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Croître ou ne pas croître…
Points de vue

Croître ou ne pas croître…

jeudi, 24 janvier 2019
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Franco Cologni
Président du Comité Culturel de la FHH

“Le talent nécessite toujours de l’effort, de l’engagement, des heures passées à perfectionner un geste qui devient, jour après jour, un don.”

Entrepreneur dans l’âme, Franco Cologni, pourtant homme de lettres, s’est rapidement lancé dans les affaires pour devenir un personnage clé du groupe Richemont.

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4 min de lecture

Les statistiques horlogères, voilà un sujet récurrent qui fait régulièrement réagir nombre d’observateurs, trop contents de prendre ces chiffres en otage pour étayer des propos généralement peu amènes. Quand tout va bien, les esprits chagrins prennent un malin plaisir à dire que la situation n’est certainement pas aussi belle qu’il n’y paraît. Et quand tout va mal, ils y vont de leur couplet alarmiste pour déclarer que les difficultés sont en réalité beaucoup plus graves qu’on ne le pense. On a certes pris l’habitude que nos éminents spécialistes s’ingénient à triturer les données statistiques pour leur faire dire ce qui, évidemment, vient étayer leur propos. Dans le cas de l’horlogerie, c’est malheureusement un travers que l’on ne peut guère contrer sur la base de faits avérés. Et ce, pour une raison bien simple : ces statistiques émanent de l’Office fédéral des douanes et, de ce fait, ne rendent pas compte des ventes de montres au client final. Tout ce dont on dispose, ce sont les exportations suisses de montres et composants horlogers, comptabilisées en termes de valeur et de volumes. Impossible dans ces conditions de savoir combien de montres ont été réellement achetées sur les marchés et pour combien de francs au total. Dans ce contexte, tout est conjecture, des stocks accumulés auprès des revendeurs aux montres qui reviennent en Suisse, des pièces écoulées sur les marchés gris à la différence entre le prix export des montres (ex usine) et leur prix au détail. Même les ventes en Suisse sont de l’ordre de la plus pure… spéculation.

Mais si le problème est bien connu, force est de nous en accommoder, car il n’y a pas et il n’y aura jamais de statistiques plus précises. Or que disent-elles aujourd’hui ? Qu’au terme des onze premiers mois 2018 les exportations horlogères sont en hausse de 7 % en valeur, que l’Asie est le principal moteur de cette croissance et que les pièces de Haute Horlogerie connaissent à nouveau une progression supérieure à la moyenne. Si ces excellentes nouvelles devaient trouver confirmation en décembre, comme on le saura dans quelques jours, cela veut dire que l’horlogerie suisse aura comblé le trou d’air observé en 2016 et 2017 pour renouer avec le résultat atteint sur 2015, soit 21,5 milliards de francs réalisés à l’exportation. Je l’ai toujours dit, gardons-nous de prendre ces indications pour paroles d’évangile. Mais il est tout aussi incontestable qu’une tendance est donnée. Une tendance marquée. Pour en trouver confirmation, on pourra se reporter aux bilans des grands groupes horlogers cotés en Bourse, à l’instar de Swatch et Richemont mais aussi de LVMH, Kering, Hermès, Movado et même Chanel, qui a commencé à publier ses comptes l’an dernier. Dans un registre moins chiffré, on pourra aussi se pencher sur ce qu’en pensent les Maisons exposantes du Salon International de la Haute Horlogerie. Or, après cette semaine de marathon, les avis sont unanimes : la reprise est bien réelle.

On pourra donc toujours gloser sur l’ampleur de la croissance, chipoter sur les incertitudes à venir, minimiser les perspectives des principaux marchés d’exportation. Quand pratiquement tous les signaux sont au vert, c’est faire preuve d’ineptie que d’y opposer une fin de non-recevoir. C’est en effet en cherchant la confirmation de nos fameuses statistiques que l’on pourra se convaincre de leur bien-fondé. Et s’il n’est pas question ici de verser dans un optimisme béat, on ne peut que se réjouir que l’horlogerie suisse ait retrouvé meilleure fortune. Qu’elle soit mise à l’épreuve des faits n’en est que plus stimulant.

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