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Coup de semonce sur les exportations
Economie

Coup de semonce sur les exportations

Wednesday, 27 April 2016
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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En mars, les exportations de montres suisses ont enregistré une baisse de 16 % par rapport à l’an denier. Un recul qui s’accentue pour devenir inquiétant à Hong Kong, premier marché pour les horlogers helvétiques, où la baisse avoisine les 40 % après une chute de 23 % en 2015.

Tout le monde n’est pas égal devant les statistiques. Ce premier trimestre 2016 en offre une preuve supplémentaire. « Le marché américain est dynamique et l’Europe reste bien orientée, sauf la France, qui est affectée par une baisse du tourisme. Les marchés asiatiques sont inégaux, mais le Japon continue de progresser. » Avec ce bref commentaire, LVMH, premier acteur du luxe, annonce une hausse de ses ventes de 4 % durant les trois premiers mois de l’année. Mieux, son pôle d’activité Montres & Joaillerie fait état d’une croissance organique de 7 % de son chiffre d’affaires, soit une évolution supérieure à celle du marché avec, en exergue, les bonnes performances réalisées par Bulgari et TAG Heuer.

Des relents de crise

En parfait contrepoint, les chiffres des exportations horlogères suisses offrent le panorama d’une industrie engagée sur le versant négatif du cycle conjoncturel. Au vu du recul de 16,1 % enregistré en mars dernier, certains diraient même que le secteur est en train de « dévaler la pente ». Cette contre-performance ne date pas d’hier, puisque entamée durant le second semestre 2015, mais elle semble bien s’accentuer : « Il s’agit du plus faible mois de mars depuis 2011, commente la Fédération de l’industrie horlogère suisse. L’ampleur de la baisse est également inhabituelle puisqu’il faut remonter à la crise de 2009 pour trouver des taux de variation de cet ordre. » En termes de marché, on se retrouve dans une configuration parfaitement inversée par rapport à l’annonce de LVMH puisque, en mars, la baisse s’est accélérée aux États-Unis (– 33 %), que le Japon commence nettement à faiblir (– 9,5 %) et que l’Europe peine clairement à tenir son rang (– 6,5 %).

Les Chinois ne peuvent plus acheter autant de biens de luxe.

Quant à l’Asie, l’inquiétude reste largement de mise. Sur le premier trimestre 2016, les exportations de montres suisses vers l’Extrême-Orient affichent une baisse de 17 % (– 14,5 % en Amérique du Nord), largement tirées vers le bas par Hong Kong (– 31,5 %). Sur le seul mois de mars, cette région administrative spéciale de la Chine a une nouvelle fois accusé le coup avec un recul qui frise les 40 %. « Tout a commencé en 2013 avec le lancement de la campagne anti-corruption en Chine, explique au correspondant local du Temps Rocky Tung, économiste senior à la chambre générale de commerce de Hong Kong. Depuis, les Chinois ne peuvent plus acheter autant de biens de luxe. S’ajoute à cela le ralentissement de la croissance en Chine. Nous n’anticipons donc pas de rebond de l’activité avant l’an prochain. Dans les secteurs liés au tourisme, tels que le commerce et l’hôtellerie, le chômage est déjà supérieur à 5 % et progresse plus vite que la moyenne, qui se situe actuellement à 3,4 %. »

Tourisme en berne

Les ventes de détail à Hong Kong ne laissent planer aucun doute pour avoir plongé de 20,6 % en février, le plus mauvais chiffre en 17 ans, selon le Département des statistiques, qui note la chute de 32,5 % enregistrée dans le secteur des montres et bijoux. Et Le Temps de prendre en exemple le distributeur Emperor Watch and Jewellery, l’un des plus importants détaillants de montres suisses dont Rolex, Breguet et TAG Heuer. Après avec subi une perte de CHF 15 millions en 2015 sur la base de ventes amputées de 25 %, il fermait l’une de ses boutiques sur Canton Road, l’artère du luxe à Hong Kong, laissant clairement entendre que l’année en cours sera à nouveau marquée par un ralentissement de ses ventes. La baisse du tourisme chinois est incontestablement l’une des explications du marasme en cours. Alors que les ressortissants de l’empire du Milieu représentent 80 % des visiteurs, ils ont été près de 20 % moins nombreux sur le premier trimestre 2016 à venir sillonner la ville.

Les baisses de prix des montres suisses n’ont eu aucun effet pour l’instant.

Une tendance qui n’est pas près de s’inverser, notamment en raison des violentes émeutes du nouvel an qui ont prolongé un climat tendu peu propice aux affaires. En raison également de la « lenteur politique », comme l’explique Rocky Tung, soit les blocages budgétaires au Parlement qui freinent l’extension de l’aéroport, le projet d’une nouvelle gare TGV reliée à la Chine ou du musée d’Art contemporain. Résultat : les baisses de prix des montres suisses orchestrées par certains détaillants n’ont eu aucun effet pour l’instant.

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