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Comment aller à la boulangerie sans payer son pain ?
Anti contrefaçon

Comment aller à la boulangerie sans payer son pain ?

jeudi, 04 avril 2013
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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6 min de lecture

La Journée suisse contre la contrefaçon, qui s’est tenue le 22 mars à Lausanne sous l’égide de STOP PIRACY, a mis en exergue les méfaits de l’industrie du faux avec comme objectif de sensibiliser le consommateur final aux conséquences de ses actes.

Globale et illégale. Dangereuse et pernicieuse. La contrefaçon est une menace d’autant plus sérieuse qu’elle étend ses tentacules sur les cinq continents. Ce message, pour simple qu’il paraisse, ne semble toutefois que partiellement entendu tant l’industrie du faux a le vent en poupe, atteignant un chiffre d’affaires annuel de plusieurs centaines de milliards de dollars. C’est précisément ce qu’ont répété les participants à la dernière Journée suisse contre la contrefaçon, qui s’est tenue le 22 mars dernier dans les locaux de l’École d’art de Lausanne (Ecal). Cet événement annuel, placé sous l’égide de STOP PIRACY, la plateforme helvétique de lutte contre la contrefaçon et la piraterie, était organisé cette année par la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH) en collaboration avec la Fondation de la Haute Horlogerie. Également conviés à l’événement, l’industrie pharmaceutique et le secteur audiovisuel via Interpharma, Swissmedic et Safe.

« La contrefaçon est un fléau mondial qui n’a plus de frontières, expliquait Jean-Daniel Pasche, président de la FH, en préambule à cette journée. Pendant longtemps, c’est presque exclusivement l’industrie du luxe qui était visée. Mais tel n’est plus le cas. Aujourd’hui, tout est contrefait, des montres aux médicaments en passant par les textiles, la maroquinerie, les pièces détachées de voiture ou d’avion. Sans parler de la musique et de l’audiovisuel. Tout le monde se sert gratuitement. C’est un peu comme si on allait à la boulangerie chercher son pain sans payer. Faut-il trouver cela normal ? Certainement pas. La contrefaçon est une activité parfaitement illégale qui représente des pertes économiques de l’ordre de 2 milliards de francs uniquement pour la Suisse et qui menace nos valeurs, basées sur l’innovation et le savoir-faire. La contrefaçon est un vol de propriété intellectuelle et de réputation. C’est pourquoi elle nous concerne tous et demande une réponse globale. »

Depuis 2007, un million d’enchères portant sur des produits contrefaits ont été stoppées.
Initiatives tous azimuts

La FH ne reste ainsi pas inactive et multiplie les initiatives destinées à contrer cette gangrène. Elle intervient ainsi auprès des autorités des pays les plus actifs dans la production de contrefaçons, soit pour que la loi soit appliquée de manière plus stricte, soit pour les encourager à durcir leur législation. Elle organise des séminaires de formation destinés aux représentants de douanes et dirige ses propres enquêtes sur le terrain menant bon an mal an à des saisies de l’ordre d’un million de fausses montres par année. Idem en ce qui concerne Internet. Depuis 2007, un million d’enchères portant sur des produits contrefaits ont été stoppées et la fermeture de sites s’accélère grâce à un outil désormais automatisé permettant de cibler les plateformes dédiées. « Cette usurpation d’identité est une menace à prendre au sérieux, poursuivait Philippe Leuba, conseiller d’État vaudois en charge du Département de l’économie. Il en va de nos emplois comme de notre compétitivité. »

Et Anastasia Li, présidente de STOP PIRACY, de rappeler les raisons essentielles de cette prolifération du faux : « S’il ne s’agissait que d’un simple vol de propriété intellectuelle, nous pourrions encore nous en accommoder avec les moyens de lutte dont nous disposons. Mais il faut savoir que les profits nés de l’industrie de la contrefaçon sont autrement plus importants que ceux générés par le trafic des stupéfiants sans que les sanctions encourues soient suffisamment dissuasives. En d’autres termes, ce type d’activités attire les mafias de tous bords et les organisations criminelles. Alors merci à tous ceux qui décident de ne pas porter d’objets contrefaits, ni maintenant et ni à l’avenir. »

Pour contrer le faux, il faut aussi savoir raconter le vrai.
Nicolas Henchoz
« Raconter le vrai »

Sans consommateurs de contrefaçons, cette industrie n’aurait en effet plus guère d’autre choix que de fermer ses portes. Inutile de dire qu’on en est loin. Raison pour laquelle cette journée était placée également sous le signe de la créativité. Les étudiants de plusieurs écoles d’art et de design suisses ont ainsi été sollicités pour livrer des courts-métrages et des affiches sur le thème de la contrefaçon. Des réalisations projetées et primées lors de cet événement qui seront relayées dans les médias, toujours dans le but de sensibiliser un public le plus large possible.

Le mot de la fin est revenu à Nicolas Henchoz, directeur du Laboratoire commun à l’Ecal et à l’École polytechnique fédérale de Lausanne. « Pour contrer le faux, il faut aussi savoir raconter le vrai. Dans le monde numérique que nous connaissons, force est de constater que les “créateursˮ se sont appauvris alors que les “distributeursˮ se sont fait des fortunes colossales. C’est pourquoi le rapport à l’objet a fondamentalement changé. L’objet lui-même devient nettement plus important que la culture qui en est à l’origine. D’où l’importance de raconter des histoires. Mais là également, comment discerner le vrai du faux ? Les enjeux sont considérables, car nous assistons aujourd’hui à des contrefaçons de valeurs . Un seul exemple : un vignoble vient de voir le jour en Chine, pays qui prône une tradition similaire à celle des viticulteurs du Bordelais. Entre valeur matérielle et valeur immatérielle, il s’agit de créer des ponts où la crédibilité est essentielle. Je conclurai donc en disant que la lutte anticontrefaçon est aussi un moyen de revaloriser le vrai, l’original. »

Concours de courts – métrages : « Moon light 1 », Lorenzo Di Ciaccia, HEAD

Concours de courts – métrages : « Carton », Guillaume Vautier et Michael Martin, HEAD

Concours de courts – métrages : « Le cinéma est mort », Joël Baud, ECG

Concours de courts – métrages : « Témoignages pharma, 6 séquences », Malena Azzam, ECG

Concours de courts – métrages : « Tout du lard », Mei Fa Tan et Basile Manent, ECG. Prix « Coup de Cœur du Jury »

Concours public de courts – métrages : « Un Homme : Swiss Made », Raphaël Tschudi et Arnaud Baur. Prix du jury et Prix du public

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