare de la vente, la répétition minutes Patek Philippe en platine réalisée en 1927 pour l’Américain Henry Graves Jr., qui emporte la plus haute enchère de cette session genevoise en se hissant péniblement à CHF 1,205 million, un nouveau record pour cette pièce réapparue il n’y a que quelques années (lot 101, est. CHF 1’200’000-1’800’000). Record également pour la Rolex en or 18 carats de 1949 dont le cadran fait débat avec un prix au marteau de CHF CHF 1’097’000 (lot 207, est. CHF 500’000-1’100’000). Troisième sur le podium : la Patek Philippe Sky Moon Tourbillon référence 5002 à 12 complications, qui a trouvé preneur pour CHF 917’000 (lot 48, est. CHF 750’000-1’200’000).

Mais les plus belles batailles ne concernent pas toujours les prix les plus élevés. Deux pièces signées Piaget ont ainsi été adjugées à des prix jusqu’à 10 fois supérieurs à leur estimation haute. C’est le cas du lot 124, une montre-bijou en or blanc équipée du calibre historique 2P, l’un des plus petits jamais réalisés. Estimée à CHF 5 ’000, elle s’est envolée à CHF 52’000 ! De même pour le lot suivant, une montre-collier Piaget de 1972 en or jaune équipée du fameux calibre extra-plat 9P de 2 mm d’épaisseur, qui a été adjugée pour CHF 85’000 alors que son estimation haute était de CHF 18’000. Dans la même veine, les montres Cartier ont reçu un très bon accueil, tel ce modèle Santos en platine de 1925 : estimé à CHF 25’000, il a été adjugé pour CHF 72’000 (lot 106, est. CHF 15’000-25’000).

Record pour une Panerai ! Cette Luminor réf. 6152/1, réalisée vers 1955 et dotée d’une lunette prototype, a trouvé preneur chez Sotheby’s à CHF 425'000 (lot 298, est. CHF 180’000-360'000).
Rare référence Panerai

Avec CHF 10,123 millions (73 % des lots vendus), Sotheby’s prend la deuxième place en signant un record pour une Panerai. La montre de plongée Luminor référence 6152/1, réalisée vers 1955 et dotée d’une lunette prototype, a trouvé preneur à CHF 425’000 (lot 298, est. CHF 180’000-360’000). Ayant appartenu à l’amiral Gino Birindelli, ancien commandant des forces navales en Italie, cette pièce, dont la référence est extrêmement rare, était mise en vente pour la première fois. « Nous étions dans un monde bipolaire avec Patek Philippe et Rolex, souligne Geoffroy Ader, patron du département Montres Europe chez Sotheby’s. Aujourd’hui, chaque marque a sa chance pour peu que les pièces soient de bonne qualité. »

Mais c’est une boîte à priser en or et émail renfermant une montre et un automate signée Piguet & Capt réalisée vers 1804 qui a atteint le prix le plus haut chez Sotheby’s, soit CHF 749’000 (lot 334, est. CHF 600’000-800’000). « Malgré la frilosité, il y a de temps en temps des pièces de ce genre qui trouvent preneur, se réjouit Arnaud Tellier. Et d’ajouter aussitôt : il y a 10 ans, un tel objet se vendait CHF 100’000 à 150’000. » Deuxième enchère la plus haute enfin : la répétition minutes à calendrier perpétuel Patek Philippe référence 5013P en platine de forme tonneau adjugée pour CHF 509’000 (lot 160, est. CHF 380’000-580’000).

La Patek Philippe réf. 5016 en platine de 2007, une répétition minutes avec tourbillon régulateur et calendrier perpétuel rétrograde. Adjugée chez Antiquorum pour CHF 663'750 (lot 292, est. CHF 600’000-800'000).
Rolex en demi-teinte

Quant aux Rolex, très nombreuses comme à l’accoutumée, soit environ un tiers des objets proposés par les trois Maisons, beaucoup n’ont pas été vendues et rares ont été celles à atteindre des prix élevés. « Ces montres n’étaient pas exceptionnelles et ne représentaient pas vraiment l’ADN de la marque, explique Geoffroy Ader. Mais la Daytona reste très recherchée. Elle réunit les deux critères qui suscitent la demande : c’est de l’horlogerie traditionnelle et c’est le modèle star de la marque ! » La référence 6263, une cosmographe Daytona « Paul Newman Panda Dial » noir et blanc, a ainsi atteint le prix respectable de CHF 359’000 (lot 341, est. CHF  250’000-500’000). À l’inverse, seule la moitié de la quinzaine de pièces issues de la collection personnelle de Jacqueline Reuge, descendante du fondateur de la manufacture de boîtes à musique, a trouvé preneur.

Chez Antiquorum enfin, qui a adjugé 84 % de ses lots pour CHF 5,362 millions, ce sont quatre Patek Philippe qui occupent les quatre premières places, dont deux records de modèle. La référence 5016 en platine de 2007, une répétition minutes avec tourbillon régulateur et calendrier perpétuel rétrograde, a ainsi été vendue pour CHF 663’750 (lot 292, est. CHF 600’000-800’000). Suit un modèle de la troisième série en or jaune de la référence 2499, un chronographe à calendrier perpétuel et phase de Lune qui s’est envolé à CHF 465’750 (lot 293, est. CHF 150’000-250’000), record mondial pour cet exemplaire. La troisième marche est occupée par le chronographe à rattrapante en platine référence 5959, qui est parti pour CHF 243’750 (lot 289, est. CHF 180’000-250’000). Quant au second record, il a été atteint par la référence 5077 en platine de 2010, dont le cadran en émail cloisonné représente un Indien d’Amérique sur son cheval, vendue CHF 201’750 (lot 290, est. CHF 80’000-120’000). La Greubel Forsey Invention Piece No. 3, réalisée en 2007 dans une édition limitée à 11 exemplaires et dotée de la troisième estimation la plus haute, n’a pas trouvé preneur (lot 264, est. CHF200’000-300’000).

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